‹ Choix de poésiesChapitre 27 sur 130 · LA MORT DES ROIS · texte numérisé non relu

LA MORT DES ROIS

Le vieux Lion, sentant que son heure était proclie, A voulu voir encor le désert tout entier : Péniblement, il s'est levé, droit sur sa roche.

Il frotte son dos maigre au tronc sec du dattier Dont sa griffe et sa queue ont déchiré Técorce, Et le voilà, pensif, qui gravit le sentier.

Tirant ses jarrets las et rassemblant sa force,

Il monte, lourd, et vient, sur la dune, s'asseoir,

Les pieds joints, le front haut et les crins sur le torse.

C'est l'heure où l'Israha, sous les vapeurs du soir,

Étalant son brasier torride et. sans retraite.

Fume et crépite au loin comme un vaste encensoir.

Le Soleil épuisé tremble, énorme, ets'arrcMe, Puis s'etTondre, envahi par les horizons plans Doat ses derniers rayons font palpiter Tarète.

L AME NUE

L'astre agonise, au bord des larges cieux sanglants La vie immense coule en jets inépuisables Des blessures de feu qui s'ouvrent à ses flancs.

Et, sans voir les troupeaux d'étoiles méprisables Dont les yeux clignotants commencent à s'ouvrir, Tous deux, par-dessus l'or et la pourpre des sables,

Le Fauve et le Soleil se regardent mourir.

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