DEUXIÈME PARTIE
Que l'état de la gloire inspire la crainte, attire le respect, donne de l'admiration, c'est, chrétiens, ce que je n'ai pas de peine à comprendre. Mais ne semble-t-il pas que ce soit un paradoxe, de dire qu'un mystère aussi éclatant et glorieux que celui de la résurrection du Fils de Dieu , qu'un mystère qui fut le triomphe de son humanité, qui l'exempta de toutes nos faiblesses, qui le sépara de nous, et qui le mit dans un état où il n'eut plus avec les hommes ce commerce familier que son incarnation avait établi entre lui et eux- que ce mystère, dis-je, doive servir à exciter pour ce Dieu-Homme toute la tendresse de notre amour; c'est ce qui paraît d'abord difficile à croire , et ce qui est néanmoins constant dans tous les principes de notre religion. Car, de quelque manière que nous envisagions aujourd'hui ce grand mystère, soit que nous en considérions la fin, soit que nous en examinions les circonstances, soit que nous ayons égard à l'effet principal qu'il a produit dans la sainte humanité du Sauveur, je prétends , et il est vrai , que c'est un des mystères où sa charité s'est fait voir plus sensiblement : et que tous les autres mystères de sa vie souffrante et mortelle , ces mystères de miséricorde et de bonté, ont trouvé dans celui-ci comme leur accomplissement et leur consommation : pourquoi cela? comprenez, s'il vous plaît, ma pensée : parce qu'autant qu'il est vrai que Jésus-Christ est entré dans sa gloire en ressuscitant, autant est-il vrai que c'est pour nous qu'il a pris possession de cette gloire , et qu'il est ressuscité; voilà ce que j'appelle la fin du mystère : parce que,
dans le triomphe même de la résurrection , il a voulu conserver les marques les plus authentiques et les caractères les plus visibles de son amour envers les hommes, savoir, les cicatrices des blessures qu'il avait reçues dans sa passion ; voilà la circonstance la plus remarquable, ou du moins l'une des plus remarquables de ce mystère; enfin, parce qu'en ressuscitant glorieux, il a élevé son humanité à un état de perfection où nous ne pouvons nous défendre de l'aimer, mais de quel amour? d'un amour pur, d'un amour spirituel et tout divin ; voilà l'effet , ou pour mieux dire, la substance même de ce mystère, considéré par rapport à nous. Appliquez-vous , chrétiens , à ces trois vérités.
C'est pour nous et pour notre intérêt, que Jésus-Christ est ressuscité. Il ne nous est pas permis de former sur cela le moindre doute , puisque le Saint-Esprit nous le dit en termes exprès : Traduits est pr opter delicta nostra, et resurrexit pr opter justificationem nostram [Rom., 4) Il a été livré à la mort pour nos péchés , et il est ressuscité pour notre justification. En effet , de la manière qu'en parle l'Ecriture , il ne ressuscite qu'afin de nous faire ressusciter avec lui, et de ressusciter lui-même dans nous. Il ne ressuscite , dit saint Augustin , que pour ressusciter dans sa personne notre espérance , et pour ressusciter dans nos cœurs son amour, que le péché y avait éteint. En un mot , il ne ressuscite , selon saint Paul, que pour notre justification : Et resurrexit propter justificationem nostram. De sorte que cette grande parole de l'Evangile, Sic Deus dilexit mundum, ut Filium suum unigenitum daret (Joan. 3), s'étend aussi bien au mystère de la résurrection qu'à celui de l'incarnation : car, au moment que Jésus-Christ sortit du tombeau , il fut vrai de dire que le Père éternel donnait encore une fois au monde son Fils unique ; et c'est la pensée de l'apôtre , dans ce texte de l'épître aux Hébreux que j'ai déjà cité : Et cum iterum introducit primogenitum in orbem terrx. (Hebr., 1.) Mais en quelle qualité donna-t-il alors ? Ne craignons point de porter trop loin la chose il n'y aura rien dans cette théologie que de solide et d'incontestable. Il donna pour la seconde fois en qualité de sauveur, en qualité de pasteur, en qualité de docteur et de maître. En qualité de sauveur, puisqu'il est certain que Jésus-Christ par sa résurrection mit le sceau à tout ce qu'il avait fait, et à tout ce qu'il avait souffert pour le salut des hommes ; et que , s'il n'était pas ressuscité , ce grand ouvrage du salut des hommes aurait été
