Prov., xvi
facile de s'imaginer que la vue et les mains de Dieu sont inévitables!
Mais quand il voit les peuples soumis obligés à lui obéir, non-seulement « pour la crainte, mais encore pour la conscience^,» comme dit l'Apôtre; quand il voi:< qu'on doit immoler et sa fortune et sa vie pour sa gloire et pour son service, peut-il jamais oublier ce qui est dû au Dieu vivant et éternel? C'est là qu'il doit reconnaître que tout ce que feint la flatterie, tout ce qu'inspire le devoir, tout ce qu'exécute la fidélité, tout ce qu'il exige lui-même de l'amour, de l'obéissance, de la gratitude de ses sujets, c'est une leçon perpétuelle de ce qu'il doit à son Dieu, à son souverain. C'est pourquoi saint Grégoire de Nazianze, prêchant à Constantinople en présence des empereurs , leur adresse ces belles paroles : c 0 princes , respectez votre pourpre, révérez votre propre puissance, et ne l'employez jamais contre Dieu qui vous l'a donnée. Connaissez le grand mystère de Dieu en vos personnes; les choses hautes sont à lui seul; il partage avec vous les inférieures. Soyez donc les sujets de Dieu, et soyez les dieux de vos peuples^. »
Ce sont les paroles de ce grand saint que j'adresse encore aujourd'hui au plus grand monarque du monde. Sire, soyez le Dieu de vos peuples, c'est-à-dire faites-nous voir Dieu en votre personne sacrée. Faites^nous voir sa puissance, faites-nous voir sa justice (a), faites-nous voir sa miséricorde. Ce grand Dieu est au-dessus de tous les maux; et néanmoins il y compatit et il les soulage. Ce grand Dieu n'a besoin de personne; et néanmoins il veut gagner tout le monde, et il ménage ses créatures avec une condescendance infinie. Ce grand Dieu sait tout,
Var. (a) Sa bonté,