Soin : souci
Au contraire les cerfs qui n'ont point de raison, Les poissons , les oiseaux , sont, sans comparaison, Trop plus heureux que nous , qui , sans soin et sans peine. Errent de tous côtés où le plaisir les mène : Ils boivent de Teau claire , et se paissent du fruit Que la terre sans art d'elle-même a produit.
Que sert, dit Salomon, toutes choses entendre, Rechercher la nature, et la vouloir comprendre^ Mourir dessus un livre, et vouloir tout savoir, Vouloir parler de tout , et toutes choses voir, £t vouloir nôtre esprit par étude contraindre A monter jusqu'au ciel oii il ne peut atteindre ? Tout n'est que vanité et pure vanité : Tel désir est bourreau de notre humanité. Car si nous connaissions notre pauvre nature, £t que nous sommes faits d'une matière impure , Et même que le ciel se montre ami plus doux. Et père plus bénin aux animaux qu'à nous, Qui pleurons en naissant , et qui par le supplice D'être au berceau liés ( comme si ce fût vice De sortir hors du ventre ) à vivre commençons. Et toujours en tourments la vie nous passons ' ; Las ! si nous connaissions que nous n'avons point d'ailes, Pour voler au séjour des choses supemelles ', Nous ne serions jamais soigneux, ni curieux D'apprendre les secrets éloignés de nos yeux : Ains, contents de la terre et des traces humaines, Vivrions sans affecter ^ les choses si hautaines ! Mais que saurait voir l'homme au monde de nouveau?
Mmité de Pline TaneieD, VII : ( Ho* picatar, unam tantam ob cnlpam,
ininem tantam nadum,et in nuda qaia natum est. »
hnmo, natal! die abjieit ad vagitam ^Supemelles : aa-denns de la
stathn et ploratum... animal ceteris terre.
Imperaturom... a suppUciis ritam ans- » Affecter : prétendre à...
DE P. DE BOMSAUD. 21 S
Cest toujours même hiver et même renouveau , Même été, même automne , et les mêmes années Sont toujours pas à pas par ordre retournées ■.
Ce soleil qui reluit , lui-même reluisait Quand le bon Josué son peuple conduisait; Et notre lune aussi , c'était la lune même Qui luisait à Noé : et la voûte suprême Du ciel qui tout contient , c'est cette même-fô Où sur le char flambant Hélie s'envola.
Ce qui est a été, et cela qui doit être De ce qui s'est passé doit recevoir son être; Le fait sera défait et puis sera refait , Et puis étant refait se verra redéfait : Bref, ce n'est qu'inconstance et que pure mensonge De notre pauvre vie, ainçois * de notre songe. L'homme n'est que misère, et doit mourir exprès. Afin que par sa mort un autre vive après : L'un meurt, l'autre revit, et toujours la naissance Par la corruption engendre une autre essence.
Mais tout ainsi, La Haye , honneur de notre temps^ Qu'entre les animaux par les champs habitants S'en trouvent quelques-uns qui en prudence valent Plus que leurs comjiagnons, et les hommes égalent De sagesse et d'esprit, souventes fols aussi, Entre cent millions d'hommes qui sont ici , S'en trouve quelques-uns, qui dans leurs cœurs assemblent Tant de rares vertus qu'aux grands dieux ils ressemblent. Comme toi bien appris, bien sage et bien discret. Qui m'as diminué bien souvent le regret De vivre trop ici -. car quand un soin me fâche , Je me découvre à toi, et mon cœur je te lâche '.
■ Voir iMerècOyde Rerumnaiuraj III, ' Jinçois : ou plu:lôt. «u dâ7. ^ Je te iàehe i je<'ab«ade«iBe.
