‹ Choix de testamens anciens et modernes, remarquables par leur importance, leur singularité ou leur bizarrerie; avec des détails historiques et des notes (volume 4)Chapitre 10 sur 91 · TESTAMENT DU GÉNÉRAL-MAJOR CLAUDE MARTIN · texte numérisé non relu

TESTAMENT DU GÉNÉRAL-MAJOR CLAUDE MARTIN

( tSoo. )

Clalde Martin, fils d'un tonnelier, né à Lyon en janvier 1735, quitta de bonne heure sa patrie, partit pour llnde , entra au service comme simple soldat, d'abord dans les troupes françaises, et, par suite d evénemens, passa dans celles de la compagnie des Indes anglaise. Après un grand nombre d'aventures , il parvînt au grade de général-major, et fit une fortune considérable, estimée de dix à douze millions. 11 est'mort dans

78 XS5TAMSNI

rinde, dans la première quinzaine de septembre 1 8i>o, à Constantia-House, palais qu'il fit bâtir sur les rives de la Goumtie, à dix lieues de Luckoow.

Son testament, qui a fait tant de bruit depuis 1802 , est une pièce fort singulière, mais excessiveiiieiit rare, ^ious désespérions de pouvoir la découvrir, et même nous n'avions essayé d'en parleur que sur des renseignemens partiels et d*après deux articles insérés dans le Moniteur, l'un sous la date du 9- ventôse an X {18 mars 1 802 ) , p. ^07 , et 1 autre du 1 7 floréal an XI ( 7 mai iÔo5)» p. 101 3; mais grâces à lextrème obligeance de M. le comte de Br. . . . . , nous avons eu ctîtte pièce curieuse en communication, et nous pouvons la faire connaître plus en détail* Nous prions M. le comte de Br.«.., , chez qui le goût et l'amour des lettres sont héréditaires, de recevoir ici l'expression de toute notre reconnaissance.

Le testament en question prouve par son con* tenu et sa rédaction que Claude Martin était plus actif qu'instruit, et plus habile dans les affairés que dans l u t de manier la plume. Ce testanunt est en àngiais , et en mauvais anglais. Il paraîtrait que le testateur, ayant oublié sa propre langue, n'a {amais pu parvenir â se bien familiariser avec celle que les circonstances Tonl lorcé d'adopter. Au demeurant, c était un brave et honnête hom* me , juste» humain, charitable et même religieux, mais de cette religion facile, commode, fort peu gênante, qui reconnaît Dieu, s'en tient là, et regarde tous les cultes d uii œil indifférent. Touterois le bon Martin craint beaucoup que la postérité ne

DE GI.At7D£ MARTIN. 79

Foublie, car il veut que partout où il londe des étabiissemens , soit de charité, soil d'iustruction^ un marbre placé daos le lieu le plus apparent, porte son nom , son âge, la quotité de la somme consacrée à chaque établissement , la date de sa mort, tetc.

Kous avons dit que son testament était fort rare. £n effet on n'en a tiré qu'un petit nombre d'exemplaires à Lyon , en i8o3. Cette impression

a eu lieu par les ordres de M. le préfet du Rhône (M. Bureaux de Pusy) , sur le vœu émis par le conseil municipal , à cause du legs de 260,000 sicka-rapées ( 1 ) dont le testateur a gratifié la ville de Lyon. L'expédition originale était en anglais;

(i) Le rapport cxvict de la sicka-rupée (que Ton appelle en Europe roupic-siqiie ) au franc, ne me paraît pas facile à déterminer exactement. Cl. 3Iartin , dans l'article XX de son testament , évalue la sicka-rupée à deux schellings six sous anglais. Comme le schelling avant 1818 valait 1 fr« a5 c. 60^ cela porterait la roupie-sique à 3 fr*

08 r. yo.

M. Mallet Prévost Talné» dans son Manuel métrotûgiqaâ de 1 80a 9 in-4**9 P> ^9 estime cette roupie « en monnaie des Indes 9 1 florin 11 sous 8 deniers ^ c'est-à-dire 3 fr. i3 c. 5o. Mais il n'estime la roupie ordinaiie que a fr. 37 G. a y ou 4^ sous tournois.

Dans le tableau de comparaison des monnaies étrangères avec les monnaies; françaises 9 qui est dans f^n* ntuire du karèau des longitudes, on estime la roupie du- Mogol d fr. 4^ c.

Il paraîtrait d'après cela que la roiipie-sique étant plus torte que la roupie ordinaire , on peut estimer un peu plus de j Irarirs celle dont il est questiou dans le testament de Cl. Martin.

on Ta fait traduire en français par MM. Martinet et Slé[)hano. J^a traduction (qui n*e8t pas toujours lics-('xact(* ) se trouve piacit" sur la page recto, vis-à-vis le texle anglais qui est au verso; et comme dans l'original plusieurs mots et même des IiL;nes étaient écrits au crayon, on les a impriiiîés en rouge : le loiil Idi ua; un volume in-4.° qui a pour litre : Tlic List will and testa" ment ofthe major gênerai CL Martin. — Dernière , volonté et testament du major-général Cl. Martin. A LyoHj de r imprimerie de BaHanclie père i L fils , an XI — àÔo5, gr, in-ly,* de 65 pages pour les pièces préliminaires et le testament , et 72 pages pour les tableaux à colonnes détaillant les legs et la fortune du testateur. Le volume a donc i55 pag. Il comuience par l'arrêté de M. le pré jet qui en ordonne Tiuipression; suit une note des traducteurs, qui annoncent que cet acte fourmille de fautes contre les principes de la langue anglaise, ete. ete. ; puis viennent les attestations de magistrats anglais sur lauthenticilé de iacte; enfin parait le testament , qui renferme trentequatre articles. Il commence ainsi :

« Dkrmèue volonté et testament.

