‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 340 sur 460 · Isa., LUI · texte numérisé non relu

Isa., LUI

3. Déf., Vers. : que les douleurs [et les] peines. Vît. : que les douleurs.

toutes sortes de peines, il fait paraître à nos yeux cette veuve si raortitîée, qui nous apprend l'application de ce remède admirable. La voyez-vous, chrétiens, cette Anne si renommée, cette perpétuelle pénitente exténuée par ses veilles et consumée par se jeûnes? elle est indignée contre ses sens, parce qu'ils tâchent de corrompre par leur mélange la source des plaisirs spirituels ; elle veut aussi troubler à son tour ces sens gâtés par la convoitise, source des plaisirs déréglés. Et parce que l'esprit affaibli ne peut plus surmonter les fausses douceurs par le seul amour des plaisirs célestes, elle appelle la douleur à son secours; elle emploie les jeûnes, les austérités, les mortifications de la pénitence, pour étourdir en elle tout le sentiment des plaisirs mortels après lesquels soupire notre esprit malade.

Si nous n'avons pas le courage de les attaquer avec elle jusques au' principe, modérons-en du moins les excès damnables; marchons avec retenue dans un chemin si glissant; prenons garde qu'en ne pensant qu'à nous relâcher, nous n'allions à l'emportement; fuyons les rencontres dangereuses et ne présumons pas de nos forces, parce que, comme {a) dit saint Ambroise, on ne soutient pas longtemps sa vigueur quand il la faut employer contre soi-même : Causam peccati fuge^ nemo enim diu fortis est [contra seipswn^].

Et ne nous persuadons pas que nous vivions sans plaisir, pour entreprendre [b) [de] le transporter^ du corps à l'esprit, de la partie terrestre et mortelle à la partie divine et incorruptible. C'est là, au contraire, dit Tertullien, qu'il se forme une volupté toute céleste, du mépris

Var. (a) Et croyons, dit S. Ambroise, qu'on ne. — {b) Vouloir le,

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