CHAPITRE PREMIER
Difertion maritime detPersea. — Prise de Chio, siège de Mitylène par Memnon, sa moK; capitulation de IfUylène. — Thymondas succède à Memnon. — Mouyements mariUmes; prise de boit y aisseaux persans.
Cependant Memnon, à qui Darius avait donné le commandement de toute la flotte * et des côtes maritimes , voulant porter la guerre en Macédoine^ et en Grèce, prit Tlle deChio* par trahison. Naviguant ensuite vers Lesbos, il passe devant Mitylène qui refuse de se rendre, 8*empare de toutes les autres villes de Lesbos, soumet rtle , et revient mettre le siège devant Mitylène ; il la cerne d'une double circonvallation qui s'étend d'un rivage à l'autre , et qui , flanquée de cinq forts , la bloque facilement du
■ Elle était èomposée de trois cents voUet. (Ûiodore,
* Cette diversion en Grèce ponrait seule sanrer l'Asie dnioug. Alors le yainqueur se serait yn (4>ligé d'ainndanner rAsie pour aller défendre son pays , on de diminuer considérablement ses forces pour y envoyer des secours. C'est le plan qn'Ànnil)aI suivit depuis, et qui pensa causer la perte de Rome.
' Elle iai livrée par Athénagoras et Apononide, de eonoe^t avec Pldsinus et Mégare; le gouvernement toi donné à ApoUoni^ et au traîtres. (Guri.i 4 , 5, IS.)
Arrien.
côté de la terre. Une partie de ses vaisseaux occupe le port ; le reste cependant stationne vers Slgrium , promontoire de Lesbos t garde ce passage qui est le plus facile , et en écarte les . vaisseaux de transport venant de Chio , de Géreste et de Malée y qui , du côté de la mer , auraient pu donner du secours aux Mityléniens : mais une maladie emporta Memnon ; sa mort fut l(^lus grande perte qu'éprouva Darius.
Autopbradates et Pbarnabase * , neveu de Darius , à qui Memnon avait donné en mourant son autorité , jusqu'à ce que le roi en eût décidé , pressaient vivement le siégé. Les Mityléniens, bloqués par terre , cernés du côté de la mer par une flotte nombreuse y députent vers Pbarnabase, et conviennent que les étrangers à la solde d* Alexandre se retireraient de leur ville ; que les colonnes oh des inscriptions attestent leur alliance avec ce prince seraient renversées; qu'ilsrenonvelleraient avec Darius le traitéd'Antalcidas ^ , et que la moitié de leur bannis ren-
* Filsd'ArtalMseeidolasoeardeParios.
* Les Athéniens et les :^;Mrtiate8, las de se miner réciproquement » s'accordèrent à fiûre la paix avec les teses (l*an 587 avant l'ère vulgaire). « Les conditions ftirent que toutes les villes des Grecs asialiqq/es rentreraient sons la domioaûon des Perses, ainsi que Oasomène et Caiypre;
trerait dans leors murs. Ces conditions sont acoeptëes : Pharnabase et Autophradates mettent garnison dans )a ville , sous le commandement du Rhôdien Lycomàde , établissent Diogine » un des exilés , tyran de Mitylène , et exigent une somme d'argent , dont une partie est arrachée de force aux plus riches, et l'autre imposée sur la commune.
Autophradates tourne ensuite vers les antres Iles , et Pharnabase conduit en Lycie les troupes étrangères ; cependant Darius envoie Thymondas ■* remplacer Hemnon dans le commandement de ces troupes ; Pharnabase les lui remet, et va rejoindre la flotte d' Autophradates.
Dès qu'ils sont réunis , ils détachent vers les Cyclades le Persan Datame avec dix vaisseaux, et cinglent vers Ténédos avec une flotte de cent voiles. Arrivés devant l'île , ^t entrés daps le port Boréal , ils envoient ordre aux Ténédiens d'abattre les monuments de leur. alliance avec Alexandre et les Grecs, et d^ faire la paix avec Darius , aux conditions du traité d' Antalcidas.
Ceux de Ténédos penchaient plus vers Alexandre et les Grecs; mais la position actuelle des affaires ne laissait espoir de salut que dans la soumission à la volonté des Perses. En effet, Hégëloque , chargé par Alexandre de rassembler une armée navale , avait encore trop peu de forces pour qu'on pût en attendre un prompt secours. LesTénédiens se rendirentdoncàPharnabase, plus par crainte que par affection.
Cependant Prolée *, d'après les ordresd'Antipater,avait rassemblé quelques vaisseaux longs de l'Eubée et du Péloponèse , pour couvrir les lies et la Grèce elle-même , si , comme on Tannonçait , la flotte des barbares tentait une invasion. Ayant appris que Datame stationnait devant Sipbne , avec dix vaisseaux , Protée se rend avec quinze à Chalcis, située sur TEuripe, et arrivé dès l'aurore devant l'île de Gythnus, il y passe la journée entière pour mieux reconnaître la position des dix vaisseaux ennemis, et
EXPÉDITIONS D'ALEXANDRE. sssyi.i.^
les frapper d'une plus grande terreur , en les attaquant de nuit. Parfaitement instruit de l'état des choses , n part dans l'ombre , fond au point du jour, à rimproviste, sur Datame, et s'empare de huit vaisseaux complètement armés» Datame, échappé aux pour suitçs de Protée , rejoint le gros de la flotte avec les deux trirèmes qui lui restaient.