» Faitetécrit par moi Claude Martin 9 général* major au service de l'honorable compagnie de rétablissement du Bengale, ayant détruit ceux que j'ai faits auparavant, ou désigné (sic) de les détruire, en cas que j'en aie le temps; déclarant ce présent testament être le seul auquel on doit ajouter foi, etc. etc. » (Ce préambule n'a rapport qu'à la suppression d aucieus tcstaniens , et il iiuit

DB CLAUDE MARTIN. 8l

par ces mots } : « Je les déclare nuls et d'aucuae force ou valeur, celui-ci étant fait et écrit par mol, sain d'esprit et en bonne santé, ce premier

jour de janvier, en Tannée mil huit cent ou 1800, témoins ma main et sceau , comme ci-iiessous et â la dernière page, ^igné Cl. Mautim. •

« Au NOM DU Dieu TOtT-PuissANT, du Dieu créateur de cet univers et de tout ce qui existe dans le monde , et à qui la louange et l'adoration sont dues : mes très-humbles et respectueux remerclmens soient admis aux pieds du Tout-puissant, sublime, inconnu, invisible et incompréhensible, pour le bonheur dont j'ai joui dans ce globe, pendant le temps que sa bienveillance habituelle me ra accordé \ commeaussi pour le motif et le temps qu'il ma accordé, eu iaisant et écrivant celui-ci mon dernier testament en faveur de ceux que cela regarde , dans l'espérance que cela sera eié- Cuté dans toute sa forme et teneur , en leur sou* haitaiit tout le bonheur possible dans ce monde et dans l'autre. Mes louanges les plus exaltées et mes remercimens les plus respectueux soient reçus par le Tout-puissant » créateur de tout ce qui existe , pour sa grande clémence envers moi pendantma vie; élaut miséricordieux pour tous, j'ai de grandes espérances qu'il me pardonnera, les péchés que j'ai commis, si sa créature peut en commettre { shigulière idée / ^ > et pour la négligence de ne 1 avoir pas adoré Coumic il m*a été ordonné dans mon jeune temps. Comme le lout-puissant, la lumière de la lumière, le créateur des créatures, le régulateur de tous, m'a

Su

TESTAHSITT

dirigé, gouverné et commandé ii^es passions, dirigé mes intentions, actions et mouvepaens, animé mon corps matériel, leqnel à ce temps écrit ces lignes; mon ame, possédée d*nn corps cliamel, laquelle je quitterai à son plaisir avec résignation, mais dans la plus grande espérance que le Tout-puissant créateur sera miséricordieux envers sa créature , et recevra mon ame dans sou sein, aûn qu'elle puisse jouir du bonheur et de la paix pour jamais , à jamais. Ainsi soit-il.

*» Article I. Toutes les femmes, domestiques mâles et femelles, eunuques et autres qui m appartiennent , et pour lesquels j'ai payé pour les avoir en propriété, à ma mort ou en quittant cette vie , je leur donne la liberté, et ils sont libres , â l'exception de ceux ci-après mentionnés, desquels j avais disposé en faveur de ceux sousnommés, les ayant acquis, achetés, élevés et instruits pour être les domestiques pendant la vie de ceux chez qui je les ai placés, ou donné lesdits mâles , femmes ou eunuques comme serviteurs pendant la vie de ces dames, et pas plus longtemps.

» L<»!qiiati« femmes «ons-nommées, co»m>e

aussi la jeime nommée Sally, à qui je laisse des legs, je les ai acquises, non pas comme esclaves, quoique j'aie payé pour tel; mais la somme que j*ai payée était un présent pour les paréos, afin que j'eusse droit sur elles, pour qu'elles ne soient pas réclamées par personne, £t celles-ci je les ai acquises pour être les compagnes de ma bonne èt mauvaise fortune, et elles étaient pour être avec moi pendant toute leur vie. Je les ai eues

]>£ G£ADDB MARTIN.

lorsqu'elles étaient dans leur enfance, et je les ai fait instruire aussi vertueusement que je l'ai pu; elles ont renipli mon intention à ma grande satisfaction. Puisse Dieu les récompenser ! elles sont innocentes (i'ancun crinne on péehé dout je suis coupable ; si elles eu ont commis en partageant mon lit, elles deraient» comme de leurs devoirs, de la complaisance à mon commandement. Ayant toute raison d être satisfait de leurs services , mes désirs sincères sont de leur donner une prompte récompëase dans ce monde. Lorsque f ai aussi acquis les domestiques mâles et femelles, et eunuques, je n'ai jamais eu l'idée de les rendre malheureux; mais au contraire je les ai acljuîs lorsqu'ils étaient jeunes et enfans, et ai pris soin d'eux en les acquérant, ayant perdu leurs pères et pareifiis. Ils ont jusqu'à ce jour été élevés sous mon toit, partaçfé m i bonne et mauvaise fortune; ) ai toute raison d être satisfait de leurs bons service^ et' attentions pour moi et de leur bonne con* duite. J'ai toujours souhaité de les récompenser pour ce que ci-dessus. Ma seule inquiétude est ridée que personne ne serait peut-être aussi intéressé pour lent bien-être » comme je le suis> après tn'avoîr perdu, et pour les protections et supports dont ils peuvent avoir besoin. En conséquence de ce , ma dernière volonté et ma plus ardente requête est que ces Messieurs que j'ai nommés pour agir comme exécuteurs testamentaires, voudront bien leur conférer les mêmes égards et amitiés ^qu'ils ont eus pour quelquesuns d eux , et de leur prêter toutes assistances et protections dont ils peuvent avoir besoin.

84 ZESXAMSNI

particulièrement sur ma fidèle 1111 o nommée Boulone ou Lise, qui m'd été très-iidèlcment attachée, et de laquelle je n'ai |amai8eu le moindre «u|et de me plaindre depuis que je Fai acquise, qui était alors âgée d'environ neuf ans; l'ayant fait élever et instruire comme mon propre enfant, avec la plus stricte décence, et la plus complète éducation orientale; lui ayant fait apprendre à lire et à écrire la langue persane , â être stricte dans la religion à laquelle je trouvais qu'elle a strictement adhéré, comme aussi à la plus pure vertu de fenkme envers son mari ^Tayant tou|our8 considérée et aimée comme telle, et comme la femme la plus chaste et la plus vertueuse; requérant, comme je l'ai dit, trcs-particuUprement, que mes exécuteurs testamentaires auront soin de voir que les dons personnels et ai^gent, etc., que je lui ai alloués, lui soient fidèlement payés, et qu'elle soit protégée partout ou elle préférera de taire sa résidence, ainsi que l'autre femme et les autres ci^après mentionnés, afin qu'ils puissent jouir de cette protection et de ce support que je leur ai donné lorsque j'étais en vie; ayant pris soin d'établir sur elle et sur les autres par ceci ma dernière volonté et testament, comitie par les lois établies chez les nations civilisées. Ce pouvoir existe dans les actes écrits ou dernière volonté et testament des défunts. Cette volonté ou testament écrit est mon propre acte, écrit par moi-même, et signé à la fin de chaque page, et en entière liberté, bonne santé et sain d'esprit, et par lui je coniniande et dirige comment et de quelle manière mes terres , maisons et biens

