‹ Choix de testamens anciens et modernes, remarquables par leur importance, leur singularité ou leur bizarrerie; avec des détails historiques et des notes (volume 5)Chapitre 9 sur 136 · L'AUTEUR · texte numérisé non relu

L'AUTEUR

j)lelte à l'armée. La reine, en souriant, lui dit qu'elle trouvait sa béquille si indigne de lui, qu'elle espérait bien en obtenir le sacrifice. Rentrée chez elle , Sa Majesté fit partir M. Campan, son garçon de chambre, pour Paris , avec l'ordre d'aclielcr chez le fameux Germain , la plus belle canne à béquille en or émaillé qu'il put trouver , et lui ordonna de se rendre de suite à l'hôtel du maréchal de Villars, et de lui porter ce présent de sa part. Il se fil annoncer cl remplit sa conunission. Le maréchal, en le reconduisant , le pria d'exprimer toute sa recou-

Il paraît qu'il tenait beaucoup à cette comparaison bibliotechniquc^ car, dans un petit fragment sur la mort et sur la vie future j il dit : « Ainsi comme j'existe dans ce monde , je crois

» que j'existerai toujours Et malgré tous les

» inconvéniens auxquels la vie humaine est as- » sujétie, je n'ai rien à objecter à ce qu'il soit » fait une nouvelle édition de la mienne , espc- » rant toutefois que l'on y corrigera les errata V de la première. » Et dans ses Mémoires , il se reproche l'impression d'une petite mauvaise dissertation qu'il avait composée, connue un des errata qu'il voudrait corriger dans sa vie, s'il lui était donné de la recommencer.

On sait quel a été l'enthousiasme pour Franklin , à l'issue de la guerre d'Amérique , lorsqu'il était encore en France. Ses travaux scientifiques

naissance à la reine, et lui dit qu'il n'avait rien à oftVir à un officier qui avait l'honneur d'appartenir à Sa Majesté , mais qu'il le priait d'accepter son vieux bâton ; qu'un jour peut-être ses petits-fils seraient bien aises de posséder la canne avec laquelle il commandait à Marchiennes et à Denain. Comme on s'en doute bien, M. Campan mit le plus grand prix à ce bâton , et il a été conservé depuis ce temps avec vénération dans sa famille. Au trop fameux lo août ( 1793 ) , la maison qu'occupait M."' Campan sur le Carrousel, à l'entrée de la cour des Tuileries, fut entièrement pillée et en grande partie brûlée. La canne du maréchal fut jetée sur le Carrousel , à raison de son peu de valeur, et ramassée heureusement par le domestique de M."" Campan. » On ignore dans quelle main elle est maintenant. M.""' Jeanne-Louise- Henriette Genêt, veuve Campan , née le 6 octobre 1752, est morte le 16 mars 1822.

et surtout sa découverte du paratonnerre , le firent admirer des savans ; et le succès de sa mission pour l'affranchissement des Etats-Unis le fit porter aux nues par tous ceux chez qui l'esprit de liljertc fermentait déjà. Son buste se trouvait partout, soit sculpté, soit gravé (i), et l'on avait mis au bas ce vers qu'on attribue à M. Turgot , et dans lequel l'auteur a voulu rendre hommage au savant et au fondateur de la liberté de son pays :

Eripuit cœlo fulmen, sccplrumque tyranuis.

Ce vers est fort beau, mais la première partie eripuit cœlo fnlmcJi était déjà connue. Elle n'est ni dans Virgile ni dans aucun auteur classique ancien , comme quelqu'un a voulu me le soutenir ; elle est tirée d'une prose de la iNativité de la sainte Yierge aux vêpres , dans des heures de Besançon , appelées Curé-de-Pin , où l'on trouve

Eripuit cœlo fulmen , Demisit in terras luQien, El iguem ad inferos.

]Mais cela n'ôte rien au mérite du vers que l'on attribue à M. Turgot.

Franklin est mort à Philadelphie le 1 7 avril

(i) Madame Campan raconte à ce sujet, dans un de ses ouvrages . une anecdote assez plaisante , par laquelle on apprend que Louis XVI fit faire à la manufacture de Sèvres un vase, au fond duquel il fit placer le médaillon de Franklin , ri dont il fit présent à Madame la comtesse Diane ( de roliguac ).

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