VIERGES MORTES
A GEORGES CHARPENTIKK
Œillets blancs, lilas blaucs et violettes blanches : Et le char sépulcral s'en va vers les caveaux, Sinistre et chaste, au pas rythmique des chevaux Qui bercent les grands draps déployés sur leurs hanches.
0 vierges ! D'autres Mais fleuriront les pervenches ;
Les baisers écloront dans les Avrils nouveaux,
Et la brise des Juins grisera les cerveaux :
Mais vos corps sans désirs dormiront sous les planches.
Toujours ! Et c'est fini sans être commencé!
Votre avenir d'hier a mille ans de passé :
Vos cœurs immaculés sont morts avant de naître.
Lilas blancs, œillets blancs... Vous vous en retournez Vers l'immense sommeil des choses, sans connaître Le seul bien que la vie accorde à ses damnés !
L AME NUE