non seulement imparfait, mais anéanti, et qu'on aurait pu dire : Ergo évacuât uni est scandalum crucis , ergo gratis Christus mortuus est [Gai., 5); Eh quoi! Jésus-Christ est donc mort en vain, et le scandale de la croix est sans effet? En qualité de pasteur, puisque le premier soin de cet Homme-Dieu, à l'instant qu'il ressuscita, fut de ramasser son troupeau que l'infidélité avait dissipé : Scriptum est, Percutiam pastorem, et dispergentur oves gregis. Postquam autem resurrexero, prxcedam vos in Galilxam (Matth., 26). Il est écrit, disait-il à ses apôtres , en prophétisant leur chute : Je frapperai le pasteur, et les brebis seront dispersées : mais que cela ne vous trouble point; car après que je serai ressuscité, j'irai devant vous en Galilée : et pourquoi ? pour vous rappeler à cette sainte bergerie que j'ai formée , où je rassemble mes prédestinés et mes élus. En qualité de maître et de docteur, puisque tout le temps qu'il demeura sur la terre après sa résurrection, il l'employa, comme nous l'apprenons de saint Luc, à instruire ses disciples, à leur donner l'intelligence de ses mystères, à leur développer le sens des Ecritures , à leur enseigner tout ce qui regardait les vérités de la religion. Salutaires enseignements qui sont aujourd'hui, dans le christianisme, le fond de ces traditions divines que nous recevons comme autant de règles de notre foi. C'est pour cela que ce Sauveur adorable suspendit quarante jours entiers la gloire de son ascension, ne pouvant encore monter au ciel, parce que son amour, dit saint Augustin, le retenait sur la terre. C'est pour cela que , tout glorieux qu'il était, il ne laissa pas de converser avec ses apôtres, leur apparaissant, les visitant, les consolant, leur faisant d'aimables reproches, les accompagnant dans leurs voyages , n'oubliant rien pour se les attacher et pour avoir toute leur confiance. C'est pour cela que dans quelques-unes de ses apparitions , il les appela ses frères , ce qu'il n'avait jamais fait avant sa mort : lte, nuntiate fratribusmeis, ut eant in Galilxam. (Id., 28.) Allez, dites à mes frères qu'ils se rendent en Galilée , parce que c'est là qu'ils me verront; ne se contentant pas, comme autrefois, de les traiter d'amis, mais les honorant du nom de frères, comme si l'état de sa résurrection avait ajouté un nouveau degré à l'étroite alliance qu'il avait contractée avec nous en se faisant homme. Or. que doit nous inspirer tout cela , chrétiens ? Un zèle ardent et un amcur tendre pour cet Homme-Dieu. Il est ressuscité pour nous,
comme il était mort pour nous : voilà le principe sur lequel saint Paul l'onde cette admirable conséquence , quand il nous dit que nous ne devons donc plus vivre pour nous-mêmes, ni mourir pour nous-mêmes; que, soit que nous vivions, soit que nous mourions, c'est pour le Seigneur que nous devons vivre et mourir, parce que , soit que nous vivions ou que nous mourions , nous sommes à lui : Sive ergo vivimus, sive morimur, Domîni sumus. [Rom. 14.) Car, ajoute l'apôtre, voilà pourquoi Jésus-Christ est mort et ressuscité : In hoc enim Cliristus mortuus est et resurrexit. (Rom., 14.) Il a voulu par sa mort et par sa résurrection acquérir sur les