‹ Choix des historiens grecsChapitre 131 sur 286 · LIVRE ï, CHAPITRE \L · texte numérisé non relu

LIVRE ï, CHAPITRE \L

qoedecottlume» cô bruiUmportun. Le prince, accable de foligues, ne s^ëveillait point; ce* pendant incommodé par ses cris , il él^dit la main pour l'écarter : mais loin de s'envoler» die vint se percher sur sa téie, et De cessa de chanter qae lorsqu'il fut entièrement éveillé. Frappé de ce prodige, il consulta le devin Aristandrô de Talmisse y qui répondit que sans doQte un ami d'Alexandre lui dressait des embâches , mab qu'elles seraienè découvertes : que rhirondelle était la compagne , ramie. de l'homme; et le plus babili&rddes oiseaux.

Alexandre rapprocha alors ce discours du devin de celui du Persan; il envoie aussitôt Amphotère * vers Parménion , avec quelques habitants de Pergues, pour le conduire. Déguisé sous le vêtement des indigènes , Amphotère se rend en secret près de Parménion , expose de vive voix sa commission ; car on

n'avait pas cru que la prudence permit de la ments , entourée d'un faible rempart. Déses

conGer par écrit. Le traître est arrêté et Jeté en prison.

Alexandre, quittant la Phasélide, fait mar* cher une partie de son armée vers Pergues , par les montagnes oh les Tbraces lui avaient montré un chemin difficile, mais bien plus court ; il mène le reste leJong<des cOtes. On ne peut suivre cette dernière routé que sous la direction des vents du nord; lorsque le vent du midi règne, die est impraticable. Contre tonte espérance , et non sans quelque foveur des dieux , ainsi que le crurent Alexandre et sa suite , les vents heureux s'élevèrent plutêt que lés autres , et favorisèrent la rapidité de son passage.

An sortir de Pergues , les principaux des Aspendiens vinrent à sa rencontre pour lui soumettre leurs villes, en le priant de ne point y mettre de garnisons. Ils l'obtinrent; mais Alexandre exigea cinquante talents pour le paiement de ses troupes , et les chevaux qu'ils foumissaieut en tribut à Darius. Ils souscrivirent à toutes ces conditions.

Alexandre s'avance vers Sidé; ses habitants sont originaires de Gumes en Éolie : ils racontent une chose étrange sur leur origine, que leurs ancêtres , qui abordèrent de Cumes en ces Neux , oublièrent .tout à coup la langue

> FOi <r Ataundre, ft^re de Cratère.

grecque , et parlèrent une binguébarbare, qui n'était point celle des peuples voisins i mais qui •leur était propre, et les diatingne encore des natioqs qui les entourent. ^

Alexandre ayant jeté dansSidé une garnison, marche sur Syllium , place fortifiée , défendue par les troupes des barbares, par 4es étrangers -* soldés, et à l'abri d'un Coup de main. Il apprend en roule que les Aspendiensne tiennent aucune des conditions convenues ; qu'ils ont refusé de livrer les chevaux à ceux envoyés pour les recevoir, et de compter Fargent; qu'ils ont retiré tous les effets Je la campagne dans la ville, fermé leurs portes aux députés d'Alexandre , et mis leurs murs en état de défense. Il tourne aussitôt vers Aspende. Cette ville est assise sur un roc escarpe, et baigné par TEurymédon. Sur la pente et aux pieds du rocher s'étend une partie assez considérable de bati-

pérant de s'y maintenir, les habitants les abandontfèrent ù l'approche d'Alexandre , dont la première opérationTut, en arrivant, de fran« chir le rempart , et d'occuper les lieux qu'ils venaient de quitter. Ainsi menacés inopinément par Alexandre, et cernés par toute sonarmée, les Aspendien&lui envoj èrcnide nouveaux députés pour offrir d'acquitter les stipulations précédentes. Alexandre, considérant la position du rocher , et quoique peu disposé à faire un long siège, ajouta cependant de nouvelles conditions; . qu'ils auraient à livrer en otages les principaux de la ville, le nombre de chevaux promis , et le double des talents stipulés ; qu'ils reconnaîtraient un satrape du choix d'Alexandre; paie^ raient un tribut annuel aux Macédoniens , et feraient terminer en justice le différent élevé entre eux et leurs voisins , sur la possession d'un territoire qu'on les accusait d'avoir envahi. Ces conditions accordées , il retournera Pergues , et passe dans la Phrygie ; il devait s'avancer sous la ville de Telmisse, occupée par des barbares qni tirent leur origine des Pisidiens : elle est élevée» sur une hauteur escarpée et inaccessible , où la route même pratiquée est exttêmement difficile; car le mont s'étend depuis la ville jusqu'au chemin, oii il finit. En face de celui-ci s'élève un autre mon t aussi escarpé de sorte , qu'ils forment une barrière de chaque côté delà route, dont il est facile de ferme^ie

passive , en gardant les hauteurs avec les moindres forces. Ceux de Telmissç les occupent avec toutes leurs forces rassemblées.