Lors de mes passions, desquelles je me deuls >, Tu gouvernes la bride , et je vais où tu veux; Tout ainsi qu'il advient quand une tourbe émue Qui deçà, qui delà mutine se remue, De courroux forcenée , et d'un bras furieux Cailloux , flammes et dards fait voler jusqu'aux cieux : Si de fortune alors un grave personnage Survient en telle émeute , elle abat son courage , Et d'oreille dressée écoute et se tient coi. Voyant ce sage front paraître devant soi. Qui doucement la tance, et d^un gracieux dire Flatte son cœur félon et tempère son ire *,
Ainsi, lors que mon sens 3, de ma raison vainqueur. De mille passions me tourmente le cœur, Tu lui serres le frein, corriges son audace, Abaisses sa fureor et le tiens en sa place : Puis, me parlant de Dieu, tu m'enlèves l'esprit A connaître par foi que c'est que Jésus-Christ , £t comme par sa mort de la mort nous délivre , Et par son sang nous fait éternellement vivre. En ce point, de ta voix plus douce que le miel Tu me ravis du corps et m'emportes au ciel ; Tu romps mes pas3ions , et seul me fais connaître Que rien plus saint que l'homme au monde ne peut naître.
■ Je me deuls : je me plains ; du la . ' Virgile, /Enéide^ I, US lia dolere, *' ^on . ens : pour me* sens.
IX r).
Je veux, mon cher Belleau, que tu n'ignores point D'où, ni qui est celui que les Muses ont joint D'un nœud si ferme à toi, afin que des années
(*] Voir Vie de Ronsard , p. 4.
DE P. DE BORSARD. 2lÀ
A nos neveux futurs les courses retournées
Ne cèlent que Belleau et Ronsard n*étaient qu'un ^
£t que tous deux avaient un même cœur commun.
Or, quant à mon ancêtre, il a tiré sa race D'où le glacé Danube est voisin de la Thrace» Plus bas que la Hongrie , en une froide part, Est un seigneur nommé le marquis de Ronsart, Riche d'or et de gens , de villes et de terre. Un de ses fils puînés, ardent de voir la guerre , Un camp d'autres puînés assembla hasardeux. Et , quittant son pays , fait capitaine d'eux, Traversa la Hongrie et la basse Allemagne , Traversa la Bourgogne et la grasse Champagne ^ Et, hardi, vint servir Philippe de Valois , Qui pour lors avait guerre encontre les AngloiSw
Il s'employa si bien au service de France , Que le roi lui donna des biens à suffisance, Sur les rives du Loir : puis du tout oubliant Frères , père €t pays , François se mariant , Engendra les aïeux dont est sorti le père Par qui premier je vis cette belle lumière.
Mon père de Henri gouverna la maison , Fils du grand roi François , lorsqu'il fut en prison, Servant de sûr otage à son père en Espagne ^ : Faut-il pas qu'un servant son seigneur accompagne, Fidèle à sa fortune , et qu'en adversité Lui soit autant loyal qu'en la félicité ?
Du côté maternel j'ai tiré mon lignage De ceux de la Trémouille et de ceux du Bouchage Et de ceux de Rouaux^, et de ceux de Clïaudriers
' Par suite da traité de Madrid, 1525. >3 Rouaux : d'où était ce grand gaer-* ' La maisoD da Boochage , alliée ft rier, Juacliim Roaaut, maréchal de eelle de Joyease. France M.ut Charles V|l.
Qui furent en leurs temps si vertueux guerriers. Que leur noble tertu , que Mars rend étemelle , Reprit sur le^ Anglais les murç de la Rochelle , Où Tun de mes aïeux fut si preux qu'aujourd'hui Une rue, à son los ', porte le nom de lui.
Mais s'il te plaît avoir autant de connaissance (Gomnœ de mes aïeux) du jour de ma naissance , Mon Relleau, sans mentir, je dirai vérité Et de Fan et du jour de ma nativité.
L'an que le roi François fut pris devant Pavie, Le jour d'un samedi. Dieu me prêta la vie *, L'onzième de septembre, et presque je me vf Tout aussitôt que né de la Parque ravi.
Je ne fus le premier des enfans de mon père , Cinq devant ma naissance en enfanta ma mère : Deux sont morts au berceau, aux trois vivants en rien Semblable je ne suis, ni de mœurs, ni de bien.
Sitôt que j'eus neuf ans^ au collège on me mène : Je mis tant seulement un demi-an de peine D'apprendre les leçons du régent de Yailly ; Puis sans rien profiter, du collège sailli ^, Je vins en Avignon, où la puissante armée Du roi François était fièrement animée Contre Charles d'Autriche, et là, je fus donné Page au duc d'Orléans : après je fus mené. Suivant le roi d'Ecosse, en l'Écossaise terre , Où trente mois je fus, et six en Angleterre.
