‹ Choix de poésies;Chapitre 26 sur 78 · COLOMBINE · texte numérisé non relu

COLOMBINE

Léandre le sot, Pierrot qui d'un saut

De puce Franchit le buisson, Cassandre sous son

Capuce,

Arlequin aussi, Cet aigrefin si

Fantasque Aux costumes fous.

Ses yeux luisants sous

Son masque,

88 FKTES GALANTES,

— Do. mi, sol, mi. fa, - Tout ce monde va,

liit, chante Et danse devant Une belle enfant

Méchante

Dont les yeux pervers Comme les y(;ux verts

Des chattes (îardent ses appas El disent : « A bas

Les pattes! »

— Eux ils vont toujours!

h'atidique cours

Des astres, Oh! dis-moi vers quels Mornes ou cruels

Désastres

L'implacable enfant, Preste et relevant

Ses jupes, La rose au chapeau, Conduit son troupeau

De dupes?

L'AMOUR PAK TKlUil':

Le vent de l'autre nuit a jeté bas l'Amour Qui, dans le coin le plus mystérieux du parc, Souriait en bandant malignement son arc, Et dont l'aspect nous fit tant songer tout un jour!

Le vent de l'autre nuit l'a jeté bas! Le marbre Au souffle du matin tournoie, épars. C'est triste De voir le piédestal, oiî le nom de l'artiste Se lit péniblement parmi l'ombre d'un arbre.

Oh! c'est triste de voir debout le piédestal Tout seul! et des pensers mélancoliques vont Et viennent dans mon rêve où le chagrin profond Évoque un avenir solitaire et fatal.

90 FKTKS GALAXTEfi.

Oh! c'est triste! — Et toi-même, est-ce pas? es touchée D'un si dolent tableau, bien que ton œil frivole S'amuse au papillon de pourpre et d'or qui vole Au-dessus des débris dont l'allée est jonchée.

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