YISION DE SAINT FRANÇOIS
Tabtèau de la Galerie du comte de Stafford à Londres , peint sur cuiçre,
Wautèur \ pied 6 polices , largeur i pied 2 pouces.
La Vierge , assise près d'un portique d'afchitecturft d'ordre dorique ombragé de grands arbres , tient sur ses genoux TEnfant Jésus j Saint François en extase , et soutenu par un Ange, reçoit la bénédiction du fils de Dieu. Dans le lointain on aperçoit saint Joseph appuyé sur son âne : telle est la disposition de ce tableau, dont le sujet fut sans douté donné à Annibai par le cardinal J, F. Négroni , pour qui il l'exécuta.
Annibai , qui n'a pas toujours été heureux dans la représentation des figures de femmes, mérite ici beaucoup d'éloges. La têle de la Vierge , d'un caractère fin et délicat, rappelle ce célèbre tableau des Trois Maries , que possédoit la galerie d'Orléans , dans lequel il a prouvé qu'il pouvait réunir aussi à nn très— beau dessin , la plus belle couleur et les plus touchantes expressions. La figure de saint François en extase répond à la réputation du peintre pour ces sortes de figures , et c'est dire assez qu'elle ne laisse rien «H désirer.
Ce charmant tableau a été gravé par N. Dorig?iy , le premier graveur d'histoire après Gérard Audr an ; par Romane* pour l'ouvrage sur la galerie d'' Orléans , publiée par Couché, et dernièrement par Dissart , dans une grande dimension, mais» avec geu de succès. Il a
supprimé dans son estampe le fond d'architecture , et gravé les figures en sens inverse de la peinture.
Ce tableau a appartenu à M. Delaunay , directeur de la monnaie des médailles sous Louis XV , avant de passer dans la collection du Palais-Royal. U fut porté a 2400 fr. dans l'inventaire de cette galerie , somme qui donnera une idée du mérite distingué qu'on lui reconnoissoit, si Ton établit une comparaison entre ce prix et celui auquel ont été portés plusieurs autres tableau:^: capitaux de la même Ecole.