mobiles et immobiles , et tous â moi appartenant^

que j'ai acquis avec honneur et réputation pour moi-nieine; et, comme j'ai dit, je commande et dirige par ceci ma volonté et testament , de payer , donner et administrer à ceux à qui î'e donne et lègue, pour marque d'égard et satisfaction, reconnaissance et services à moi rendus, et plus particnlièremeut à la lîlle ci-dessus mentionnée, nommée Boulone ou Lise, pour laquelle )'ai 1^ plus grands égards et aifectton, comme aussi pour les autres comme ci-après mentioimés. Pour ces raisons et considération, je désire qu'aussitôt que j€ serai mort , la somme de 400,000 sicka-rupées > eu quatre lackes de rupées soit mise de côté, liors de la meilleure parlic de lua fortune, et soit placée â intérêt dans les fonds les plus sûrs, pour que ledit intérêt puisse serw â payer les donations et pensions par mois, comme ci-après mentionnées par leurs différens articles , conune on peut le voir , etc. etc.

( Ce premier article est fort long, l'auteur y entre dims le détail de ses biens; La nomenclature en serait fastidieuse pour le lecteur; nous ayons peut-être trop prolongé l'extraiL de cet article , qui n'en renferme cependant que la moitié. Nous allons passer rapidement en revue les trente-trois autres, ne nous arrêtant qu'à ceux qui regardent le legs de Lyon , ou qui offrent quelques partie cularités singulières. )

» Art. il Je donne et lègue à mon aimable fille, nommée par ses parens Boulone, sur^ nommée Lise par un Français nommé Carrier, de qui je l'ai achetée, je , dis-jç , lègue et

donne à ladite fiUe Bouionc ou Lise, la somme de 25o sicka-rupees par mois, faisant par an la Bomme de 5ooo sicka-rupées , pour lui être payée par mois ou par quartier, sans aucune déduction de commission de change batta , ou autre quelconque; je dis sicka-rupées, je veux dire 1( s sickarupées du lieu où elle peut résider ou iiabiter, et cette somme doit lui être payée ou à ses ordret, sans qu'Hrsoit nécessaire ponrellede comparaître. •

(Le testateur lui donne en outre 260 sickarupées par an pour ses habilleniens. Il fait encore un grand éloge de cette fiiie, ^n'ii avait eue du nommé Carrier , depuis 1 776 : elle avait alors neuf aiis. Elle n'a jamais voulu quitter Cl. Martin, qui lui avait plusieurs fois proj>osé de se marier. Il entre ensuite dans des détails sur ce qu'elle pourra foire après qu'il sera mort, sur son logement, etc. ) •

« Art, 111. Je donne et lègue à une jeune fille, dite être fille naturelle du colonel Harper, que |e consentis de garder et de feire une pension à vie à ladite fille Sally , je donne et le^ ae la sonune de 200 sicka-rupées par mois , 2400 par an , plus i5o sicka-mpécs pour son habillement, etc»

> Art. IV. Je donne et lègue â une fille nommée Maria, surnommée Daye ou Barkebibe, 3o sickarnpées par mois, 7)6o par an, pour lui être payées pendant sa vie; plus, 100 sicka*nipées par an pour son habillement, etc.

* Art. y A la fille nommée Kariman,

même souune.

9 Art. VI et VIL.., A une fille nommée Pana, qième somme A une fille nommée Gomany,

fiosur de la fille Bouloneou Lise, même somme.

» Art. yill. A une fille uommée Animaa, soeur de la âUe JBouloDe, âo sicka-rupées par mois et loo pour soa habtUement* (Il lui recommande sa petite-fille Sally. ) »

Ensuite viennent des legs à un nommé Zulpheckar qu'il a lait élever ; à sou t rèrc Amodbeg; à leur mère; à ses domestiques femelles; â ses eunuques Mabout et Amber , et à une nommée Myaii Jawar, qui sous des habillemcns d'homme a toujours passé pour eunuque ; à ses domestiques mâles nommés Sans->Chagrinou Ghagripe» Dick» Année Seed, et Dick Coffiee; à son principal domestique nonuiic Matchow, et a ses frères Cliutta- Kadder et Rajabaliy , ainsi qu'à leurs parens Didarbox , Karinbox , Ramjan ^ Jamma et Amdow; enfin , A d'autres domestiques nommés Pirkan ou Perally et son fils Fazillaly, ainsi qu a Sultan et Kan ou Sobbow. Tous ces legs sont contenus dans les articles XI, XII, XIU, XIV, XV

et XVL Us sont tous plus ou moins foris , mais les plus forts n'excèdent pas 5o rupées et les plus faibles sool de 6 par mois, et toujours la somme annuelle pour rhabillement proportionnée.

Dans Tart. XVII, le testateur prescrit que la somme de 1 5,4^ sicka-rupées , formant le montant des pensions d'un an et de rhabillement, soit payée aussitôt après sa mort , par mois, sans délai, sur les premiers fonds qui se trouveront dans ses cofires.

Par I'art. XVIÏT, il prescrit d'acheter des mai- ^ sous , et il en règle 1 ordonnance et la diitribution, et désigne ceux auxquels elles sont destinées..

TBSXAMENT

L'abt. XIX est consacré â des dons de différeiites gommes qui seront payées aussitôt après sa mort, aux personnes que nous avons déjà nommées, telles que Boulooe, Sally, Mark, Kariman, Pana, Gomany, Animan, etc.

A Fart. XX , il lègue à sou frère de père, Louis Martin , 40,000 sicka-rupées; même somme à un autre frère, Pierre Martin; à chacune de ses sœurs de père, 3o,ooo sicka-rupées; ilen nomme trois, Fleurie Martin, Madeleine Martin et Fran^ coîfte Martin. « Toutes ces sommes, dit-il, doivent être payées en Europe, à leur lieu de résidence, sans aucune déduction de change batta et commission, évaluant la sicka-rupée sur le taux de deux schellings six sous anglais. » 11 fait aussi des dispositions en faveur des enfans de Louis Martin, et il donne à cdiui-ci sa terre de Charbonnières. 11 n'oublie pas non plus quelques pauvres parcns éloignés.

