‹ Choix de testamens anciens et modernes, remarquables par leur importance, leur singularité ou leur bizarrerie; avec des détails historiques et des notes (volume 2)Chapitre 43 sur 137 · TESTAMENT D'UN AVOCAT · texte numérisé non relu

TESTAMENT D'UN AVOCAT

Les journaux ont parlé d'un avocat de Colmar qui, vers 1826, a légué 74,000 fr. à l'hôpital des fous. Cette clause n'a rien d'extraordinaire, mais le motif en est exprimé d'une manière piquante. « J'ai gagné , dit le testateur , cette » somme avec ceux qui passent leur vie à plai- » der ; ce n'est donc qu'une restitution. » Sinon veréj etc. ; cette plaisanterie n'est pas nouvelle.

TESTAMENT DE M. SARLOVÈSE.

On a annoncé dans les feuilles publiques , que M. le lieutenant-général Fournier-Sarlovèse, mort à Paris, en janvier 1827, avait, par une clause de son testament, laissé une somme de vingt mille francs à la cavalerie française ; mais il en a réglé l'emploi de la manière suivante : l'intérêt de ce capital placé sur l'état, sera réparti, chaque année , sur les trois plus anciens cavaliers présens sous les drapeaux.

Ce legs , qui sans doute est le premier de cette espèce , a quelque chose de particulier qui fait impression. D'un côté on voit un digne officier qui cherche à fixer le plus longtemps possible , dans l'arme de la cavalerie , des soldats expérimentés. De l'autre on se figure la joie inattendue de trois braves militaires recevant inopinément

une somme annuelle assez forte ( 353 fr. 33 c. ) , toute proportion gardée , gomme récompense de leurs longs services, et comme encouragement à les continuer , car sans doute ils y auront droit tant qu'ils ne quitteront pas leurs drapeaux.

Page 1