‹ Choix des historiens grecsChapitre 138 sur 286 · LIVRE II, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE IV

se développer avec avantage. Le transfuge Amyntas * lui avait conseillé de ne point abaii^ donner celte position , que le nombre de ses troupes et de ses bagages devait rengager à tenir. Darius 8*y maintint d'abord; mais Alexandre ayant été arrêté successivement dans Tarse par la maladie » dans Soles par les jeux et les sacrifices , et dans les montagnes de Cîlicie par Texpédition coiitre les barbares, Darius prit le change sur les motife de ce relard et crut trop facilement ce qu'il désirait ; il prêta Toreilleaux flatteurs qui l'entouraient, et qui perdront toujours les princes : Alexandre , disaient-ils , effraye de l'arriv;^ du grand roi , n'oserait pousser plus loin : la cavalerie seule des Perses suffirait pour écraser l'armée des Macédoniens. - . "

Amyntas, au contraire : c Alexandre vieni dra chercher Darius en quelque lieu qu'il se » trouve : c'est ici qu'il faut l'attendre. »

L'avis le moins sage , mais qui flattait le plus, l'emporta. Peut-être la fatalité^ ne poussa-t-elle Darius dans un lieu ou il ne pouvait ni se servir facilement de sa cavalerie et de la multitude de ses troupes légères , ni étaler l'appareil de son armée , que pour préparci' aux Grecs une victoire facile. En çffet , les décrets éternels voulaient transporter l'empire de l'Asie, des Perses aux Macédoniens, comme il l'avait été des Assyriens aux Mèdes, et des Mèdes aux Perses.

Darius franchit donc le pas Amanique^ et marche vers Issus, ayant l'imprudence de laisser Alexandre derrière lui. Maître de la ville, il fait périr cruellement les malades qu'Alexandre y avait laissés. Le lendemain , il s'avance aux bords du Pinare.

Alexandre, ne pouvant croire que Darius l'eût laissé sur ses derrières , fait monter quelques hétaires sur un trîacontère ' pour aller à la découverte : à la faveur des sinuosités du rivage, ils découvrent le camp des Perses vers Issus, et reviennent annoncer à Alexandre qu'il tient Darius.

H assemble les s!ralè{jes ^, les ilarques et les chefs des troupes auxiliaires : c Rappelez-

* Fiis d'Anliocbi». Voy. ci-dessiu, p. ' Ti Daimofiion. Un génie , ditie texte. ^ BAUment à trente rAnes. - 4 Géoénm et cbeb de bataillon.

vous tous vos exploits et redoublez d fiance ; vainqueurs , vous allez attaqi vaincus : un dieu combat pour nous lui qui a poussé Darius à quitter de plaines pour s'enfermer dans cet « i étroit où notre phalange peut bien se i lopper, mais oti le grand nombre < i troupes devient inutile ; ils ne nous comparables ni en force ni encourage, i Macédoniens , endurcis, aguerris par i les fatigues des coiubats, vous marche ; tre les Perses et les Mèdes amolUs ( i longtemps par le repos et les plaisir i bres, vous combattez des esclaves. Les de chaque parti n'ont point le même i tage. Ceux de Darius se battent poiu solde misérable, ceux qui accompagne Macédoniens, pour la Grèce et volon ment.. Si Ton considère les auxiliaires , Thraces, les Péones, les Illyriens, les agi les plus forts et les plus belliqueux des pies de l'Europe, et là des Asiatiques éni et efféminés : enfin c'est Alexandre c<: Darius. Tels sont les avantages dans le * bat ; mais que d'autres dans le succès ! ' n'avez plus devant vous les satrapes de rius, la cavalerie du Granique, les vingt : soldats étrangers ; voilà toutes les force Perses et des Mèdes , toutes les nations leur obéissent dans l'Asie ; le grand roi même : cette journée vous livre tout ; commandez à l'Asie entière , et vos ne travaux sont à leur terme. »

