De Bapt. contr. Donat., v
modement; et en voici la raison : Jésus-Christ a examiné une fois jusques où devait s'étendre la condescendance. Lui qui connaît parfaitement la faiblesse humaine et le secours qu'il lui donne, a mesuré pour jamais l'une et l'autre avec ses préceptes. Ces grands conseils de perfection, quitter tous ses biens, les donner aux pauvres, renoncerpour jamais aux honneurs du siècle, passer toute sa vie dans la continence, il les propose bien dans son Évangile; mais comme ils sont au delà des forces communes, il n'en fait pas une loi, il n'eu impose pas l'obligation. S'il a eu sur nous quelque grand dessein que notre faiblesse ne pût pas porter, il en a différé l'accomplissement jusqu'à ce que l'infirmité ait été^ munie du secours de son Saint-Esprit : Non potestis portare modo^. Vous voyez donc, chréliens, qu'il a pensé sérieusement, en esprit de douceur et de charité paternelle, jusques où^ il relâcherait et dans quelles bornes il retiendrait notre liberté. Il n'est plus temps maintenant de rien adoucir, après qu'il a appporté lui-même tous les adoucissements nécessaires. Tout ce que la licence humaine présume au delà n'est plus de l'esprit du christianisme; c'est l'ivraie parmi le bon grain : c'est ce mystère prédit d'iniquité par le saint Apôtre"*, qui vient altérer la saine doctrine.
La même vérité qui est sortie de sa bouche nous jugera au dernier jour. Conformité entre l'un et l'autre état : «Ce sera le précepte qui deviendra une sentence : »Justitia converteturinjudicium^. Là elle paraît comme [dans J une