‹ Choix de poésies de P. de Ronsard (volume 3)Chapitre 76 sur 127 · A H. DU THIER · texte numérisé non relu

A H. DU THIER

Dépédier presque seul les affaires de France, D'une main qui se fait divine en écrivant ;

n\o\sÉglogtiet,\y,

370 SORHBTS

De répondre aux paquets d'Ilale et da Leyant ; De vaquer nuit et jour aux choses d'importance ;

De mener le premier des neuf Muses la danse, Compagnon d'Apollon ; d'aller haut, élevant En Êiveur et crédit ceux qui vont ensuivant De bien loin après toi des Muses ia cadence ;

Parler d'une voix grave aux princes hardiment ; Saluer d'un œO doux les petits privémenf; Avoir dedans le cœur mille vertus encloses,

Sans être courtisan, mais ouvert et entier; Jamais le del bénin n'assembla tant de choses. Pour faire un homme heureux, en autre qu'en du Thier.

Priwément : famUiéreBeDt,

A CnARLES d'eSPINAY.

Id j'appends la dépouille ancienne De mes amours, à ton amour maîtresse < : Id vaincu, d'Espinay, je confesse Que ta chanson a surmonté la mienne;

Il ne Êiut plus que ma Cassandre vienne Faire la brave en habit de déesse :

Il faut qu'Olive et Fi^cine> s'abaisse Devant l'honneur de celle qui est tienne.

Qui eût pensé qu'un pays si désert 3, De grands rochers et de forêts couvert,

I Qai triomphe da nôtres. .. ^ La Bretagae qui fonM enc V^f

' MaitrcaMS de Beif et de Relleaa . qo'lle.

mYEBS. 371

Que rOoéan en demi-rond enserre.

Eût pu donner un si gentil sonneur * ? Ainsi jadis de sa grossière terre, Entre les Grecs, Alcman * se fit l'honneur.

* S<mneur : poète , chantre.

' Aleman, poète lyriqae, né en Laconle, 670 ar. J.^

De Phébus et des rois Jupiter est le père. Et les poètes sont du grand Phébus conçus, Aussi de Jupiter tous les deux sont issus : Car de Y\m il est père, et des autres grand-père.

Qqand les rois sont heureux, la poésie espère Avecque leur bonheur de se remettre sus < : Quand ils sont malheureux, elle n'espère plus. Mais, comme leur pareate, a part en leur misère.

Certes j'en suis témoin, qui depuis le malheur Que mon prince reçut, je n*ai eu que douleur, Tristesse, ennui, tourment, et mordantes épinces '

D'en?ieux médisants qui m'ont le cœur transi : Mais, voyant mon roi triste, il me plaît d'être ainsi, Puisque la poésie est parente des princes.

I Sui : en havt. > Épineet : attaques.

Page 1