‹ Choix de testamens anciens et modernes, remarquables par leur importance, leur singularité ou leur bizarrerie; avec des détails historiques et des notes (volume 4)Chapitre 12 sur 91 · DE FR.-CHR. WINSLOW · texte numérisé non relu

DE FR.-CHR. WINSLOW

M. Frédéric-Christian Winsldw, né en i^Sâ^ était conseiller d'état, professeur de chirurgie etchevalierdel ordre (](^ Danebrog, Ses outrages sur la chirurgie ont été traduits dans presque toutes 1^ langues de TEurope^ 11 était petitneveu du célèbre anatomiste Jacques-Bénigne Wînslow ; il est mort à Copenliague , le juin

Son testament, par lequel il a disposé de sa succession montant à peu près à 37)Ooo écus, n'offre qu'un article assez singulier. Il ordonne

que ses chevaux de carusse soient fusilh s , pour qu'après sa mort ils ne soient pas tourmentés a. 8

Il4 TSSTAMBNT^efC.

par ceux qui pourraient les acheter. Toutes les au« très dispositions de son testament sont marquée» au coin de la bienfaisance. En Toici quelquesunes : 11 donne 20,000 écus à rHôpital-Frédéric , pour établir des lits deâtinés aux iofirmes qui doivent être traités gratuitement.

11 lègue son cabinet de chiruif;Ie , d'anatomie, et sa bibliothèque 9 à Tacadémie de chirui^ie de Copenhague.

11 accorde mille écus à Thopital de Saint-Marc , pour deux lits destinés à de vieilles infirmités.

Il donne pareille somme de mille écus aFinslttut d*accou elle meut pour Tentretien des vieilles * sages-femmes.

£nfin le reste de sa succession doit être par-^ fagé entre THopital-Frédéric et flnstitut d'accouchement.

Toutes ces clauses annoncent un homme bien* faisant et sensible. Celle qui est relative à se» cheyaux n'est pas non plus tout-4-£3dt étrangère è la 6ensU>ilité. Ses craintes sur le sort futur de ces animaux étaient sans doute bien fondées , mais le remède n'était-il pas pire que le mal? et cette disposition de son testament n*a^t-elle pas réuni les deux extrêmes, la sensibilité et la cruauté ? Elle a sans doute été le résultat d'ime profonde réilcûon.

ÏESTAMEKT DE M. PERTUIZOT.

Novs devons la connaissance de ce testament à M. Patris de Breuil , de Troyes , notre conirore à racadéiiiie de Dijon, qui nous a déjà donné , comme on la vu précédemment , beaucoup de preuves de son obligeance. Le testament donl; il est ici question est tiré d'un manuscrit assez sinç^iili< T dont il a lait la découverte, et sur lequel il s'exprime ainsi :

« Un avocat de Lesmont près Brienne-le* Château , qui s'est occupé tour la fin de sa vie de travaux agricoles , M. Pierre-Edme Pertuizot, a laissé , sous le titre de testament civil , un Recueil de 537 pag. , feu tn^S.*, inédit 9 où il traite d'objets d'économie rurale et domestique , auxquels il a mêlé des détails d*histoire naturelle , de questions judiciaires, de morale et de méta** physique. Ce Recueil est terminé par le testa-^ ment de mort de Tauteur» >

M. Patris donne ensuite un résumé sommaire du testament civil , qu'il fait suivre du testament de mort. Voici les objets qui composent le premier, ou plutAt le Recueil d'observations en tous genres de M. Pertuizot, car ni pour la forme ni pour le fonds il n'y a rien de testamentaire ; il est cependant bou d'en parler parce qu'il donne une idée des dispositions de Tesprit, des connaissances , et même du caractère un peu original du testateur, qui ne s astreint à aucun ordre dans le Recueil en question.