Art. XXL Encore une donation de différens' revenus, terrains, maisons, bois d'arbres roangoe, et même d'un magasin â poudre, aui filles Boulone et Sally. Il finit ainsi cet article assez long;

Je requiers qu'aussitôt que mon inventaire sera Hait, toutes boites ou paquets scellés et adressés à quelqu'un, soit aux filles, soit aux amis, ils leur doivent être délivrés sans les ouvrir, et tous les articles de joyaux d'or et d'argent ou pièces d'étoâes que je puisse mentioniier dans la liste de mes efiets doivent être délivrés â ceux auxquels fe les aurai adressés. » (Dans l'article suivant Fauteur parle de ses senliniens religieux , des erreiurs qu'il a pu commettre dan$ ce^enre et des nom««

DE CLAUDE JtARTIN* 89

breuses aumônes qu'il se propose de faire pour les réparer. Oii va voir que les raisonaeineus et le style de Claude Maptin répondent à son orthodoxie; et tout en avouant ses anciennes erreurs, il en commet denouvelles qui sont iDconcevables.)

« Art. XXH. Depuis que le puissaiit créateur de toutTunivers et de tout ce qui existe, me donna le pouvoir et la sagesse de penser, |e n'ai jamais discontinué de contempler et d'admirer sa sagesse dans la création et le gouveracnient de Tuaivers, et aussi les dill'érens globes , planètes , étoiles et firmament, choses incompréhjaisîbies À iintelU* gence faible deshommes. Je fus né et âevéâ croire â l'existence d'un bon régulateur de tout le monde et de tout ce qui existe, bienfaisant à tous, de quelques religions ou sectes ^'ils puissent être; étant obligé par reconnaissance de le remercier pour sa miséricurde envers moi, je 1 adorais comme mon bienfaiteur tout-puissant; mais plein de doute dans la manière de l'adorer, |e le fis comme un enfant de la terre, quoiqu'élevé dans la religion catholique et romaine ; mais lorsque mes sentimeiis corporels m'attendrirent, je ré- « sumais les préjugés qui m'avaient été imbus par mon éducation pour le salut de i|ion ame immortéue. JeFadoraiscommeon me l'avait enseigné dans mon enfance, quoiqu évitant toute eérémonie sacerdotale. Mais comme encore beaucoup de doutess'élevaient dans mon esprit, )en ai jamais cessé de minformer du vrai sentier de la religion, et d'adorer Dieu, le créateur tôul-puissant , et ,de m'eiforcer d'apprendre la religion des autres pations et sectes , afin que je puisse j uger par moi-

QO T £ S T A M £ M

inèmn ; ol quoique Je trouvai la plupart des autres nations et sectes aussi ridicules dans leurs cérémonies' que dans la religion où je fus élevé (i) , cepiéïidattt i^ài trouvé une ressemblante dani^ les principes, que la substance de toutes les religions des nations et sectes que j'ai connues , possédait uïïe éaitte morale, et recommandait de fairetbut le-Mein posrible i toutes les aiitreit créflflui!e»i dliddrer m seul Bteu créàteui* dé tmt; «i'ètie

charitable envers toutes les autres créatures, de £siire pénitence pour ses péchés ; en un mot chaque |»rm£Îpéd#wligicai 5 tous aussi égalemei^ hônê^ qu Wcùn des diflfëretites sectes de la rdi^oft chréli( nne : et comme je suis né catholique romain, sur quoi beaucoup a été dit, je meurs sans avoir OU uueune me de laichanger pour aucune autrf&y Comblé ^dl trouvé que toutes, lies auMs allouaient les mêmes bons principes , quoique dérogeant en cérémonies , je meurs dans celle-ci. J'espère que le Tout-puissant me pardonnera sera miséricordieux envers moi , pour ne pas avoir suivi toutes les cérémonies rècomnnndées dans cette religion , ayant eu pour principes de prier et d adorer Dieu ^ le créateur 4^ tous , et d'agir avee^ les àutres créatures coéÉm^Vaufuis sonliaiCé qu'on eàt agi àvec* moi. Uleurs de même , comme je 1 ai déjà dit ; mais je dois avouer

(i) Il est difficile de trouver dans un même individu autant de conftance en Dieu, réunie à dos idées aussi absurdes sur le culte. C'est le résultat de l'alliance d'une crasse ignorance avec la présomption, compare inséparable du théisme.

DE CtAQDS MABTIlf* 9I

â ma propre honte, que j'ai mal suivi les règles, même celles que j ai mentionoées cî-dessus; me confiant an Tout-puissant , créateur de tous , qui connaissait mes bonnes et mauvaises intentions, j'espère d'être pardonne par lui pour mes négligeoces, et si j'ai erré du vrai sentier du salut, ce ii'a été que par la multitude d'opinions qui se sont élevées en moi , pauvre et faible créature; déclarant, comme Dieu le sait, qur j ai adoré et cru en un seul Dieu , créateur de tous et misé-» ricordienx envers sa créature; désirant de faire tout le bien possible à toutes les autres créatures, comme fils du uitiiie pèrc-Dicu. Mais soit que l'orgueil, rinatteution, la négligence, ou queTavarice m'aient (ait dévierde ces principes mentionnés d'actes charitables , et souhaitant de cpmpenser pour la négligence d'actes charitables, n'ayant pas eu lo temps, ou la grâce divine n'ayant pas opéré sur moi pendant ma courte vie, quoique le grand-Dieu miséricordienx m'ait gardé en vie aussi longtemps, et m'ait fait échapper à mille et mille dangers auxquels j'ai été exposé, suivant ma profession , et ne pouvant imaginer une meilleure^nanière de rembourser pour ma négligence ou avarice , qu'en faisant l'action qui sera men-' tioniiéo ( i-api\s, espérant que le créateur entendrala voix de ses créatures, afin que leur prière puisée influer dans mon travail , si au contraire mes seules espérances sont que le Tout-puissant sera miséricordieux et plein de miséricorde pour ma pauvre ame.

