‹ Choix de poésies;Chapitre 12 sur 78 · LE ROSSIGNOL · texte numérisé non relu

LE ROSSIGNOL

Commo un vol criard d'oiseaux en émoi, Tous mes souvenirs s'abattent sur moi, S'abattent parmi le feuillage jaune De mon cœur mirant son tronc plié d'aune Au tain violet de l'eau des Regrets Oui mélancoliquement coule auprès, S'abattent, et puis la rumeur mauvaise Qu'une brise moite en montant apaise, S'éteint par degrés dans l'arbre, si bien Qu'au bout d'un instant on n'entend plus rien, Plus rien que la voix célébrant l'Absente, l^lus rien que la voix — ô si languissante! — De l'oiseau (pii fui mon premier Amour, Et qui cbante encor comme au premier jour; Et dans la splendeur triste d'une lune Se levant i)lafarde el solennelle, une

Nuit mélancolique et lourde d'été, Pleine de silence et d'obscurité, Berce sur l'azur qu'un vent doux effleure L'arbre qui frissonne et l'oiseau qui pleure.

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