APOLLON ÉCORCHE MARSYAS
Tableau de la galerie de Florence,
"Hautejiï 6 pieds, largeur 7 pieds.
Quel jugement porteroit-on d'un peintre qui , se livrant à toute la fougue de sa verve et plus affecté des charmes de l'Art que des vérités historiques , représenteroit Cléopâtre expirante , avec toutes les grâces et renjouement de la beauté , ou nous feroit voir Saint Paul au rang des apôtres occupé à Télection de Saint Mathlas ; en supposant que sa Cléopâtre soit dans la manière du Corrège et son Saint Paul, dans celle de Lanfanc , on diroit qu'il a tiré de ses contraventions â l'histoire , des nouveautés séduisantés et des effets piquans, enfin , qu'il n'a pensé qu'à peindre un taWeau.
Le Guerchin , dans son Apollon qui écorche Marsyas , a commis une semblable faute. Le Dieu de l'harmonie, au lieu de charger un Scythe , un barbare , de l'ex-écution de sa vengeance, s'abaisse jusqu'à écorcher lui-même l'infortuné Slarsyas j de pUis , au lieu de la Lyre qui caractérise Apollon , il a place près de lui un violon, instrument dont on ne trouve aucune trace avant le lo^''* siècle de notre ère. Mais ces défauts de convenances sont compensés par des beautés du premier ordre et l'on ne peut se lasser d'admirer ce tableau qui fait plus d'honneur au talent , qu'au jngement. au goût et à l'érudition de FArtiste.
Oa ne vit jamais un torse dessiné arec plus de finesse que celui d'Apollon , ni une expression plus \raie que celle du malheureux Satyre. Les deux figures accessoires qu'on aperçoit dans le lointain , sont dans un juste rapport avec Faction principale, et les carnations différentes d'Apollon et de Marsyas produisent un effet piquant sans être outré ^ modération dont le Guerchin n'a pas donné de nombreuses preuves et qui mérite à ce tableau une place distinguée parmi les productions de son pînceaut.
La gravure exécutée par Masscêrd de l'ancienne Académie pour la collection de Masquelier, est d\m effet dur, sec et noir qui répond peu au mérite du tableaue
ofoi/iai6e.