‹ Choix des Composés bismuthiques dans le Traitement de la SyphilisChapitre 7 sur 25 · UTILISÉS · texte numérisé non relu

UTILISÉS

Le nombre des composés bismuthiques français actuellement en vente dépasse la trentaine.

Il eût été parfaitement impossible de tenter ne fût-ce qu’une seule série de recherches sur chacun. d’eux.

Au demeurant, notre but n’était pas de faire une comparaison quelconque entre des composés commerciaux d’une même famille, mais entre les différents groupes de préparations les plus employées.

Parmi les composés actuellement en usage, il existe

des sels minéraux et des sels organiques, soit insolu-

bles soit solubles, le bismuth colloïdal, le bismuth précipité, et des associations de bismuth au mercure ou à l’arsenic.

Nous nous sommes adressés :

1° Pour les injections intra-veineuses :

À un tartro-bismuthate de sodium et de potassium

soluble;

À un bismuth colloïdal.

2° Pour les injections intra-musculaires :

Aux deux composés solubles précédents et en outre:

À un bismuth précipité, en suspension en milieu

isotonique ;

. . .# À un tartro-bismuthate de sodium et de potassium, en suspension huileuse ;

A un iodo-bismuthate de quinine, en suspension huileuse;

À un oxyde de bismuth, en suspension huileuse;

A un phosphate de bismuth, également en suspension huileuse. |

3° Pour les nt ;

Au sous-nitrate de bismuth;

Au bismuth colloïdal:

À une association d’azotate de bismuth et de calomel,

D'autre part, nous nous sommes servis pour nos expérimentations des filles de notre service à Saint-

Lazare qui n’avaient pas reçu auparavant de traitement bismuthé.

Leur jeunesse était un sûr garant du bon fonctionnement de leurs emunctoires: nous n’avons d’ailleurs pas trouvé d’albuminuriques parmi elles.

D fees

Enfin, pour éviter des erreurs grossières, les urines émises pendant les périodes menstruelles ont été recueillies par sondage.

En possession des urines à examiner, il nous restait à faire la recherche par un procédé aussi précis que possible.

Les méthodes qui permettent la recherche du bismuth dans les matières organiques sont nombreuses.

Citons parmi les plus employées actuellement :

La réaction micro-chimique de Deniges, qui permet d'opérer directement sur le liquide à examiner.

La réaction au chlorure stanneux.

La réaction à l’hydrogène sulfuré.

La méthode électrolytique.

Nous n’en discuterons pas la valeur. Nous ne sommes pas chimistes, nous n’avons donc aucune qualité

pour cela.

Notre camarade Bugeard a bien voulu mettre au point notre technique un peu hésitante au début; il nous. conseilla d’employer la méthode qu’Aubry a décrite pour rechercher le bismuth dans les humeurs et plus particulièrement dans l’urine.

Cette méthode présentait pour nous un gros avantage : employée par la plupart de ceux qui, -avant nous, ont cherché le bismuth dans l’urine, elle permettait de comparer les résultats obtenus de part et

d’autre.

re

Aubry se sert d’un réactif indiqué par Léger en 1888, il a simplement substitué à la cinchonine de cet auteur le sulfate de quinine: Ce réactif est sensible au six cent millième.

Cependant on lui fait le gros reproche de n’être pas spécifique.

À la vérité : au contact des oxydants, il est décomposé et donne alors un précipité qu’un manque d’habitude peut, à la rigueur, faire confondre avec celui du bismuth.

D'autre part, le fer, l’antimoine et d’autres métaux peuvent également donner des précipités.

Ces causes d’erreurs doivent être évitées -dans des manipulations correctes.

Nous avons opéré de la manière suivante :

Nous avons préparé un réactif frais pour chaque nouvelle série de recherches s'étendant sur une journées

Dans 10 cm3 d’eau distillée, on verse un gramme de sulfate de quinine, on ajoute deux à quatre gouttes d'acide sulfurique, jusqu’à dissolution complète.

Le liquide présente alors une fluorescence bleue.

On ajoute ensuite deux grammes d’iodure de potassium, on complète à 100 cm3, la dissolution est immé-

diate : le réactif est prêt. Il a une teinte légèrement jaune.

On peut encore conserver séparément les deux solu-

tions de quinine et d’iodure de potassium et ne les Fa U ER mélanger qu’au moment de les utiliser.

Quoi qu’il en soit, il importe de se servir d’un réactif frais. ;

Nous avons ensuite traité les urines de la manière classique :

Prise d’essai cinquante à soixante centimètres ÉHDES

Evaporation et dessication à feu doux en présence de un gramme de nitrate d’ammoniaque (peu importe - d’ailleurs la quantité exacte de ce sel), pour favoriser la destruction des matières organiques. La capsule est alors portée au moufle, chauffé au rouge sombre pour calcination complète jusqu’à cendres totalement blanches.

Pendant ces manipulations, le bismuth urinaire s’est transformé en nitrate puis en oxyde de bismuth. très stable à la chaleur. Che

Les cendres sont reprises environ par quinze centimètres cubes d’une solution d’acide azotique à 10 0/0 portée à l’ébullition jusqu’à réduction des deux tiers, pour éliminer les vapeurs nitreuses.

La liqueur acidulée est enfin filtrée, puis refroidie. C’est après refroidissement seulement qu’on verse le réactif. |

Au contact de la liqueur bismuthée, il se produit immédiatement un précipité rouge orange d'iodobismuthate de quinine.

2 21 er

Ce précipité a certains caractères qui le différencient de tous ceux que peuvent produire la décomposition du réactif par un oxydant : Il doit se produire instantanément. Il est rouge orangé — par conséquent ni rouge brique, ni jaune, ni brun — et quand la coloration n’est pas très intense, on distingue très nettement une prédominance du rose sur le jaune dans la teinte orangée.

D'ailleurs, pour ne pas faire d’erreur, il faut éviter le fer (et le sang), le cuivre, le plomb, l’antimoine ; par conséquent on ne doit jamais employer dans les manipulations d'instruments métalliques.

Il faut : utiliser un réactif frais: chasser, dans la reprise des cendres par l’eau acidulée, les vapeurs nitreuses par une ébullition suffisante; avoir soin de refroidir la solution à examiner avant d’opérer la réaction.

Il faut aussi éviter que des traces de bismuth ne restent dans les capsules et après nettoyage soigneux, on doit, avant une nouvelle recherche, faire un essai préalable à l’eau acidulée sur la capsule présumée propre.

Tous ces soins de manipulation ont une importance primordiale et nous n’avons eu garde de les oublier au cours des recherches que voici :

HR 25 ae Voie intraveineuse

OBSERVATION I V... Jeanne, 25 ans.

Reçoit une injection intraveineuse de 3 ampoules de bismuth colloïdal.

Soit 2 centigrammies 97 de Bismuth métal.

Avant d'injection (Recherche du Bi dans EEE SE ce En EM RES PRES al

’ 1/4 d'heure après l’injection

1/2 heure après l’injection

Une heure après l'injection

S1x heures apres l'injection .-.........:.

Vingt-quatre heures après l'injection Deux jours après l'injection

- Trois jours après linjection

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