‹ Choix de poésiesChapitre 28 sur 55 · CLAIR DE LUNE · texte numérisé non relu

CLAIR DE LUNE

Penser qu'on vivra jamais dans cet astre, Parfois me flanque un coup dans l'épigastre.

Ah! ! tout pour toi, Lune, quand tu t'avances Aux soirs d'août par les féeries du silence !

Et quand tu roules, démâtée, au large A travers les brisants noirs des nuages !

Oh ! monter, perdu, m'étancher à même Ta vasque de béatifiants baptêmes !

Astre atteint de cécité, fatal phare

Des vols migrateurs des plaintifs Icares !

Oeil stérile comme le suicide,

Nous sommes le congrès des las, préside ;

Crâne glacé, raille les calvities De nos incurables bureaucraties ;

O pilule des léthargies finales, Infuse-toi dans nos durs encéphales !

O Diane à la chlamyde très dorique, L'Amour cuve, prend ton carquois et pique.

Ah! d'un trait inoculant l'être aptère, Les cœurs de bonne volonté sur terre !

Astre lavé par d'inouïs déluges.

Qu'un de tes chastes rayons fébrifuges,

Ce soir, pour inonder mes draps, dévie, Que je m'y lave les mains de la vie !

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