DE FH.-VINC. ISBK'AIT
» Je lègue an» deux enfans de feu Gilbert de Lebraly mon neveu, du Heu de Chassergues, paroisse de Courteix ( Gorrèze ) , la somme de deux mille francs , pour être partagée entre eux par .égale portion, laquelle somme leur sera payée , ou pour eux à leur tuteur ou curateur , dans le courant de Tannée d'après mon trépas , pour aider à fournir aux frais de leurs études dans un bon collège.
■ Et pour me succéder dans l'universalité de mes autres biens mobiliers et immobiliers, je nomme et institue pour mon héritier général , François-Vincent Lebraly, mon petit-neveu et filleul, fils de , etc.
■ De tous lesquels biens dont je mourrai saisi, je lègue néanmoins la jouissance à J.-F. Lebraly père, jusqu'à la majorité de son fils, à la charge, i.* de faire fidèle inventaire , etc. ; 2." de ne rien épargner pour l'éducation et l'instruction de mon héritier, relativement aux sciences les plus utiles pour le bonheur de la vie ; pour cet effet lui donner des maîtres scientifiques* le placer dans de bons collèges, et lui rappeler cet adage :
Enfant, apprenez dès voire bas îge Que science vaut mieux qu'héritage ;
Votre science ïoiw nourrira, Et votre héritage tous manquer* (i).
• Enfin je recommande à la générosité de
(1) Il y a bien trente ans que je n'ai lu les vieux quatrains de Pibrac, mais si celui-ci n'en fait pas partie , il est bien digne d'y figurer sous le rapport poétique , quoique le fouds soit très-vrai. . .
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354 TESTAMENT1, etc.
mon innocent héritier la personne qui m'aura servi fidèlement dans ma dernière maladie.
» Je crois ne rien devoir , ni avoir jamais nui à personne : bien loin d'avoir été vindicatif envers mes innombrables ennemis, je leur ai rendu Bervice, etc.
• Ainsi je n'ordonne point de prières ; d'ailleurs je présume qu'elles ne peuvent changer les décrets immuables de Dieu , mon créateur ( 1 ) , je me repose can fidemment sur sa justice divine; au reste les vols, les pillages, les maladies, les adversités m'ont réduit dans une affreuse pénurie.... 11 m'est dû, mais mes débiteurs sont pauvres ou mauvais payeurs
• Depuis sept à huit ans ( à cause de ma faiblesse et tremblement ) , je n'avais point écrit ; il a fallu rappeler toutes mes forces presque éteintes pour crayonner ces présentes , et employer une quinzaine de jours, à tête reposée, sans la présence de la moindre personne ; ainsi je n'ai pu être induit ni suggéré, Tel est mon testament et disposition de dernière volonté , que j'ai écrit et signé de ma main tremblante. •
Signé Lebraly.
(i) Cette phrase aurait une certaine tendance à l'hérésie; mais le bon ancien conseiller du Roi ne paraît pas y mettre malice, et montre une trop belle a me dans tout le cours de ses dispositions testamentaires, pour qu'on soit tenté de chercher querelle à sa mémoire.