Tit., I
plus forte que la bouche même; c'est là que paraît tout le fond du cœur. Ainsi (a), quoi que nous disions par nos paroles, nos aversions implacables^ combattent contre [b) la bonté de Jésus-Christ; nos intempérances s'élèvent contre la pureté de sa doctrine; notre orgueil contredit les mystérieuses humiliations et les sublimes bassesses (c)^de ce Dieu-Homme; notre insatiable avarice, qui semble vouloir engloutir le monde et tous ses trésors, s'oppose de toute sa force à cette immense prodigalité par laquelle il a tout donné, jusqu'à son sang et sa vie^. C'est donc (d)"^ en vain que nous professons la doctrine de Jésus-Christ que nous combattons par nos œuvres : notre vie dément nos paroles et fait bien voir, comme disait Salvien, « que nous ne sommes chrétiens qu'à la honte de Jésus-Christ et de son Évangile : » Christiani ad contumeliam Christi^?
Que s'il est ainsi, chrétiens, si nous combattons par nos œuvres la sainte vérité de Dieu, qui ne voit combien il esl juste qu'elle nous combatte aussi à son tour, et qu'elle s'arme contre nous de toutes ses lumières pour nous confondre, de toute son autorité pour nous condamner, de toute sa puissance pour nous perdre ? 11 est juste et très-juste que Dieu éloigne de lui ceux qui le
Var. (a) Par conséquent, messieurs, je [ne] crains point de vous dire. — {b) Contredisent. — (c) L'anéantissement. — (rfj Ainsi c'est en vain.
1. Ed. : Par conséquent, messieurs, nos aversions implacables et nos vengeances cruelles.