‹ Choix de testamens anciens et modernes, remarquables par leur importance, leur singularité ou leur bizarrerie; avec des détails historiques et des notes (volume 3)Chapitre 84 sur 123 · DE VIRGILE · texte numérisé non relu

DE VIRGILE

à 5 00,000 écus , qu'il reçut à la cour d'Auguste et d'ailleurs, pour prix de ses vers (i); mais Servi us ia porte encore plus haut, car, dans la vie de notre poëte, il le fait possesseur d'un capital équivalant à 1,0,57,494 fr., outre un palais dont il était propriétaire a Rome. 11 but dire que dans ces temps-là , l'or et l'argent étaient en abondance dans cette ville , puisque c'est là que se transportaient toutes les richesses du monde (s). D'ailleurs Virgile eut plusieurs illustres bienfaiteurs outre Auguste, dont les libéralités furent sans bornes. Aussi tout les pareils du poëte vécurent dans l'opulence lorsqu'il eut fait fortune. Mais il est temps d'arriver à sou testament, qui fut dicte par le devoir et la reconnaissance.

On sait qu'il était allé à Athènes dans le dessein d'y achever son Enéide. Malheureusement il y rencontra Auguste , et crut qu'il était de son devoir de le suivre jusqu'en Italie, Cependant pressé du désir de voir les curiosités de la Grèce, il négligea une indisposition qui le surprit à Mégare , et qui augmenta par l'agitation du vaisseau sur lequel n s'embarqua pour se rendre à Brindes. Arrivé là, il se trouva très-mal. Son premier soin fut de demander son portefeuille avec empressement

(1) Il n'aurait pas fallu beaucoup de presens connue celui que lui fit Octavieausujetdu hmtnx ta StareeUuterù. On prétend qu'après la lecture de ce passage, cette princesse revenue de son évanouissement , lui donna dû grands sesterces pour chaque vers ; or , comme <t y en a une trentaine dans ce passage, et que le sesterce valut à peu près 100 fr., cela ferait 60,000 fr. D'autres assurent que Virgile reçut d'Oelavie un vase d'argent dont le poids est inconnu.

(i) Nous avons fait des Jtechercha ( encore inédites ) sur Ut fortunes particulière! da Somaint. On vojt dans ce petit Iraile que la fortune de SjUo pouvait aller à i5o,ooo,ooo fr.; celle de Crissus à 34,080,00e fr-; celle de Ciccron, le plus honnête et le moins riche da tous, à environ i5,ooo,ooo fr. ; celle de Seaéque à 60,000,000 fr. ; celle de Pallas uZsnt, etc. Les LuçuUus , les Verres, et tant d'autres dont nous étalons les fortunée , prouvent que toutes les richesse! du monde étaient alors concentrées eu Italie et particulièrement àRome.

3,g,t,zeCb,G00gle

pour brûler l'Enéide. On le- lui réfuta. Alors il fit San testament, que nous n'avons pas textuellement, mais dont on connaît les principales dispositions.

Par Tune des premières , il ordonné de brûler son poème, comme étant incorrect et imparfait , ut rem ike- MENDATAii impebfectâmque. Mflis Tucca et Varus, ses amis , charges de l'exécution de cette clause barbare , lui firent observer que jamais Auguste n'y consentirait. Alors il leur légua ses manuscrits , mais sous la, condition expresse que venant à les publier, s'il ne pouvait le fàir.e lui-même , ils n'y changeassent rien et laissassent même les vers qui sont imparfaits (i), Eideh Vabo u.c.

S1MUL TUCCS SCBIPTA SU» EA COHDtCIONB ( sic) LEGAVIT, NP. QVID EBERENT QVOD A SE BDITVM KOK ESSET , VEBSVS ET1AM 1MPEHFECTOS, SI QVI EBANT , REI.INQVEREIÎT.

Il ordonna ensuite que sa dépouille mortelle fut transportée à Map les; volvit etiam 'eivs ossa Neapolim

TBAHSPERJII.

Enfin , il dispose de sa fortune de la manière suivante : il fait un nommé Valerius Proculns, son frère utérin, héritier pour la moitié , Auguste pour un quart , Mécène, pour un douzième, et il donne le reste à Varus (et non-, Valerius, comme porte le texte latin) , et a Tucca :

HbBBDES FEC1T XX DIXIDiA PABTE VALERIE* PbÔCDLUM FRATREX EX ALIO PATRE : EX QUART A AdGOSTDM : EX DUODEC1MA MOEGEnATEH : EX BELIQUIS ValEBIUM ( Varum)

et Plotiuk Tucca» , qui ejus Jineidem post abitumjussu Ceesaris emendaverunt , etc.

(i) Ub oratorien, nom me Pierre -Job. Duvachet , de Bsiiune, uY eu aucun égard a la clause du testament ds Virgile; il ut vrai qu'il n'était ni un Varmi , ni du Tucct. Il s'est amuse à compléter ion» les ver* imparfaits de l'Enéide. Oo trouvera ce hatàx travail dans les Pocmutaàe cet oratorien, Salmurii ,,166^ , gr. in-16, pp. 11$ — aiy. Noos y voyons qu'il y a 55 vers incomplets dans rEoéide, et dm l'auteur beaunots en a bit plus de 100 , preîantsut souvent le mil» vers arec plusieurs variantes, peu propres malheureusem plir les bonnes de l'Enéide. Plusieurs nateal déjà fait le n

3,g,t,zech,GoOgIe

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