' » AiiT, XXllI. Je donne et lègue la somme de cent cinquante mille ru j>ées pour être placée en

intérêt do la manière la plus sûre dans la compagnie des Indes , et être employée en faveur des pauvres , ayani d'aboy^d divisé cet intérêt en trois portkms m parties. Ùne p^iptei doit^Mvir au soulagement des pauvres de Encknov^V^ quelque religion qu'ils soient, préférant la chrétienne ^ rbiodovif. Celle-ci doit être régie ou distribuée^ pair des pênes ehrétieos M prêtres, soit enihollr ques roiAains , soit prolestoiil eu musulmaB mol* lah. Cette charité doit être faite en nature , soit ^r^ns, (Etrioue cuite ou p^ cuite, et être délivrée aux pajtfirres i à uae heure fixe dttunliii , et près dulieuoù mon tombeau ou monunmtser^ëgngé( et dans ce lieu il y aura une inscription sur une pierre de marbre ou autre mentionnant la charité et mon^ nom; afin que Ton com^aisse le donatO)ir et la somnie' établie pour cette ebatiU , de eetle manière : La soitins ds* i5o,ooo stckAi-rupées est

LE DON DU MAJOR-GÉNÉRAL MaRTIN , NÉ A LyON , DONT lIkTÉR^T.DOIT EXEE piSTAIBlili aH)URN£LLEUEttkj|l»L

PAUVRES ni^J^WII^^ m?iTinnl. Jbequ^MAiit magistrat piiMé^ii Bmbob gmvemaiit 1e^^^s<^

de protéger cette charité, afin qu'on n*en abuse pas et qu'elle soi| faitç. Une autre poiCtM>JOk 4e cet iptérét doit êtrf onployée pour les pi|iMii di» Calcutta 9 et être régie et distribuée par k oui^ de l'église anglaise, en observant de faire fixer une insc|:iption gravée sur une pierre, contre la muraille de l'église, sembbdi|fi â la .pré<Q4|^t« ^(^^lÉUçkDOjif • projet de cf|t« inscrii^ioD éUÉân

que^cela ne soit jamais oublié La troisième

portion de l'intérôt doit servir pour le soulagement des pa^i^y^tei^de.Cbanderaagor^et doîfcêtrer^ie

DX GIAUDS MARTIN.. q5

par le chef de 1 église française soit curé ou prêtre , pour être -diitribuée aux pauvres près la porte de Téglisé de Cbandemagor, et à ce lieu d'y faire poser une iasciiption Ljruvée en français, comme celle de Calcutta qui sera eu anglais, et celle de

Lucknow en persan et en indien ( Suivent

des dispositions pour les frais de distribution. )

• Art. XXIV, Je donne et lègue la somme de 500,000 sicka-rupées ( pour fonder une institution ou établir une école dans la ville de Calcutta, etc. Comme cet article est à peu-f rès

roééie pour les détails, que le suivant qui re- ^rde un semblable établissement dans la ville de Lyon , nous préférons rapporter presqu'en entier celui qui intéresse davantage les Français. )

t Art. XXY. Je donne et lègue la somme de 200,000 sicka-rnpées , pour être déposée dans les fonds à intérêt les plus sûrs de la ville de Lyon en France, et régie par les magistrats de cette ville, sous leur protection et contrôle. Cet intérêt doit servir à établir une institution pour le bien public de cette ville, et lacadémiede Lyon doit donner le plan de la meilleure institution qui puisse être constamment soutenue avec l'intérêt

provenant de la somme donnée L^institution

doit avoir le nom de la Martinière, et avoir une insGiiption £ûte au-devant de la maison d'institution, portant : Institue far le génébal-major

Martin, néle janvier 1735, a Lyon, qui

MOUBUT LE ET ENTER RK A Cette in-

stitution doit é t r e (Hab lie su r la pl a ce St. -Saturnin , étant Tendroit où j'ai été baptisé ; d'y acheter ou bâtir une maison pour cela ; et de marier deux

g4 TESTAHENT

fiUes chaque année, â chacune 200 livres tournois, outre environ 100 hyres pour les frais de mariage et de la féte de çeux qui domhtêtre mariés. Ou si c'est une institution pour instruire un certain nombre de gare ous et filles , alors il doit y avoir unsermon et un dinei* pour leMiii^uis de récole et izeui qui doivent être marié^'^^^t'ïlé^ doirent boire ira toast en mémoirederinstituteur; et une ivk daiile de la valeur de cinquante livres doit être donnée , avec une récompense en argent ou en effets, de la il^leur de deui cents livres,» iaiûf garçon ou à la fille qui aura été la plus yèr^leinsiél et qui se sera le n«ieux comportée pendant le cours de l'année; et aussi une récompense de la valeur de cent livres pour le ou la seconde qui^ se sër» le mieux comportée; et aussi une troisième récompense d'environ soixante livres pour le ou la troisième qui se sera le mieux comportée. J'espère que le magistrat de la ville protégera TinstitutiOB, Dans le cas que la somme ci-dessur domnée de 200,000 sicka-rui^ées ne soit pas suffisante pour un intérêt propre à supporter Tinstitution et acheter ou bâtir une maison , alors je donne et lègue une somme additionnelle de io^oàà siokarupéès , ' faisant 260,000 • sicka-rupées. Un de mes parens malcs résidant à Lyon, peut être fait administrateur de l'exécuteur (1) testamentaire, îoint avec quelqu'un nommé par le magisintt , pour être régisseur de ladite institution , et ces

(1) La traductioh porte : administrateur et exécuteur; c'est une faute. Le texte anglais dît positivement : Jd-' minhtraiiir of eoecutcr.

BS CLALDS MAKXIN. g5

régisseurs doivent avoir une commission économique pour leurs peines, ])rise sur Tlutérét de la somme ci-dessus mentionnée. Je donne aussi et lègue la somme de quatre mille sicka- Tupées, pour être payce aux magistrats tle la ville de Lyon, pour libérer des prisons autant de prisonni^s que la valeur de cette somme peut s'étendre , et de tels qui sont détenus pour petites dettes, et cette libération doit cire faite le jour du mois que je mourus, afin que le souvenir du donateur puisse être connu, et que le majorgénéral Martin fsa est l'instituteur, et qu'il a donné la somme de 4iO0o sîcka-rupées pour li- ' bérer quelques pauvres prisonniers. Ceci je le mentionne pour qi^e cela soit connu, et aiîn que que si c'était négligé, quelque personne charitable le fasse connaître aux magistrats de Lyon , pour qu'ils puissent obliger mes exécute ur s testamentaires, administrateurs ou substituts, de payer la somme dite ci-dessus et d'être plus réguliers dans leurs paiemens. •

L'art. XXYI porte que dans le cas où les pensions données aux femmes et autres désignés dans les articles depuis II jusqu'à XVil , viendraient à ne pas être payées par quelques cas imprévus, on prendrait sur les fonds affectés aux aumônes pour les payer.

Dans Fart. XXYII , il indique ses maisons et propriétés foncières qui ne doivent pas être vendues et celles qui doivent l'être.

Art. XXVIII. Il donne 5,ooo sicka-rupées aux magistrats de Calcutta pour payer les dettes de quelques pauvres débiteurs, surtoutdemilitaires.

96 TBiTAMBNT

parce que luî-ménie l'est; il ajoute 1,000 rupée^ pour distribuer à de pauvres prisoimiers restant en prison.