A mon retour, ce duc pour page me reprint; Longtemps à l'écurie^ en repos ne me tint
* Los : loiiBDge. fanée. Mém. de CommiueSi l.i|éd. Dîd.
' Bonsard naquit en 1524. * A l'écurie : comme un cbcviil
' Sailli : sorti. Au saillir de mon en* oi»if.
DE P. DE RONSARD. !>i7
Qu'il ne me renvoyât en Flandres et Zélande ,
Et depuis en Ecosse , où la tempête grande
Avecques Lassigni cuida ' faire toucher.
Poussée aux bords anglais, ma nef contre un rocher.
Plus de trois jours entiers dura cette tempête D'eau, de grêle et d^éclairs nous menaçant la tête : A la fin, arrivés sans nul danger au port, La nef en cent morceaux se rompt contre le bord, Nous laissant sur la rade, et point n'y eut de perte, Sinon elle qui fut des flots salés couverte y £t le bagage épars que le vent secouait , Et qui servait flottant aux ondes de jouet. D'Ecosse retourné, je fus mis hors de page ; Et à peine seize ans avaient borné mon âge. Que l'an cinq cent quarante , avec Baïf je vins En la haute Allemagne, où dessous lui j'apprins * Combien peut la vertu : après, la maladie , Par ne sais quel destin, me vint boucher l'ouïe, Et dure m'accabla d'assommement si lourd , Qu'encores aujourd'hui j'en reste demi-sourd. L'an d'après, en avril , Amour me fit surprendre , Suivant la cour à Blois , des beaux yeux de Cassandre. Soit le nom faux ou vrai , jamais le temps vainqueur N'effacera le nom du marbre de mon cœur.
Convoiteux de savoir, disciple je vins être De Daurat, à Paris, qui sept ans fut mon maître, Eu grec et en latin : chez lui premièrement Notre ferme amitié prit son commencement , Laquelle dans mon âme à tout jamais, et celle De notre ami Baïf, sera perpétuelle.
• Cuida : pensa. ' J'apprins : j'appris .
IIONSÀRD. — T. II. 19
218 l'Es ELEGIES
Gomme un guerrier refroidi de prouesse , Qui a perdu sa peine et sa jeunesse , Voire son sang, le témoin de sa foi, Suivant le camp d*un seigneur et d'un roi. Après qu'il voit que son prince et son maître Ne veut, ingrat, son labeur reconnaître, En barbe blanche et en cheveul ' grison. Seul se retire à part en sa maison , Et là, pensant en Thonneur qu'il mérite , Se passionne, et s'enfle, et se dépite : Croisant les bras, et regardant les cieux, Jure , proteste et atteste les dieux De ne vêtir jamais en nulle place, Pour guerroyer, ni armet ni cuirasse :
Mais quakid il oit * le tambourin sonner, Qiaud de la guerre, il y veut retourner. Et sans respect de serment ni d'injure. Prend son hamois,et suit son aventure.
Je suis ainsi : car, ayant fait séjour Longtemps en vain sous la charge d'Amour, Ayant porté longuement son enseigne , Tenu sous lui Famoureuse campaigne, R^u sa solde , et longtemps travaillé , Couru , cherché, assailli, bataillé, Eâflé de gloire et de persévérance , Ce fier tyran, pour toute récompense De mon service et de ma loyauté , M'a outragé d'extrême cruauté :
Si que', dépita contre si méchant maître,
* Chevtul : cbeTelurc. ^Sl que : si bien qae.
> // oit : U entend . * Dépit : dépité.
DE P. DS RONSABD. 219
Je fis serment de ne vouloir plus être Son serviteur, comme j'avais été , £t n'engager jamais ma liberté :
Mais mon serment s'envola dans la nue : Serment d'amant jamais ne continue.
Car aussitôt que j'aperçus vos yeux, Yeux, je me trompe, ains deux astres des cièux. Et vos cheveux , mes liens, dont le moindre Pourrait un Scythe en servage contraindre , Et quand j'ouïs votre parler qui fait Foi que l'esprit est divin et parfait , Lors j'oubliai mes serments et mes peines.
Un soufre ardent s'éprit ■ dedans mes veines, Par vos rayons , lequel se fit vainqueur De ma raison, et m'alluma le cœur Du haut désir de consacrer ma vie A vous que j'ai pour maîtresse suivie , Maîtresse non , mais déesse, qui tient Si bien mon cœur que plus ne m'en souvient.
