ORAISON
Oh ! sache résister lorsque je te supplie, Demeure austèrement sans oreille et sans yeux ; Divinité, que j"ai si longtemps embellie, Ne me dépeuple pas les cieux !
.l"ai décoré ton temple et dressé ta mémoire : Quand j'oserai traîner mes deux genoux vers toi, Daigne récompenser mon culte par ta gloire, Défends mon rêve contre moi !
Si tu m"as en pitié, n'en laisse rien paraître, Et ne descendsjamais du trône ou de l'autel ; Nul dieu ne doit faillir devant l'amour du prêtre : Fais que mon dieu soit immortel !
Sans fin, reste sans fin la mystique madone Sous le nimbe d'azur et d"or que tu me dois ; Sois la Reine des lys qui guérit et pardonne En^nous touchant du^bout des doigts.
Garde de me trahir par bonté pour moi-même : Car c'est toute ma foi, ma jeunesse et ma paix, C'est toute ma vertu dont ta grâce estremblème Qui tomberaient si tu tombais !