morts et sur les vivants une domination souveraine; une domination, non pas de crainte et de servitude, mais d'amour et de liberté, puisque c'est particulièrement sur nos cœurs qu'il veut régner. En effet, reprend saint Ambroise, expliquant ce passage , comment reconnaître l'amour que par l'amour, et un amour si parfait , que par un amour sans bornes ? Ce Dieu fait chair n'a point voulu se partager, quand il a été question de nos intérêts; pourquoi nous partagerons-nous quand il s'agira de son service? il nous a sacrifié sa vie glorieuse, aussi bien que sa vie souffrante; pourquoi ne lui sacrifierions-nous pas nos prospérités, aussi bien que nos adversités, nous tenant toujours également unis à lui dans l'une et dans l'autre fortune? Il ne veut ni de gloire , ni de triomphe , que pour nous ; pourquoi désirerons-nous et chercherons-nous jamais autre chose que lui? Ce n'est pas assez : le Sauveur du monde est tellement ressuscité que, dans l'état même de sa résurrection, il porte encore les marques de son amour pour les hommes, je veux dire, les cicatrices des blessures qu'il a reçues en mourant. Quoique ses plaies ne conviennent guère, ce semble, à la bienheureuse immortalité dont il prend possession, il se fait un plaisir de les conserver : et pourquoi? Ah ! mes frères , répond saint Augustin, pour bien des raisons que sa charité lui fournit, et dont votre piété doit être touchée. Il conserve ses plaies pour nous faire entendre que dans le séjour même de sa gloire il ne veut point nous oublier ; pour accomplir ce qu'il nous a dit à chacun par son prophète, Ecce in manibus meis descripsi te (Isai., 49) ; Regarde, chrétien, c'est dans mes mains que je t'ai écrit, mais avec des caractères qui ne s'effaceront jamais : car ces plaies dont tu vois encore les vestiges, sont autant de traits vifs et animés, qui te représenteront éternellement à moi , et qui me parleront sans
cesse pour toi. Que la mère oublie son enfant, et qu'elle abandonne le fils qu'elle a nourri dans son sein-, quand cela même serait possible , pour moi je ne t'oublierai pas , parce que je te verrai gravé sur mes mains : Ecce in manibus meis descripsi te. Il conserve ses plaies pour apaiser la justice de son Père , et pour faire auprès de lui, selon la pensée du bien-aimé disciple, l'office de médiateur et d'avocat : Âdvocatum habemus apud Patrem. (Toan., 2.) Car c'est bien maintenant que nous pouvons dire à c 3 divin Sauveur : In manibus tuis sortes mex (Psalm. 30) : Ah ! Seigneur, mon sort est dans vos mains. Il n'est pas nécessaire que vous parliez pour plaider ma cause ; vous n'avez qu'à présenter ces mains percées pour nous , il n'y a point de grâces que je n'obtienne, et je tiens mon salut assuré. Il les conserve pour nous engager à ne perdre jamais le souvenir de sa sainte passion; en sorte que nous ayons toujours ses souffrances en vue , et que nous nous fassions non seulement une occupation et un devoir, mais même un plaisir d'y penser sans cesse avec tous les sentiments de la plus vive reconnaissance , disant avec le prophète royal : Adhxreat lingua mea faucibus meis , si non meminero tai; si non proposuero Jérusalem in princU pio Ixtitix mex (Psalm. 136); Oui, Seigneur, que ma langue demeure attachée à mon palais, si je ne me souviens de vous, si je ne me représente toujours Jérusalem, et ce que vous y avez souffert; et si je n'apprends pas de là à réprimer mes passions, à retrancher l'excès criminel de mes divertissements, à me détacher du monde et de moi-même. Car rien, dit saint Chrysostome, n'est plus capable de produire en moi ces heureux effets, que de considérer un Dieu qui porte les vestiges de la croix , jusque sur le trône de sa majesté.