Je sais combien cette heureuse naissance Qui vous honore est haute de puissance : Je connais trop (et de là vient mon mal) Qu'à votre sang le mien n'est pas égal , £t si vois bien que j'ai taille trop basse Pour devancer l'homme qui me surpasse *. Et, le voyant, je suis désespéré De parvenir au bien tant désiré , S'il ne vous plaît abaisser la victoire % Et m'estimer digne de votre gloire :
Car autrement sans à vous m'appeler, En si haut lieu je ne saurais aller.
' S'éprit ; s'alluma. ^ La rendre plus facile.
îi^O LES ÉLÉGIES
Souffrez^ maîtresse, au moins que je vous aime Plus que mon cœur, que mes yeux , que moi-même, £t permettez que je puisse honorer Votre beauté ^ qu*on devrait adorer :
Tant l'abondante et prodigue nature, Pour vous orner sur toute créature, A dépouillé tous les cieux, et a fait En vous , madame^ un chef-d'œuvre parfait.
Encore Thomme élève la paupière Vers le soleil , et vit de sa lumière , Bien que le trait de ses feux radieux, En le voyant, lui aveuglent les yeux; Ainsi souffrez qu'à mon dam ' je vous voie, Et que Fauteur de mon malheur je soie , Puisqu'il me platt de mourir, regardant Votre bel œil si clair et si ardent.
Au temps passé, les déesses plus grandes. Quittant des Dieux les immortelles bandes , Ont bien choisi çà bas * pour serviteurs IVon pas des rois, mais de simples pasteurs , Et Jupiter, plein d'amoureuses flammes , Laissant Junon, a bien aimé nos femmes : Car volontiers Amour et Majesté En même lieu compagnons ont été :
Si vous étiez en l'amour bien apprise , Vous ne seriez d'un grand seigneur éprise : Toujours l'amour d'un prince nous déçoit , Dont tout le peuple à la fin s'aperçoit , Comme d'un feu qui brûle une campagne : Car la raison sa fureur n'accompagne.
Mais quand amour vient allumer le cœur
1 wi mon dam : à ma prrte. > 0 bas : ici-baa.
DE P. DE nONSARD. 221
D'un geoiilhoniine , en servant , il est seiir. Obéissant et craignant de déplaire , £t ne commet son plaisir au vulgaire : Ains au rebours, afin qu'il ne soit veu , Cache sa plaie et recèle son feu , Le nourrissant d'une douce pensée , Sans que sa dame en soit point offensée , Comme je fais : par la discrétion Je veux aimer, non par ambition De m'élever, pour plus haut entreprendre , Mais sagement : aussi tant plus la cendre, Cache l'ardeur qui nous brûle au dedans. Plus du brasier les charbons sont ardents.
En cependant votre orgueil qui me lime , Ne doit trouver mauvais si je l'estime, Si je vous prise , et si, vous adorant , Je vais pour vous si doucement mourant : Car Dieu cent fois plus grand que vous encore , N'est pas marri ' que le peuple l'adore.
Quiconque aura premier la main embesognée ' A te couper, forêt , d'une dure cognée , Qu'il puisse s'enferrer de son propre bâton, Et sente en l'estomac la faim d'Erisichthon , Qui coupa de Cérès le chêne vénérable , £t qui, gourmand de tout , de tout insatiable, Les bœufs et les moutons de sa mère égorgea , Puis, pressé de la faim, soi-même se mangea : Ainsi puisse engloutir ses rentes et sa terre , Et se dé voce après par les dents de la guerre.
' Marri : faché. ^ Embesognée : occopée.
l*} Voyez CaUimaqtfe : Hymne à Ccrèt, et Ovide, Met., VIIl, 738.
Qu'il puisse, pour venger le sang de nos forêts, l'oujours nouveaux emprunts sur nouveaux intérêts Devoir à Tusùrier, et qu'enfin il consomme Tout son bien à payer la principale somme.
Que toujours sans repos ne fiasse en son cerveau Que tramer pour néant quelque dessein nouveau , Porté d'impatience et de fureur diverse , Et de mauvais conseil qui les hommes renverse.
