CABINET D'ÉTUDE
ESPRITS, dans la rue
Par un puissant sortilège, Ici l'un de nous est pris Comme un vieux renard au piège Restez-là, restez, esprits ! — Mais faisons un peu silence Balançons-nous, balançons Nos ailes d'or en cadence, Et nous le délivrerons !
Il est là, c'est notre frère ; Volons donc à son secours !
Car il employa toujours Tous ses efforts à nous plaire.
Disparaissez bien vite Arceaux noirs et poudreux. Et que l'azur des cieux Un instant nous visite, Des nuages épais Percez, percez les voiles.
Scintillantes étoiles Par vos tendres reflets Ah ! déjà ces murs sombres Ont semblé s'agiter.
Et vers les cieux monter Comme de vaines ombres.
Des cités, des passants, La campagne se couvre.
Et notre œil y découvre Des fleurs, des bois, des champ; Et d'épaisses feuillées Où les tendres amants Promènent leurs pensées.
Mais plus loin sont couverts Les longs rameaux des treilles.
Des bourgeons, pampres verts Et de grappes vermeilles ; Sous de vastes pressoirs Elles roulent ensuite, Et le vin à flots noirs Bientôt s'y précipite.
Le lac étend ses flots A l'entoiu" des montagnes ; Dans les vastes campagnes.
Il serpente en ruisseaux.
Partout, l'oiseau timide.
Cherchant l'ombre et le frais.
S'enfuit d'un vol rapide Au milieu des marais.
Vers la retraite obscure De ces nombreux îlots Dont la tendre verdure S'agite sur lesjflots Là, de chants d'allégresse La rive retentit ; D'autres chœurs, là, sans cesse, La danse nous ravit ; Les uns gaîment s'avancent Autour des coteaux verts, De plus hardis s'élancent Au sein des flots amers :
Tous, pour goûter la vie.
Tous cherchent dans les cieux Une étoile chérie Qui s'allume pour eux.
CHŒUB D ESPRITS, INVISIBLE.
Malheur ! malheur !
Ta voix héroïque
Du monde magique,
A détruit l'erreur !
Que sa chute au loin résonne !...
Ici son régne finit :
C'est le puissant Faust qui l'ordonne, C'est un Dieu qui l'anéantit !
Tous les débris de sa gloire abattue.
Dans le chaos nous le précipitons,
Et nous pleurons
Sur sa beauté perdue !
Que ta puissante main,
Noble fils de la terre.
L'arrache à sa poussière...
Qu'il soit reconstruit dans ton sein !
Alors d'une nouvelle vie. Ton âme entreprendra le cours.
Et nos chants, que le ciel envie.
Sauront en embellir les jours.
Chanson
Certain rat dans une cuisine Avait pris place, et le frater S'y traita si bien, que sa mine Eut fait envie au gros Luther.
Mais, un beau jour, le pauvre diable.
Empoisonné, sauta dehors.
Aussi triste, aussi misérable.
Que s'il avait l'amour au corps.
Chœur Que s'il avait l'amour au corps.
60 GÉR4RD DE NERVAt,
Brandeb
Il courait devant et derrière ; .
Il grattait, reniflait, mordait.
Parcourait la maison entière.
Où de douleur il se tordait...
Au point qu'à le voir en délire Perdre ses cris et ses efforts.
Les mauvais plaisants pouvaient dire « Hélas ! il a l'amour au corps ! »
Chœur
« Hélas ! il a l'amour au corps ! »
Brander
Dans le fourneau, le pauvre sire Crut enfin se cacher très bien ; Mais il se trompait, et le i^ire, C'est qu'il y creva comme un chien.
La servante, méchante fille, De son malheur rit bien alors, « Ah ! disait-elle, comme il grille ! Il a vraiment l'amour au corps ! »
Chœur
Il a vraiment l'amour au corps !