‹ Choix de testamens anciens et modernes, remarquables par leur importance, leur singularité ou leur bizarrerie; avec des détails historiques et des notes (volume 3)Chapitre 106 sur 123 · TESTAMENT DE LOUIS XV · texte numérisé non relu

TESTAMENT DE LOUIS XV

101 SB F11ICI. v

Louis de France , Dauphin , fils de Louis XV , venait de mourir a l'âge de 46 aas ( 'e 2° décembre 1765 ). Cet événement plongea la famille royale dans le plus grand deuil ; et il paraît , si Ton en juge par une pièce découverte au château des Tuileries , après la fatale journée du 10 août 1792, que le roi (Louis XV) en éprouva une douleur extraordinaire , fit les réflexions les plus profondes , et se croyant a la veille de rejoindre son fils dans la tombe, consigna dans la pièce en question , tous les sentiment* de piété et de résignation que ce fatar événement lui suggéra. Cette pièce est un testament . qui, après le 10 août, fut, comme nous l'avons dit, trouvé au château , dans le prie-dieu de Louis XVI. I) était enfermé dans une lettre à enveloppe avec cette suscrîp'tion : Copie bv tbstuuht ne roi. Le cachet ea

3,g,t,zeCb,G00gle

Cire noire aux armes de France était resté intact , malgré l'ouverture du paquet. L'original était sans doute déposé entre les mains d'une des princesses sœurs du défunt , car le papier en question était une copie écrite de la main de Louis XVI. On verra par la date de ce testament, qu'il fut fait seize jours après la mort du Dauphin. Et il paraît que l'infortuné Louis XVI l'avait souvent lu , car on retrouve dans son propre testament quelques phrases qui ont beaucoup d'analogie avec des expressions employées dans celui de Louis XV. Au reste, celui-ci était alors animé des sentimens de la plus vive piété , et l'on mît que son petit-fils,' son malheureux successeur, a été constamment animé de* mêmes sentimens ; il n'est donc pas surprenant qu'ils se soient rencontrés dans la manière de rendre quelques-unes de leurs pensées , ayant l'un et l'autre l'idée qu'ils allaient paraître devant Dieu. Voici le testament de Louis XV (i) :

« An no» do Pebe, nt Fils et du Saint-Esprit, amen.

> Ce qui suit sont (sic) mes dernières volontés.

» Je remets mon ame a Dieu mon créateur , et le conjure d'avoir pitié d'un grand pécheur, soumis entièrement à sa sainte volonté et aux décisions de son église catholique, apostolique et romaine; je prie la sainte Vierge, tous les saints et particulièrement saint Louis , mon aïeul et mon patron , d'intercéder pour moi près de Jésus- Christ mon divin Sauveur et Rédempteur, pour que j'obtienne le pardon de mes péchés , l'ayant si souvent offensé et si mal servi ; je demande pardon à tous ceux que j'ai pu offenser ou scandaliser, et les prie de uie pardonner, et de. prier Dieu pour mon ame.

> Je prie de tout mon cœur le Tout-puissant d'éclairer celui de mes petits-fils qui me succédera dans le gouvernement du royaume qui m'a été confié par la Profil Celui de Louis XVI est ci-devant, pp. 45 — 60.

DigitizÉcbyGoOgle

vidence divine (puisqu'il lui a plu d'appeler à lui mon cher fils unique, auquel jene m'attendais pasde survivre), pour qu'il le gouverne mieux que moi. Si j'ai fait des fautes, ee n'est pas manque de bonne volonté, mais manque de talens , et pour n'avoir pas été secondé comme je l'aurais désiré , surtout dans les affaires de la religion.

> Je défends toutes les grandes cérémonies à mes funérailles , et j'ordonne que mon corps soit porté à Saint-Denis, dans le plus simple appareil que faire se pourra. J'ordonne que mon coeur soit porté où celui du feu roi monseigneur et bisaïeul géra. J'ordonne que mes entrailles seront ($it) portées à Notre-Dame à Paris, pour'y être placées en arrière de celles de Louis XIV. J'ordonne qu'il soit fondé un service solennel au jour de ma mort et une messe basse chaque jour pour le repos de mon ame, et un pareillement dans la paroisse du lieu où je mourrai , et un à Versailles , si je meurs ailleurs.

> Je donne à mon petit-fils le Dauphin , qui me succédera, tout ce qui se trouvera chez moi dans toutes mes maisons; et j'ordonne que toutes les clés lui en seront remises à lui-même, ou au régent ou régente, s'il avait le malheur d'être mineur; et je désire qu'il partage mes bijoux avec mes enfans , petîts-enfans qui seront en France , de tout sexe , selon leurs désirs.

> Je veux que mes filles aient chacune deux cents mille livres de pension , leur maison et table payées , et que celle qui survivra ai

cent mille livres.

> Je charge aussi mon su ceux de mes domestiques pas dans leur emploi.

> Fait au château de 1 janvier l'an de grâce 1 760,

Signé Louis.

3,g,t,zeCb,G00gle

» O Dieu quî connaissez tout, pardonnez-moi de nouveau toutes les fautes que j'ai faites, et tous les péchés que j'ai commis ! Vous êtes miséricordieux et plein de bonté; j'attends en frémissant de crainte et d'espérance votre jugement ; ayez en pitié mon peuple et tout mon royaume, et ne permettez pas qu'il tombe jamais dans l'erreur, comme des états nos voisins qui étaient jadis si catholiques, apostoliques et romains, et peutêtre plus que nous. »

Signé Louis.

> Copié sur l'original et attesté par moi véritable. > Signé Louis-Abcostb. '

Louis XV n'est mort que huit ans après avoir fait ee testament; né le i5 février 1710, il a succédé à son bisaïeul Louis XIV , le 1 . " septembre 1715, a été sacré a Reims le sa octobre 1729, déclaré majeur le 16 février 1725, marié le 1 5 août 1725, à Marie-Charlotte- Sophie-Félicité Lecsiosca, le 1 5 août 1725, en a eu dix enl'ans , deux princes et huit princesses, dans l'espace de 10 ans ( de 1727 à 1737 ), et est mort le 10 mai 1774- H était veuf depuis le 19 mars 1747- Le Dauphin son fils, né le 4 septembre 1729, mort le 90 décembre 176a , a eu de son second mariage avec Marie-Josephe de Saxe , célébré le 9 février 1747 » huit enfàns du nombre desquels sont Louis XVI, Louis XVIII, Charles X, et M."* £ >ns parlé de ces princes et prin-

cesses 1 'article du testament de Louis

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