Art. XXIX. Il donne de nouvelles penéions à

diilérentes femmes, telles que 10 meka-fupées par mois aux pauvres femmes du colonel PoHer, dernièrement décédé; 20 sicka-rupées à Deor« dana, veuve de Michel, écrivain; 1 5 sicka-rupées à la mère de la fille Sally; puis 20 siçka-rupées à chacune pour habillement.

« Abt* XXX. Lorsque je mourrai. . . , je requiers que mon corps soit salé , mis dans de Tesprit de vbk ou embaumé; et après déposé dans un cer^ cueil de plomb , lait de quelques feuilles de plomb de mon godown ; ce cercueil doit être mis dans un autre cercueil de bois lait avec des planche» de sissoo de deux pouces d'épaisseur, et il doit être déposé dans le caveau de oion mouumcat ou maison de Lackparra, appelée Constantia; dans ce caveau et dans la petite chambre ronde au nord-est, on doit ériger un tombeau élevé d'environ deux pieds de terre et y déposer le cercueil. Le tombeau doit être couvert d'une pierre de marbre avec une iuscription mise audessus de mon nom, MAJOE-oéniRAL (Clauds Martin, né a Lyon , ie.» db janvibk 1755, abrivé

DÀ^s lInde comme simple soldat, ëi mort a

LE mois de dans l' ANNEE EX SNXEERÉ DANS

CE TOMBEAU. Pbiez POUR SON AME« Je requicrs que mes exécuteurs testamentaires nomment mes

lidclcs domestiques Matchow et son frère Cliutta- Kadder pour prendre soin d(; mon cercueil ou tombeau tant qu'ils vivront; et ils pourront nommer à leur mort ou lorsqu'ils ne se trouveront

BE CLAU]>E MAHTIN. 97

pas en état de le faire, deux autres personnes pour agir comme deroga ou gardien du tombeau. Je donne et lègye â chacun d'eux trente sickaiiip< < s par mois, ce qui irra 7:>o rupées par tui, pour être payées tous les mois ou par quartier et pour toujours* Ën conséquence, mes exécuteurs testamentairesdoÎTent placer à intérêt une somme principale et suflisaulc pour produire cet intérêt de 7 à 800 rupées par an pour payer ce salaire pour toujours à ces deux hommes oit leurs des* cendans qui doivent avoir la garde ou sur-inten* dance du tombeau , et des domestiques y attachés,

coniinf il sera mentionné ci-après » (Le reste

de l'article est consacré à de nou?elles construc^ lions de bâtîmens, dopt il charge son fidèle Matchow, et qui appartiendront aux deux filles Boulone et Sali}'. Elles y demeureront quand elles voudront. « Ils ne doivent pas être loués ou occupés par personne honnis par ces deux filles et leurs femmes domestiques , gardes et autres domestiques que j'ai d ( signés pour ces bâlimens. Ils doivent être attentifs à leurs devoirs et obéir à ces deux filles Boulone et Sally, comme leurs maîtresses sous tous les rapports. Pendant la saison du Iruil mangoe et autres fruits du jardin de la maison et du jardin potager, un ou (Jeux paniers doivent leur être envoyés tous les jours, comme aussi tout autre herbage pour l'usage de leur table, comme cela m'était envoyé joumel* Itinent, ainsi que des roses ou autres lleurs..... Si ces deux filles meurent et désirent êtte enterrées près démon tombeau, un monument convenable doit être érigé pour elles à mes dépens^ 2. 7

99 TESTAMSNÏ

j\Iais si elles préfèrent d'être enterrées dans quel* qu'autre Heu, le mouument doit être érigé aux dépens de mes biens et ne doit pas excéder deux, mille rupées pour chacune; et les réparations de leurs tombeaux ainsi que du mien doi?ent être &ites annuellement à mes dépens »

» Akt, XXXL Dans le cas que je meure avant que ma maison de JLackparra ou Constantia soit entièrement finie, )e requiers mes exécuteurs testamentaires de faire finir ladite maison avec toutes ses dépendances ou autres bàtiuieus, murailles ou autres comme j'expliquerai ci-après; ou si j'ai le temps de faire un plan régulier , et une élévation de tout ce que je désigne bâtir, de ' » suivre ksdils plan eX élévation tels qu ils paraîtront, Néanmoins je mentionnerai ici ce que j'ai rintention de bâtir , ence qui regarde la maison et le terrain aux environs de ladite maison, et le tout à mes dépens. >• (Tci le testateur entre dans de grands détails sur toutes ces constructions, parmi lesquelles il y en a de destinées à un collée, d'autres destinées à un serray pour les yoyageurs. Il consacre à ces divers objets 200,000 sickarupées, et j)lMs s'il est nécessaire. )

» Art. XXXIL Pour tenir la maison de Lackparra ou Constantia comiùe collège pour l'instruction des jeune^gens dans la langue anglaise, et prriulro soin de mon tombeau, ce qui fut positivement la raison pour la bâtir, voulant d'abord la faire faire pour mon tombeau ou monument , et une maison pour une école ou collège pour enseigner aux jeunes gens la langue anglaise et la religion chrétienne s'ils y étaient enclins.

D£ GIAUD£ MARTIN.

Mal» comme la maison est sur un plan aussi étendu , elle peut servir aj^rès ma mort pour l<)g< r un certain nombre d'étraugers venant tous les |ours à Lucknow, mais ils ne doivent jamais y rester au-^elà de deux mois , afin de faire place a d'autres ctrani^^ers "

Le testateur eutre ensuite dans le détail des domestiques qui doivent être attachés â ces ('^ablissemens et fixe leurs appointemens par mois; fes^ plus élevés vont â 4 ou 5 rupées et les moindres a 2. Les dénominations fie ces domestiques ne sont pas faciles à entendre pour nous ; il y a des cbdckidars, des frashes ou callassies, desporteurs, des balayeurs, un besty, des mavrlies, etc. ; mais j y vois dans une note un passage assez sinc^ulier; il y est dit : « Les chockidars sont pou r soigner les voleurs et autres , et tenir tout en bon ordre* » Je croyais d*abord que le mot voleurs était, par une faute d'impression, pris pour voyageurs, mais l'anglais porte bien robcrs. Alors il est présun(iable,'^fij||>;le ISfon Martin aura pris le mot soi-' gnét pét3^*surveiller^ car on ne peut pas croire qu'ft iât étendu sa philantropie jusqu'à recommander les voleurs à des soins particuliers. Le testateur parle ensuite des personnes qui seront piépasteau collège, puis au soin et â la garde de ra» tombeau.