Enfin ce divin Sauveur nous-présente dans sa résurrection l'objet le plus aimable, et le plus propre à lui gagner tous les cœurs, savoir : son humanité glorieuse, immortelle, impassible, revêtue de toute la splendeur que répand sur elle la divinité qu'elle renferme , et qui commence , après s'être si longtemps cachée dans les ténèbres, à se produire au jour et à se faire connaître. Or dans cet état où il fait la félicité des saints, n'a-t-il pas droit de nous dire : Qu'y a-t-il sur la terre que vous puissiez préférer, et même comparer à moi? Si donc vous êtes ressuscites selon l'esprit, comme je le suis selon la chair, ne vous attachez plus à ces beautés fragiles et périssables qui séduisent vos sens et qui cor-
rompent vos âmes , mais recherchez ces beautés célestes et incorruptibles dont vous voyez déjà dans ma personne une brillante image : Si consurrexistis cum Christo, quae sursum sunt quaerite, non quae super terrain. (Coloss., 3.) Demeurons-en là, chrétiens, et n'entrons pas plus avant dans un sujet qui me conduirait trop loin, si j'entreprenais de l'approfondir et de le développer dans toute son étendue. Contentons-nous de faire un retour sur nous-mêmes , et de tirer des trois considérations que je vous ai proposées , la conséquence naturelle qui en doit suivre. Car une charité aussi constante que celle de Jésus-Christ pour nous, une charité qu'il a fait paraître , non seulement jusqu'à la mort , mais au delà des bornes de la mort , nous touche-t-elle autant qu'elle le doit et autant qu'il se l'était lui-même promis? pourrions-nous dire aujourd'hui comme les deux disciples de notre évangile , que notre cœur est tout brûlant de zèle : Nonne cor nostrum ardens eratin nobis? (Luc, 24); concevons-nous au moins l'obligation indispensable où nous sommes de nous consacrer sincèrement et pleinement à Jésus-Christ ? croyons-nous , comme nous en devons être convaincus, que tout notre bien consiste dans ce parfait dévouement; et que sur cela, si j'ose parler de la sorte , roule toute notre destinée selon Dieu ? c'est-à-dire , aimons-nous Jésus-Christ d'un amour qui ait quelque rapport à celui dont il nous a aimés? Si c'est ainsi que nous l'aimons, prenons confiance, parce que nos noms seront écrits dans le livre de vie. Si nous l'aimons moins , tremblons , parce qu'il est de la foi que celui n'aime pas le Seigneur Jésus est anathème. Oui, mes frères, disait saint Paul, je vous regarde comme des anathèmes, si vous êtes indifférents pour cet Homme-Dieu, et insensibles à ses intérêts. En vain feriez-vous dans le monde les plus grands miracles, en vain parleriez -vous le langage des anges, en vain auriez-vous tous les dons du ciel ; si vous n'avez pas la charité de Jésus-Christ, vous n'êtes pas en grâce avec Dieu, et par conséquent vous n'êtes devant Dieu que des sujets d'abomination : pourquoi? parce que, selon la parole de Jésus-Christ, Dieu n'aime les hommes qu'autant que les hommes aiment son Fils : Ipse enim Pater amat vos, quia vos me amatis. (Joan. , 16.) Je dis plus, et quand même j'aimerais Dieu, sans l'amour de Jésus-Christ , je ne serais rien , et je ne mériterais rien : Dieu n*> se tiendrait pas honoré de mon amour, parce qu'il ne veut être aimé de moi que dans Jésus-Christ , comme il ne veut me sauver
que par Jésus -Christ. D'où vient que saint Paul, parlant de la charité de Dieu , lui donne toujours ce caractère particulier d'être renfermée eh Jésus -Christ : Gratia Dei in Cliristo Jesu. (/ Cor., 1.) Car, comme raisonne saint Thomas, c'est à Dieu de me prescrire comment il veut que je l'aime; et c'est à moi de l'aimer selon la forme qu'il m'a prescrite. Or, il m'a déclaré expressément qu'il voulait que je l'aimasse dans la personne de ce Sauveur ; c'est donc dans la personne de ce Sauveur que je dois désormais chercher Dieu, aimer Dieu, espérer en Dieu. Hors de ce Sauveur, il n'y a plus de Dieu pour moi, plus de grâce, plus de miséricorde, plus de salut pour moi, parce qu'il n'y a plus, dit l'Ecriture , d'autre nom sous le ciel par où nous puissions parvenir à la vie bienheureuse.
