‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 185 sur 460 · Peir., V · texte numérisé non relu

Peir., V

SUR LES DEMOXS. 131

tateurs oisifs de ce combat admirable : nous sommes engagés bien avant dans cette querelle, et le Fils de Diea ne permet aux démons d'entreprendre aujourd'hui sur sa personne, qu'alin de nous faire entendre [a) par son exemple ce qu'ils machinent tous les jours contre nousmêmes. Que s'il est ainsi, chrétiens, que nous soyons obligés à combattre, faisons ce que l'on fait dans la guerre ; et avant que d'entrer dans la mêlée, avançonsnous avec le Sauveur pour reconnaître ces ennemis qui marchent contre nous si résolument. Si nous sommes soigneux de les observer dans l'évangile de cette journée, nous remarquerons aisément leur puissance, qui les rend superbes et audacieux. Ils entreprennent, messieurs, contre le Fils de Dieu même, ils tentent de le mettre à leurs pieds : peut-on voir une audace plus emportée (^)? ils l'enlèvent en un moment du désert sur le pinacle du temple, Jésus-Christ le permettant de la sorte pour l'instruction de ses fidèles : est-ce pas une force terrible? S'ils sont forts et entreprenants, ils ne sont pas moins rusés ni malicieux. La haine invétérée qu'ils ont contre nous les oblige de recourir à des artifices également subtils et malins. Ils tentent Jésus-Christ de gourmandise après un jeûne de quarante jours ; Bk v.t lapides isti panes fiant : [« Dites que ces pierres dece viennent des pains; »] et ils tâchent de le porter à la vaine gloire, après une action d'une patience héroïque : n'était-ce pas un dessein plausible et une finesse bien inventée ?

Toutcela, chrétiens, nous doit faire peur, puisque nous avons à nous défendre, dans le même temps, et delà violence et de la surprise^ et de la force et des ruses. Et

Var. {a) Qu'afîn que nous entendions... — [h) Une plus grande insolence î*

néanmoins ce même évangile, qui nous représente ces ennemis avec cet appareil redoutable, nous découvre aussi d'une même vue qu'il n'est rien de plus aisé que de les vaincre; puisque nous voyons clairement et toutes leurs forces abattues, et toutes leurs finesses éludées par une simple parole. Voilà, mes frères, en peu de mots, ce que nous apprend l'Évangile de l'état de nos ennemis et de leur armée. Si vous regardez leur marche hardie, et leur contenance fière et présomptueuse, vous verrez d'abord leur force et leur puissance; si vous observez de plus près leur marche, vous reconnaîtrez aisément leurs ruses et leurs détours; et enfin si vous pénétrez jusqu'au fond, vous verrez qu'avec leur mine superbe et leur appareil redoutable, ils sont déjà rompus et défaits; et qu'étant encore tremblants et effrayés de leur déroute, il est très-facile de les mettre en fuite (a). C'est ce que je me propose de vous faire entendre, et voilà, en peu (le paroles^, le partage de ce discours : commençons par leur force et par leur puissance.

[PREMIER POINT

Pour vous faire entendre, messieurs, quelle est la force des ennemis que nous avons à combattre, il faut nécessairement vous entretenir de la perfection de leur nature. Mais comme ce discours serait infini, si j'allais rechercher curieusement tout ce que la théologie nous en enseigne, je vous en dirai seulement ce mot, qui sera très-utile pour votre instruction : c'est que la noblesse de leur être est telle, qu'à peine les théologiens peuvent-

Var. (a) Il n'est rien de plus facile (jue de les vaincre et les meltre v.n Î!:iIo.

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