‹ Choix de poésiesChapitre 29 sur 130 · L'ORAGE · texte numérisé non relu

L'ORAGE

A GEOROES n ESPARBK3

Oh ! regarde donc les arbres affolés !

Ou dirait qu'ils sont pris de vertiges : Les voilà plus souples que des blés

Dont la grêle d'août vient flageller les liges.

Le soleil, mourant au bord des cieux couverts, Crache encore un flot de lueur rousse Dont il baigne et teinte le revers

Des feuilles d'or vert que l'orage retrousse.

Les hauts peupliers, fourbus, ployés en deux. Balayant la terre avec leur crête, Vont tracer des cercles autour d'eux .Comme des sorciers par un soir de tempête.

Le lierre, arraché des murs, fouette l'air lourd Qu'il emplit d'un sifflement sinistre, Tourne, monte, ondule, vq,, vient, court.

Comme un serpent fou qui danse au son du sistre.

60 l'ame nue

Les chênes trapus assomment les lilas ; Le rosier qui saigne ses pétales S'abandonne, indicihienient las,

Sous le choc hurlant des rafales brutales.

Pendant quatre nuits et quatre jours entiers, Secoués dans un fougueux désordre, Bataillant au-dessus des sentiers,

Ils n'ont pas cesse de geindre et de se tordre.

Ils fendent, leurs bras pour supplier les vents, Leurs bras gourds rompus dans la torture. — Est-il vrai qu'ils ne soient pas vivants ?

Est-ce que tout souH're, 6 ma mère, o .Nature?

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