DE P.-IS. TU ELU S SON
tcmbrc 1826 , par conséquent très-poslOricurs à ceux qui ont l'ouriii lesnoliccs précédentes, nous donnent, dans l'article suivant, et l'état de la famille appelée à la succession , et la récapitulation de l'histoire de cette succession extraordinaire.
« L'épouse de l'honorable Arthur Thélusson vient d'accoucher d'un fils à Ribberfordhouse , dans le \\ orcestershire. Cet événement est fort important, en ce qu'il fixe le sort d'une des plus grandes fortunes qui aient jamais existé, et reporte l'attention sur le singulier testament de feu M. Thélusson, dont nous allons parler avec détail :
» Pierre-Isaac Thélusson était natif de Genève, et s'était établi à Londres , où il avait fait dans le commerce une immense fortune. Il mourut à Rastow, dans le comté de Kent, le 21 juillet 1797, laissant trois fils et trois filles. 11 donna par son testament cent mille livres sterling à sa femme et à ses enfans ; mais ses immenses propriétés du Yorkshire et le reste de sa fortune montant à environ cinq cent mille livres sterling, furent confiés par lui à des tuteurs pour qu'il en fût fait emploi jusqu'après la mort de ses fils et de ses petits-fiis , ce qui formait une période de temps d'environ cent vingt ans , pendant laquelle on avait calculé que le fonds primitif, par l'accumulation des intérêts , s'élèverait à 1:40,000,000 steiT. [ 5,500,000,000 fr. (i)]. Alors
(1) Cette accumulation d'intérêts me rappelle un acte de vente assez singulier de la part d'un Anglais qui pos-
s'il n'existait pas de descendant malc , cette étonnante fortune devait devenir la propriété de l'Etat, et accroître l'amortissement sous la surveillance du parlement. Ce testament fut vivement contesté par la famille du défunt, mais il fut maintenu par un décret de chancellerie: seulement et postérieurement, sur la proposition du chancelier Rosslyn , intervint un acte qui défendait de semblables dispositions , et une accumulation si extravagante d'une fortune privée.
» On voit par ce qui précède , si la naissance de l'enfant mâle de sir Arthur ïhélusson a dû être un événement en Angleterre. »
Puisqu'il est ici question d'un testament où la quotité de la fortune entre pour quelque chose dans sa singularité , nous en citerons encore deux traits modernes qui peuvent aller à sa suite.
C'est, 1." celui de M. Rundell, bijoutier de Ludgate-Hill , dont la validité a été attaquée au
séclait vine belle propriété dans le comté de Norfolk ; il eu lirait , par an , 5,ooo liv. st. ( environ 120,000 fr. ), et cependant il la vendit pour cinq gainées ( à peu près 125 fr. ) Quelqu'un à qui l'on racontait ce trait, en faisant observer que ce vendeur était un des meilleurs calculateurs de Londres, s'écria : C'est un fou. — Pas si fou , répondil-on ; sachez que l'acquéreur ou plutôt ses hériliers ou ayant-cause ne doivent entrer en possession de cedouiaine que dans trois cent soixante ans; et le vendeur a calculé que les cincj guinées, placées à intérêt pendant ce temps, ainsi que les inlérôls (|u'elles produiront, formeront à cette époque un capital de 1,510,720 liv. st. ( ou environ 52,/|2G,28o fr. de notre monnaie ).
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commencement de la présente année ( 1827 ). La fortune qu'il a laissée est telle , qu'il en a coûté 1 5,000 liv. sterl. (375,000 i'i\ ) pour frais de timbre seulement. Ses immenses propriétés mo- ])ilières, qui présentent une valeur de 12,000,000 liv. sterl. ( 288,000,000 fr. ) , ont été distribuées entre ses neveux et ses nièces. Le principal légataire est M. Neale de iNorfolk-Street , qui a reçu /|00,ooo liv. sterl. ( 9,600,000 fr. )
2.° Le testament du sénateur ^I. J. Jeniscli, banquier à Hambourg , mort le 29 janvier 1827 , est encore à citer. Il a laissé à ses enfans ime fortune de 1 1 ,000,000 de marcs banco ( environ 22,000,000 fr. ). Son père, également sénateur à Hambourg , lui avait laissé en mourant une fortune de i5o,ooo marcs (environ 5oo,ooo f. ) ; des entreprises heureuses et une sage économie ont produit cet immense résultat.