AD ROI HENRI II
UEurope est trop petite, et FAsie et F Afrique Pour toi qui te verraâ de tout le inonde roi : Aussi le ciel naguère a fait naître pour toi, Du milieu de la mer, la nouvelle Amérique;
Afin que ce grand tout soit Fempire gallique , £t que le monde entier obéisse à ta loi , Gomme déjà ton sceptre abaisse dessous soi L*arctique, il puisse un jour gouverner Fantarctique.
Les Parques dans le ciel font filé cet honneur . Quand tu seras tout seul de ce monde seigneur. Tu fermeras partout le temple de la guerre.
La paix et les vertus au monde fleuriront : Jupiter et Henri Fùnivers partiront ', L'un empereur du ciel, et Fautre de la terre.
■ Partiront : partageront.
Divtoam iropcrlum cum Jove C«Mr habet. (Attrib. à Virgile.)
(*) L*édiUoD de Baon, 2 vol. iD-f% 1023, porte cette dédicace. Elle etl précédée d'uo portrait dô François II, accompagné de ce quatrain :
Ijorsque cet ■rbrissi'Bu, plein de si belles flears, PrometUit plus «le Truit pour le bien de iq Frnnr^, La mort le lai dU pour i'empljr de malbeart, Et mourat sTec lai de soo beur l'espérance.
AC MÊME
I9i couplet amoureux, ni amoureuse ligne, Ni sonnet ni chanson ne vous peut mettre aux cieux : Un livre tant soit grand , tant soit laborieux ', De vos belles vertus encore n'est pas digne.
Vous êtes des Français l'heur, le ciel et le signe : Et qui voudrait chanter vos faits victorieux , Guerres , combats , desseins , villes , places et lieux , Il faudrait emprunter la douce voix d'un cygne.
Pourtant, souvenez-vous qu'orphelins de renom, Diomède fut mort, Achille , Agamemnon, Sans la muse d'Homère, heureusement fertile.
Qui des rois généreux les honneurs écrivait : Pour cela Sdplon d'Ennius se servait.
Et le fils de César* se servait de Virgile.
' lAdxnrieux : travainé.
^ Octave^neTen et IIU adoplif d« J. César.
AU MÊME D
Prince, quand tout mon sang bouillonnait de jeunesse, Et de corps et d'esprit gaillard et vigoureux. Sur l'avril de mes ans, je devins amoureux D'une belle, et gentille, et courtoise maîtresse.
(*) n s*agit dans ce sonnot du poOme de la Frunciade^ qae le roi ^^' Sageait à terminer.
DtTBBS. 365
Seule elle était mon cœur, mes yeux et ma déesse : Aussi de sa beauté je fus tant désireux , Que mon plaisant malheur me semblait bienheureux : Mais ce bouillon d*amour par le temps a pris cesse.
Maintenant que je suis sur Tautomne, et grison , Les amours pour Ronsard ne sont plus de saison : Je ne veux toutefois m'excuser dessus Tâge ;
Votre commandement de jeunesse me sert, Lequel malgré les ans m*allurae le courage, D'autant que le bois sec brûle mieux que le vert.
AU HÉMB.
Un plus jeune écrivain que Fâge favorise , Chantera la beauté, la grâce et les attraits , Les arcs , les feux , les nœuds , les liens et les traits , Les larmes, les soupirs, l'embûche et la surprise ,
La foi cent fois rompue et cent fois repromise , Dons, messages, écrits , prières et souhaits. Guerres , haines, discords , trêves, noises et paix De celle dont les yeux tiennent votre franchise '.
; Au jeune âge convient chanter telles chansons : y A moi d*enfler la trompe ', et de plus graves sons I Réveiller par les champs les françaises armées,
Et sonner' les vertus de ces braves guerriers, Qui loin dedans TAsie aux terres Idumées , Du sang royal de France ont planté les lauriers ^.
' Pranehise : liberté. ^ Sonner : chanter.
> Ld trompe : la trompette. * ÀUarion à la Franeiade,
366 souhbts
A HONSEiainSUR LE DUC DE TOCRAINE FRANÇOIS DE FRANGE,