A cette vue, on campe, par ordre d'Alexandre 9 comme on peut. Il pensait que les barbares , à l'aspect des dispositions des Macédoniens, ne laisseraient point dans ce poste toutes leurs troupes ; mais que la plus grande partie se retirerait dans la ville après avoir laissé quelques hommes sur les hauteurs : l'événement justifia son attente, Alexandre prenant aussitôt avec lui les archers , ses troupes légères , et les plus prompts des opiites , attaque le poste. Ceux de Telmisse, accablés de traits , l'abandonnent. Alexandre , ayant franchi le défilé , campe sous les murs de la ville ; il y reçoit les députés des Selgiens , peuple belliqueux, qui doit aussi son origine aux barbares de la Pisidie , et dont la ville est considérable. Anciens ennemis de ceux de Telmisse , ils venaient demander à Alexandre son amitié ; il fait alliance avec eux , et depuis ils le servirent à toute épreuve.

Le siège de Telmisse paraissant devoir traîner en longueur , il marche sur Salagasse, ville assez grande , habitée par les Pisidiens , aussi distingués par leur bravoure entre les leurs,' que les Pisidiens eux-mêmes entre les autres peuples. Ils occupèrent une montagne qui protégeait la ville, et qu'ils croyaient pouvoir opposer à l'ennemi comme un rempart. Alexandre dispose ainsi l'attaque : il place les hypaspistes à l'aile droite, qu'il commande; près d'eux, les hétaïres de pied s'étendent jusqu'à l'aile gauche, dans Tordre assigné aux cheEs pour ce jour. Cette aile est commandée par Amyntas • , protégée par les archers Thraces, sous la conduite de Sitalces; les hommes de trait et les agriens sont en avant de l'aile droite. La difficulté des lieux rendait la cavalerie inutile : ceux de Telmisse , réunis aux Pisidiens , étaient . rangés de l'autre côté en bataille.

Déjà les troupes d'Alexandre , gravissant la montagne, atteignaient les hauteurs les plus difficiles , lorsque les barbares fondent de leurs retraites sur les deux ailes, du côté où ils avaient le plus d'avaniage, sur Tennemi em-

< Filt d'Arabée.

EXPÉDITIONS b'ALEXANfiRË.

barrasse; ils dispersent les premiershommes de trait, armés trop légèrement pour faire réâ^ tance.

Les agriens tiennent ferme; ils voyaient s'approcher la phalange macédonienne , ayant à sa tête Alexandre. Dès qu elle eut donné , ces barbares, combattant nus avec des hpmmes armés de toutes pièces, tombent percés, ou fuient : on en tua cinq cents environ. Le plus grand nombre dut son salut à la légèreté de sa Alite, et il l'habitude des lieux. Les Macédoniens , qui ne les connaissaient pas , et chargés de leurs armures pesantes , hésitèrent de les poursuivre; mais Alexandre ne laissant point de relâche aux fuyards , les suit et s'empare de leur ville , n'ayant perdu que Cléandre , un de ses généraux , et environ vingt soldats.

Il marche ensuite contre le reste des Pisidiens, emporte d'assaut une partie de leurs places; les autres capitulent.

Il arrive en Phrygie , vers le marais d'Ascagne, où se trouve un sel fossile que les habiuints emploient au lieu de celui de la mer.

Au bout de cinq marches, il est devant Célènes. Cette ville est bâtie sur un rocher à pic , et gardée par une garnison de mille Cariens et de cent Grecs ^ sous le tx>mmandement du satrape de Phrygie. Ils députent vers Alexandre, et promettent de se rendre s'ils ne sont point secourus à un jour fixé dont ils conviennent. Alexandre trouva plus d'avantage dans cette condition qu'à pousser le siégé , vu la position inaccessible du fort. Il laisse dans la villequinze cents honunes de garnison , y passe dix jours , déclare satrape de Phrygie, Antigone* , et le fait remplacer par Balacre^, dans le eonunandement des troupes auxiliaires.

U se rend à Gordes , après avoir écrit à Parménion d'y venir le rejoindreavec son armée. Ce général l'amène, renforcée des Grecs de retour de la Macédoine, et des recrues conduites par Ptolémée\ Cœnus^ et Méléagre*, au nombre de trois cents chevaux et mille hommes de pied macédoniens, deux cents chevaux thessa-

■ Fib de PhUippe.

• Filid* Amyntas.

* Fili de Sélencos.

< Filf de Polémocrala.

« Fili de Néopttrfème.

liens 9 et cent cinquante Éléens sons la conduite d'Alcias d*Élée.

La ville de Gordes , dans la Phrygie , qui regarde FHeltespont f , est située sur le fleuve Sangaris, qui prend sa source dans les montagnes de la Phrygie 9 arrose la Bithynie tbracienne, et se décharge dans le pont £nxin.

Alcian'âre y reçoit des députés d'Athènes ;

< Arrien a ooofonda la grande Phrygie arroaëe par le SangariSy et dont la Galatie, où randen Gordium était iitné, devint un démembremeot, arec la petite Phrygie , connue davantage soua le nom de Phrygie an-deisua de rfiellespont, et dont la Troe^ foiaaii partie. Cette erreor en a produit plosieura autres, comme le remarque trèibien Gellarius. (S. G., f* 72.)

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