Écoute , bûcheron, arrête un peu le bras : Ce ne sont pas des bois que tu jettes à bas ; Ne vois-tu pas le sang lequel dégoutte à force Des Nymphes qui vivaient dessous la dure écorce? Sacrilège meurtrier, si on pend un voleur , Pour piller un butin de bien peu de valeur, Combien de feux, de fers, de morts et de détresses Mérites- tu , méchant , pour tuer nos déesses ?
Forêt , haute maison des oiseaux bocagers. Plus le cerf solitaire et les chevreuls légers Ne paîtront sous ton ombre , et ta verte crinière Plus du soleil d'été ne rompra la lumière.
Plus l'amoureux pasteur sur un tronc adossé, Enflant son flageolet à quatre trous percé , Son mâtin à ses pieds, à son flanc la houlette. Ne dira plus l'ardeur de sa belle Jeannette : Tout deviendra muet, Écho sera sans voix ; Tu deviendras campagne, et en lieu de tes bois, Dont l'ombrage incertain lentement se remue ' , Tu sentiras le soc , le contre, et la charrue : Tu perdras ton silence , et Satyres et Pans , Et plus le cerf chez toi ne cachera ses fans.
* SiT« «ub incertM ifphyrU motantibui umbrit. (Vi»o , tgUtg., V, 5.)
DE P. D£ BONSAHD. 223
Adieu, vieille foret, le jouet de Zéphyre, Où premier * j'accordai les langues de ma lyre, Où premier j'entendis les flèches résonner D'Apollon , qui me vint tout le cœur étonner : Où premier, admirant la belle Calliope, Je devins amoureux de sa neu vaine trope*. Quand sa main sur le front cent roses me jeta , Et de son propre lait Enterpe m'allaita.
Adieu , vieille forêt , adieu têtes sacrées , De tableaux et de fleurs en tout temps révérées, Mamtenant le dédain des passans altérés, Qui brûlés en Tété des rayons éthérés , Sans plus trouver le frais de tes douces verdures, Accusent tes meurtriers, et leur disent injures.
Adieu , chênes , couronne aux vaillants citoyens , Arbres de Jupiter, germes Dodonéens , Qui premiers aux humains donnâtes a repaître, Peuples, vraiment ingrats, qui n'ont su reconnaitce Les biens reçus de vous, peuples vraiment grossiers, De massacrer ainsi leurs pères nourriciers.
Que l'homme est malheureux qui au monde se fle ! O Dieux , que véritable est la philosophie Qui dit que toute chose à la fin périra , Et qu'en changeant de forme une autre vêtira !
De Tempe la vallée un jour sera montagne , Et la cime d'Athos une large campagne : Neptune quelquefois de blé sera couvert : La matière demeure et la forme se perd.
' Poar la première fois, comnae aa ' ffenvaine trope : la tr^vp» des débat de la pièce» nenf Mases.
Les Hymnes sont des Grecs invention première : Callimaque beaucoup leur donna de lumière , De splendeur, d'ornement. Bons Dieux ! quelle douceur. Quel intime plaisir sent-on autour du cœur Quand on lit sa Délos , ou quand sa lyre sonne Apollon et sa sœur, les jumeaux de Latone, Ou les Bains de Pallas, Gérés, ou Jupiter! Ah I les chrétiens devraient les gentils imiter A couvrir de beaux lis et de roses leurs têtes • Et chômer tous les ans, à certains jours de fêtes, La mémoire et les faits de nos Saints immortels, Et chanter tout le jour autour de leurs autels ; Vendre au peuple dévot pains d'épices et fouaces ', Défoncer les tonneaux, fêter les dédicaces, Les hautbois enroués sonner branles nouveaux , Les villageois mi-bœufs danser sous les ormeaux >.
Tout ainsi que David sautait autour de Tarche , Sauter devant Fimage^ et d'un pied qui démarche, Sous le son du cornet, se tenant par les mains , Solenniser la fête en Thonneur de nos saints.
L'âge d'or reviendrait : les vers et les poètes, Ghantant de leurs patrons les louanges parfaites , Ghacun à qui mieux-mieux le sien voudrait vanter.
Eux, voyant leur mémoire ici renouvelée,
• Sorte de gâteaui soavent célébrés ' Oei motos Inrompositos etrarmina ilicat. rat Rabelais. ^^"* • ^''"^ »• "">