Or, un moment de réflexion, mon cher auditeur ; et considérez, mais considérez-le attentivement, si, vivant, comme vous vivez, dans les engagements du monde , dans les intrigues du inonde , au milieu des écueils et des tentations du monde, vous avez pour Jésus-Christ cet attachement d'esprit et de cœur qu'exige de vous la religion que vous professez. Examinez bien si, dans l'embarras et le tumulte des affaires humaines, vous conservez pour Jésus- Christ toute la reconnaissance qui lui est due comme à votre Rédempteur ; si vous êtes zélé pour la gloire de son nom , si les intérêts de son Eglise vous sont chers, si vous suivez ses maximes, si vous imitez ses exemples , si vous pratiquez sa loi : car voilà les marques d'un véritable et solide amour. Du reste , que ce ne soit pas un amour sensible, que cet amour solide et véritable n'opère pas dans vous les mêmes effets que dans certaines âmes spécialement choisies et favorisées de Dieu ; il n'importe : ce serait une erreur de mesurer par là soit l'obligation, soit même la perfection de cette divine charité qui nous doit unir à Jésus- Christ : c'est une des plus subtiles illusions dont se sert l'ennemi de notre salut pour désespérer les faibles et pour endurcir les libertins. Je dis que vous devez à Jésus-Christ votre amour, mais je ne dis pas que vous le devez sentir, cet amour, car il peut être dans vous, quoique vous ne le sentiez pas. Il doit être dans la raison, et non dans le sentiment; il doit être dans la pratique et dans l'action, et non dans le goût ni dans la douceur de l'affection : il peut même quelquefois être plus parfait, lorsque, sans être ni sensible ni doux, il est généreux et efficace, embrassant tout, et ne goûtant rien; surmontant la nature par la pure grâce,
et dans les aridités et les sécheresses , soutenant une exactitude et une fidélité qui ne se dément jamais. Et voilà, chrétiens, de quoi vous consoler d'une part , quand Dieu ne vous donne pas ces sentiments tendres et affectueux que l'on voudrait quelquefois avoir : mais aussi , voilà de quoi vous condamner, lorsque vous n'avez pas cet amour chrétien et raisonnable que je vous demande. Car cet amour, tout divin qu'il est, ne s'allumera pas dans vous sans vous-même. Dieu, indépendamment de vous, saura bien vous y porter par de secrètes inspirations; mais le consentement que vous donnerez aux inspirations de Dieu , les actes d'amour que vous formerez , et qui ne peuvent être méritoires s'ils ne sont libres, doivent être les effets de votre coopération. Tandis que, sans rien faire , vous vous contenterez de dire , comme tant d'âmes mondaines : Je n'ai pas encore pour Jésus-Christ cet amour fervent et agissant , mais c'est un don que j'attends du ciel ; vous l'attendrez en vain, et Dieu éternellement lancera sur vous ce terrible arrêt qu'il a prononcé par la bouche de saint Paul : Si guis non amat Dominum nostrum Jesum Christum, sit anathema (I Cor., 16); Que celui qui n'aime pas le Seigneur Jésus soit anathème.
Ah ! mes frères, prévenons l'effet de cette terrible menace. Que ce Sauveur, ressuscité pour notre justification , ne soit pas une pierre de scandale pour nous, et le sujet de notre condamnation. Faisons-le vivre dans nous, comme saint Paul, en sorte que nous puissions dire, après cet apôtre : Ce n'est plus moi qui vis, mais c'est Jésus-Christ qui vit en moi : Vivo autem, jam non ego, vivit vero in me Christus. (Galat., 2.) Et cela comment? par un amour sincère, par une vive reconnaissance, par une fidélité inviolable, par une parfaite imitation des vertus de ce Dieu-Homme, notre modèle sur la terre, et notre glorificateur dans l'éternité bienheureuse . que je vous souhaite , etc.