' ' Pour le collège , il y aura :

Deux maitres de lecture anglaise, à 6o rupées par UMus.

B«itx maîtres de persan, à 3o rupée^ Quatre précepteurs pour les deux, â 20 rupées.

Deux mollahs ou prt très, pour faire la prière aux écoliers, à 20 rupées.

Pour papier, encre, livres , etc., par mois, 5o nipées. ^

Quatre domestiques pour l'école, l'église, etc, à 5 rupées.

Deux balayeurs, â 5 rupées.

Deux porteurs d'eau, besty, à 5 rupées. ' Huile, chandelles, lo rupées.

• Le tout fait 4^6 rupées par mois.

Pour prendre soin du tombeau :

Deux mollahs, â 20 rupées, ou un prêtre , à 5o rupées par mois.

Deux balayeurs , à 3 rupées.

Deux frashes ou callassies, à 5 rupées.

Un besty pour lesdits , à 5 rupées.

Huile et chandelles, 10 rupées.

Pour choses casuelles, 2^ rupées.

, £u tout 106 rupées par mois.

Le reste de l'aHicle contient des dispositions

pour régler toutes les dépenses et en confier la surveillance, Tordre et le paiement, à un surintendant européen ; c'est un sieur Joseph Quei~ rose qui est désigné, s'il veut s'en charger; sinon, on en prendra un autre. Mais ici , comme à presque toutes les pages de son testament, il recommande à tout le monde la pl u s grande soumission, les plus grands égards aux filles Boulone et Sally, qui , étant les objets constans de son affection et de sa sollicitude, peuvent être considérées comme ses héritières. 11 parle aussi beaucoup dans cet article de sa fabrique d indigo, dont il charge M. Queirose, en lui donnant une part dans le bénéfice de cette branche de commerce

Abt. xxxni. Il nomme, dans cet article, pour

exécuteurs tcstamenlaiics, MM. Joseph Queirose^ la raison de commerce de MM. Barber, Palmer, MM. Jacques-Maximin De?erinne et fils , ta raison de commerce de MM. HamOton et Aberdeen. Il les char^^c d*exëcuter ponctuellement tous les articles de son testament; de placer et déposer tout son argent comptant, papiers et autres précieuses propriétés dans le trésor de Thonorable compagnie des Indes ; de placer toutes les diffé^ rentes sommes mentionnées dans le testament, à intérêt, dans les fonds de la compagnie, ou acheter du papier portant intérêt, comme étant les fonds les plus sûrs. Ou si Jamais l'honorable compagnie cessait de recevoir de l'argent à intérêt, il prie alors de les placer dans les tonds anglais portant intérêt. £n un mot, de prendre toutes les meilleures mesures pour assurer la propriété , de ses biens, afin que les différentes pensions, dons, établisscniens et autres puissent être régu- Itèrement payés. U veut en outre que son frère Hoiiis Martin soit joint comme un de ses exécuteurs testamentaires , administrateurs, substituts ou curateurs, et à son défaut, il nomme son neveu fils de Pierre Martin, ou tpijMLautre en due suécéssion , dit-il , afin d*aToir ufiflH païens !ftÀnt i PeTcécution de son testamc^^ll requiert M. Joseph Oucirose de traduire ledit testament et d'en envoyer un à ses parens .en français et un â M^ Deverinne. Il parle ensuite des comptes où sa fortune est établie , et il semble la résumer à une somme qui ne iiie |>arail ])as facile à comprendre : Trente-trois cEiM mille six cent quatre-

lOd TESTAMENT

TINGT MILLE 8IGKA<^EUP£ES* PuU il COUtioUe : tToUS

mes comptes seront trouvés dans mes bureaux ,

, comme par la liste de M. (en blanc). Le grandlivre montrera ce qui m'est du et ce que je dois , et toutes autres propriétés dans Tliule et dans l'Europe. » Enfin il dit peu après : « S'il y a un surplus d'environ cent mille livres sterling ou f iivirou dix lackes de sicka-rupt es restant de mes Liens, ce susdit surplus doit être divisé de telle manière pour augmenter les différens établis* semens de Calcutta et de Lucknow^ afin qu'ils soient permant i]s cl qu ils existent toujours. II donne de plus 100,000 sicka-rupées pour l'en^ trctien du collège et autres écoles , à établir dans les bâtimens et autres de la maison de Constantia; et 4^000 rupées pour libérer anhueUement de$ prisonniers pour dcUes à Lucknow.

« Art* JiXXlY et dernier. Après ma mort je requiers , et je donne et l^ue une paire de bracelets d'or pur y devant peser quarante mohor d'or, d'y faire graver mon nom, mou âge et le jour que je mourus. Ladite paire de bracelets doit être donnée à la fille Boulone ou Juise, et ^no paire à la fille Sally, une paire à la fille Maria , une paire à la fille Pana , une |)aire à la fille Kaiiman; une paire de la même lorme pesant trente mohor d'or, pour être donnée à la fille Animan y et à Amany et Gomany , sœurs deBou^ lone, A tous les pensionnaires par moi mentionnés dans ce testament, une paire de mauccs ou au-p neaux d'argent pour le bras, pesant 5o sicka* rupées chaque ; et à Matchow et son frère Kadder, à çbacuQ upe bague de pierre précieuse , de U

DE CLAV0S UAKTIN. toS

valeur do 5oo sicka-riipées chaque. Atissî une bague de la valeur de 10.0 rupées à chacun de mes parens mentionnés par leur nom dans ce testament ; et à tous les autres domestiques , gar* çons et lillcs, une paire de l)racelets pesant JO sicka-rupées chaque ; et à tous mes exécuteurs testamentaires une bague de la valeur de 1,000 sicka-rupées pour chacunv Environ un cent d« bagues de deuil doivent être faîtes pour être-distribuées à mes amis que je mentionnerai dans une liste de plusieurs autres présens qui doivent être faits-: et |e mentionnerai aussi plusieurs articles de ma maiison- quî doivent être donnés à des personnes pour qui j'ai beaucoup d'estime, ce que je requiers d être exécuté. 11 est enteudu que mes e^cécutenrs testamentaires seront payés d# la commission ordinaire , eu comme- la cour suprême le croira nécessaire , pour la peine d'exécuter ponctuellement tous les articles de ce testament , écrit par moi en parfaite santé et sain d'esprit, ce premier janvier, dans Vannée de notre Seigneur dix*huit cent. Sîgné-^ scellé par iiiui. »

Cl. Martin.. (L. S..).

