DE MARIE-ANTOINETTE. 7I
que cet évanouissement lui dérobât l'horreur du moment fatal. A midi et quart le sacrifice fut consommé , et Marie-Antoinette partagea la couronne immortelle du roi-martyr.
Disons un mot sur la découverte du testament de cette auguste princesse. Il y a apparence que la sensation qu'avait produite la publication du testament du roi, détermina les comités à ensevelir dans un profond oubli l'acte à peu près semblable que la reine fit avant d'aller à la mort. Cependant Fouquier-Tinville, à qui l'on remit cette pièce au moment où sa victime quittait la prison , y apposa sa signature ; et il est présumable qu'il déposa la lettre au comité de salut public ou entre les mains de Pvobespierre; elle fut trouvée, après le supplice de celui-ci, dans ses papiers; et Courtois ( 1 ) , chargé de faire un rapport sur ces papiers , enleva cette pièce et la conserva
(1) Courtois, receveur du district à Arcis-sur-Aube, membre de l'Assemblée législative et delà Convention, fit ce rapport le iG nivôse an III (5 janvier i^rgS); il est imprimé en i vol. in-S.", de 4o8 pag. Mais on n'y trouve rien de relatif à la reine. Courtois fut nommé membre du Tribunal après le 18 brumaire an VIII ( 9 novembre 1799 ) , et en sortit après la première élimination. Puissamment ricbe, il acheta un hôtel et un jardin magnifiques; il possédait une superbe bibliothèque, riche .surtout en aviteurs et poètes latins modernes. Il fit aussi l'acquisition de la terre de Montboissier qui appartenait à la fille respectable du vertueux Malesherbes (a) y et par une de ces bizarreries inconséquentes du cœur hu-
(a) Cette dame, la dernière des Silos de M. de Malesl>erbes , est morte à Paris, le i6 avril 1827.
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soigneusement chez lui jusque vers le milieu de février 1816. Ce fut alors que Courtois, forcé de s'expatrier en exécution de la loi sur l'amnistie du 12 janvier 1816, échappa quelques mots sur la lettre de la reine. On fit des perquisitions chez lui, et on y trouva non-seulement cette lettre, mais encore plusieurs autres effets qui avaient appartenu à Marie-Antoinette. Le tout fut remis sous les yeux du roi, et S. M. ordonna que l'on communiquât cette lettre à la chambre des pairs et à la chambre des députés; que de plus on eu gravât le fac-similcj et qu'on en remît un exemplaire à chaque membre des deux chambres. C'est ce que l'on avait déjà fait pour le testament du roi.
main, cet homme qui avait condamné le roi, offrit son hommage aux mânes du défenseur de ce prince. Il érigea un moniiment sur lequel on lisait l'insciiption suivante qui est de sa composition :