DE JËAN-JACQUES ROUSSEAU
Quoique ce testament , inconnu jusqu'en 1820, date de 1737, et que sans doute il n'ait eu aucun effet , il n'en est pas moins curieux , parce qu'il prouve quels étaient à cette époque les sentimens religieux de J*-J. Rousseau, âgé de a5 ans , et combien il était zélé catholique.
L'original authentique s'est trouvé dans le galetas d'une maison de Chambéry; il était dans les vieilles minutes d'un ancien notaire de cette ville nommé R ivoire , et occupait les feuillets 1 o/j , 1 o5 et 1 06 de la minute. 11 est daté du 7 juin 1737 , jour où, selon ce qui est dit dans ce testatament , Rousseau avait éprouvé un accident qui le retenait au lit , et qui avait nécessité un appareil a. 1
disposé sur la tête du malade, de manière à lui tenir les yeux fermés; ce qui, l'empêcha de signer son testament, quoique sain de ses sens* dit lé notaire, ainsi qu'il a paru par la suite et solidité de ses raisonnemens. L'acte a été reçu après midi, dans la maison de M. le comte de Saint-Laurent, contrôleur général des finances de S. M. le roi de Sardaigne , habitée à cette époque par madame de Warens.
Le testateur, après avoir fait le signe de la croix, recommandé son ame à Dieu , et demandé l'iutercession de la sainte Vierge et des saints Jean et Jacques, ses patrons, proteste de vouloir vivre et mourir dans la foi de 1 église catholique, apostolique et romaine. H laisse ses obsèques à la discrétion de son héritière et la charge de faire prier Dieu pour le repos de son ame.
Après ce préambule, il lègue seize livres à chacun des couvens des Capucins , des Àugustins et des Clarjstes de Chambéry, pour faire célébrer des messes pour le repos de son ame. Il lègue sa légitime a son père, le priant de s'en contenter, attendu que la reconnaissance lui fait an devoir de disposer de ses autres biens en faveur de ses bienfaiteurs. II lègue cent livres au sieur Jacqueâ Barillot,de Genève. H institue pour son héritière madame Françoise-Louise de la Tour, comtesse de Warens, à qui il déclare vouloir payer en outre la somme de 2000 livres pour frais de sa pension et de son entretien depuis dix ans. Enfin il reconnaît une dette de ■joo livres en faveur du sieur Charbonnel , marchand de Chambéry, pour marchandises livrées et argent prêté.