llQ lESTAMEKI

11 débute par des observations sur VéduCattoU des enfans ; puis survient un avis aux pauvres gens de la campagne sur réconomie, et sur la culture de la pomme de terre pour suppléer le blé dans les années de disette ; ensuite on trouve la maiiitrc d'augmenter sou bien par l'exploitatiou , des conseils sur le temps propre à semer. De là, il passe brusquement à des réflexions sur les athées , sur la certitude métaphysique , sur rorganisatinii des corps et de la \ic, et sur les êtres matériels. Viennent ensuite des détails sur .les prairies artificielles , les bois, les terres^ l'agriculture, les plantationlï, les accrues, les allu\iuiis j les arbres à fruit. A propos des noyers que les gelées font périr , l'auteur combat Fopinion de Newton sur la destruction du globe ; ici il le prétend périssable , non par le feu , mais par le froid; ailleurs H le prétend indestructible. Apres cela il traite de la vigne , des vendanges et de la manipulation du \in , avec des réflexions sur l'abus que l'on fait de cette liqueur, dbs conseils et des exhortations sur son usage , 4inr les habitudes à prendre dans la Jeunesse, sur les passions et sur la manière de se faire aimer .et estimer dans la société. Il rapporte des exemples de superstition et de crédulité populaire. Il s'oc* cupe ensuite de la matière des procès, de la manière de les suivre et de les juger. 11 passe des tribunaux à la religion , et remarque qu'il a été dupe de ceux de ses domestiques qui en manquaient. Cet article est suivi de remarques sur les baux à loyer, sur les réparations locatives, sur la mitoyenneté des baies et des fossés ; le tout est entre-

DE P.«»X» PSATUIZOT* 11^

mêlé de réflexions sur le mariage et sur les plané* tes, étonnées sans doute de se trouver là. Un article

assez loiig tait mention des choses extraordinaires que l'on remarque dans la. nature , et dont les causes et les effets sont oecultes, comme le magnétisme animal , les antipathies , les frayeurs causées par 1 imagination , les découvertes d'animaux trouvés vivans dans des pierres et des arbres. L'explication de ces divers phénomènes par l'auteur ei0 suivie de réflexions sur la natartion , sur hi chasse au fusil , sur des oiseaux qu'il regarde comme pensans et doués de quelques idée^ pjbôlosophiqiies ( i qui ne sont que ce que nous nommons instinct ; sur la réalité de la pré?-

[i) Ce- testateur se rencontre ici avec M. Dupont de

Kcmours, qui, en 1807, lut à Tlnstitut plusieurs mémoires sur le langage des oiseaux et sur la laculté qu'il leur alU'ibue de se comprendre entre eux aussi bien que les hommes : il cite à cet égard bd pi opre expérience danslesforélsderAriu rique. Celte étrange assertion fournit dans le temps aux journalistes le sujet de beaucoup de pkusanleries , surtout au sujet de la traduction de la langue des rossignols , des corbeaux, etc. On n'avai! pas trouvé moins singulier le mémoire que M. Dupont avait lu à rinstitut le messidor an VI ( 1798 ), et à la fin duquel il 8*exprimait ainsi : « Partout. où rintelligence 9 se manifeste ) il y a un Dibq ; il y en a un dans le poly- B pCy peut-être plusieurs. Il y en a un dans Thuitre à » récallle ; il y en a un très-iespectable dans réléphant ;- » il y en avait un sublime dans Confbcius» etc. » Toutes ces belles choses sont recueillies dans Mémoires sur diférens sujets, ia plupart d'^stoire naturelle ou de physique générale et particulière, Paris > ii8o79 seconde édir

tion,. 1813,

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sence de Dieu par la foi , { ce qui n'empêche pas , dit-il, de faire le niai ) ; sur des incendies spoutâuées de Técononiie animale ; sur les maux causés par l'intolérance civile. Enfin des mâxi* mes morales et philosophiques, des proverbes, les mauvaises locutious usiLccs dans le pays, et, à cette occasion, des remarques sur ie langage, complètent ce iRecuefl.

L'aélèttr a inséré à la fin du volume Tobserw vation suivante : On trouvera sans doute sin- 9 gulier que j'aie parlé de plusieurs faits extra- » ordinaires dans ce testament civil : la raison » en est que les choses utiles et communes ( qui » forment le fonds de ce même Recueil ) , ne » présentent souveut pas assez d intérêt par elles- » mêmes pour se faire lire. J'ai pensé qu'il fal- » lait dédommager la curiosité de ceux qui en » prendraient la peine , par l'exposé de quelques » phénomènes qui offrent heaucoup à penser » aux physiciens et aux philosophes.... Tant pis » pour ceux qui Q*y verront rien d'intéressant. »

Il est teifips d'arriver au véritable testament de l'auteur. Le voici, par extrait, tel qu'il est écrit en partie de sa main , dans le Recueil en question»

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