‹ Choix de poésiesChapitre 7 sur 81 · LA GRAND MERE · texte numérisé non relu

LA GRAND MERE

Voici trois ans qu'est morte ma grand' mère — La bonne femme ! — et, quand on l'enterra, Parents, amis, tout le monde pleura D'une douleur bien vraie et bien amère.

Moi seul, j'errais dans la maison, surpris. Plus que chagrin, et, comme j'étais proche De son cerceuil, — quelqu'un me fit reproche De voir cela sans larmes et sans cris.

Douleur bruyante est bien vite passée : Depuis trois ans, d'autres émotions.

Des biens, des maux, — des révolutions, — Ont dans les cœurs sa mémoire effacée.

Moi seul, j'y songe, et la pleure souvent ; Depuis trois ans, par le temps prenant force. Ainsi qu'un nom gravé dans une écorce.

Son souvenir se creuse plus avant !

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