Fait devant moi W*." ScoTx. Res.* LucknoWt.

Témoiot de ma sfgnatore et sceau. Signé et scellé devant nous, oit on ne peut point avoir de papier timbré.

D. LiîMSDEN, cap.' dans l*honGral)l€ coinp iiiîiic.

J^. lUiD, cbirurg. idem.

Tel est le testament de Cl. Martin, extrait et analysé sur la copie imprimée en anglais et en français. Chacune de ces langues a 59 pages grand i M- j . • d'impression , c'est-à-dire 78 eu to lalité pou r le testament, et 5 pour le titre et les pièces pré-* liminaires ; en toiit 83 pages.

Quant aux 72 pages de comptes ou tableaux à colonnes qui suivent le testament, c'est-à-dire 56 en anglais et 5(i en français Tis-à-«vis, il serait difficile d'en donner l'analyse» Nous nous bornerons donc à en présenter les résultats.

Les quatre premiers tableaux sont relatifs à toutes les dispositions testamentaires dont nous avons parlé drdessus; toutes les pensions , les dons, les frais d'établîssemens y sont rapportés avec le montant de chacune. Ces quatre tableaux offrent en résultat que les pensions à payer par mois, avec leur total par an, montent à . 5g,76os.-K.

Que les établissemens mon*

tenta 1,0749<^00

Que les sommes à payer une fois seulement, vont à • . . . 295,300

!■ I IIP

€e qui devrait faire un total

dé 1, 4^99 8» -"R.

Et cependant le total , dans le compte , ne monte qu'à 1,509,060. C'est une erreur de calcul* Le testateur ajoute six lackes desicka^mpées pour élre placés à intérêt et pour payer les dilFé rentes pensionsannuellesouparmois.C'estdonc 600,000 rupées à ajouter au total ci-dessus, ce qui devrait produire 2,009,060 sicfca-rup. , etnon i ,909,060,

DE CLÂtJDE MARTIN, 105

comme i! est porté à la fin du quatrième tableau.

Ces quatre tableaux signés par Martin , étaient joints au testament , et il y avait sur Tenveloppe:

« Ce papier doit être ouYert aussitôt que pofl* » sible après là mort du général-^major Martin, » et ne doit être ouvert qu'en présence du ré- » sident de Luckuow, ou sou député» et deux » autres témoins. »

Signé CL Maetik.

Si le général Martin est mort le i5 septembre , on n'a pas perdu de temps pour remplir ses intentions, car nous trouvons après la suscription

ci-dessus, Técrit suivant :

« Ce papier a été ouvert par moi le 1 4 septembre lÔoo , en présence de M. J. Reid et M. Mutel, et trouvé de contenir (sic) le testament du majorgénéral Martin, en 80 pages, ayec un extrait annexé de 9 pages , comme aussi qualrc balances du grand-livre séparées.

» Signé VV." Scott, résident Ludknow. »

Les cpiatre balances en question sont :

1.* La balance (en 4 tableaux ) de 1 795 â avril 1796; on y voit que toute déduction faite de ce que pouvait redevoir le ma'|or Martin, il lui était redû i 25, s.-K. 3, 3.

Et que Tétat de sa propriété au 1." mai 1796 est de « 5,664,161 s. *B. 10, 4*

â.* La balance ( en 9 tableaux ) du 3o avril 1796, portée jusqu au i."mai 1797; elle n'établit pas le total des créances de Cl. Martin, niais elle {mrte l'état de sa propriété au mai 1797 9

106 XESTAjlENX

à 3,1 30,980s.-». Il, 3,

3/ La h ikince (en S tableaux) du 5o avril 1797 au 1." mai ; elle offre taut eu dettes qu'ea créances un pariait équilibre, dont le montant de part et d'autre est de. . 100,991 8.-R. 4» 7*

A la suite du compte estécrit^en lettres rouges, c eât-à-dire au cra^ ou sur ie testament :

« M. Ml/TEt,

» Ce compte de balance diffère tant de celui de » 1 796 à 1 797 , que je requiers qu'un état de ma

» pro|)riélé soit l«iit comme celui de 1 796 à 1 797, » faisant de telles déductions ou estimations » comme est écrit en marge.

» Et a la fin un extrait ou ^ comme cela est » nommé, uu résultat de compte par lequel 011 » voie uu extrait réel , et nou pas un entier comme » il parait dans' celui-ci , et a paru dans Tannée » de 1796 à 1797.

Cela est écrit de la main de Cl. Martin ; et audessous , on lit en encre noire les mots suivans t

• Lu ce 29 octobre iSoo. »

N. P. Rbbs.

GiERG, lecteur.

f\ . " La balance (en 9 tableaux) du 00 avril Î798 jusqu'au 1." mai 1 799; elle n'établit pas le mon* tant des créances de Cl. Martin, mais elle, porte Fétat de sa propriété à. . 49383, i83 s.-r. i5, 7.

Ainsi se terminent les quatre , balances de comptes qui étaient )oiutes au testament de CL

Martin. A la suite on trouve, sur )a dernière pap^e, verso, (lu volume 10-4.°, ce qui suit eu anglais et en iï auçalâ :

« Cour suprême, etc. , ecclésiastique, etc.

» Testament et feuilles de comptes attachés et » la vérification accordée à Gavin Haniiltou et 9 Alexandre Aberdeen, deux exécuteurs testa- » mentaires, etc., le 16.* jour d'octobre lôoo.

i Vérification accordée à Jean Caulfied , an des 9 exécuteurs, etc. , le 21 octobre 1800.

» Yériflcation accordée à Jean Pahner, un des » exécuteurs, etc., le 24 octobre 1800.

9 Vérification accordée à Joseph Queirose, un 9 des ejcécuteurs, etc. , le 6 décembre i8oo«

» Signé Taylor et Li.oyd, 9 Procureurs de la cour .ecclésîaâtique. »

Enfin , cette dernière page est terminée par la déclaration des sieurs Martinet et Stefian , pro-

fesseui s de langue anglaise à Lyon , qui affirment sous serment pardevant M. le maire, que la traduction du testament ci^dessus est parfaitement et littéralement conforme à l'expédition authentique qui leur a été fournie en langue anglaise.

Lyon , le 8 frimaire an XI ( 29 novembre 1 802). Signé Martinet et Steffan. Légalisé, signé Rambaud-Brossb, adjoint; puis Bursaux-Pusy, préfet du Kbone.

Page 1