Alexandre leur rappelle alors les victi qu'ils avaient remportées en commun, foi ressortir les exploits de chacun d eux qui! nominativement, et parlant même des si mais avec retenue ; il fut jus(pi'à rapporte retraite de Xénophon et les exploits des mille qui ne pouvaient, iious aucun rapp être comparés aux leurs. Ils n'avaient, en e ni les chevaux, ni les troupes de la Béotie c Péloponèse, ni les Macédoniens, ni lesTbn ni aucune cavalerie semblable à la leur, ni f deurs, et hommes de trait, à la réserve dec ques Cretois et de quelques Bhodicns levés hâte par Xénophon; et que, cependant, dé de tontes ces ressources, ils avaient, sous mursdeBabylone, mis en fuite le grand roi son armée, et dompté dans leur retraite t<

les nations qui avaient voulu leur fermer la route du Pont*Euxin. Il ajouta tout ce qu'un grand général peut rappeler avant le combat à des soldats éprouvés. Ils se disputent Thonneur de Tembrasser; relèvent Jusqu'au ciel, et demandent à marcher sur-le*cbamp contre Tenn^i.

CHi^^ITRE V-

Journée dltf(i8.->0rdrd de bataille des denx armées.-- Combat.— Déroute des Perses ; ftiite de Darius.— Prise du camp et de la ftunille de Darius.

^ Alexandre ordonne aux siens de prendre de la nourriture, et détache quelques chevaux avec des hommes de trait pour reconnaître les défilés par où il avait passé. U part dansFombre avec toute son armée pour les occuper de nouveau ^ Il y campe vers lemilieu de la nuit,

, et iait reposer son armée après avoir placé avec spin des sentmelles sur tous les pcnnts^ Dès Faurore il se met en marche , faisant filer ses troupes, dans les passages étroits ; mais à mesure que le chemin s'élargit, il développe "* ses corps en phalange , qu'il appuie à droite sur les hauteurs y à gauche sur le rivage^ Finfanterie en avant, la cavalerie ensuite : arrivé en plaine» il range son armée en Ijataille.

'A l'aile droite» il place FAgéma et les hypaspistes, sous le commandement de Nicanor^; près d'eux jes corps de Cœnus et de Per-

. diccas, qui s'étendaient jusqu'au centre, où devait commencer le combat. Il compose la gauche des troupes d'Amyntas » de Ptolémée et de Méléagre : Finianterie est sous les ordres de Grater ; toute Faile est sous ceux çle Parménion, qui ne doit pas s'éloigner du rivage ' crainte d'être cerné par ks barbares ; car il était facile aux Perses d'envelopper ks Macédoniens avec leurs troupes nombreuses.

. > Qointe-Garcc (c. 8, 9 et 10. Diod. , n. 32 et 53), pour n'être entré dans aucun détail sur ces marches importantes, a répandu une grande obscurité sur les dispositions respectives des deui armées. Diodore n'a pas été plus exact. (S. G. , p. 55.) * Fils de Parménion.

* ' Cette position aurait dû empêcher Quinte- Cnrce^ " (h 5, c. 4 {) d'avancer que la droite de cette armée fut enveloppée par les troupes ennemies. (S. G. , p. 35.)

D'ALEXANDRE. ' 335 av. j.^

Darius, instruit qu'Alexandre s'avance en ordre de baïaîUe , fait traverser le Pinare à trente mille chevaux ^ à vingt mille hommes de trait , pour avoir la facilité de ranger le reste de son armée. Il oppose d'abord à la phalange macédonienne trente mille des Grecs à sa soido, pesamment armés , et soutenus de soixante miUd Gardaques armés de même, le terrain ne permettant point d'en mettre en ligne davantage; vers les hauteurs , à sa gauche, il plaee vingt mille hommes, dont partie en face, -partie derrière l'aile 'droite d'Alexandre : disposition forcée par la chaîne des montagnes qui, formant d'abord une espèce de golfe ^ tournaient ensuite l'aile droite des Macédoniens. L^ reste de ses troupes, de toutes armes et de tout paya, forment derrière les Grecs soldés une profondeur de rangs aussi nombreux qu'inutiles; car Darius comptait six cent mille combattants.

* Arrivé dans la plaine, Alexandre développe, près de lui, à l'aile droite, la cavalerie des bétaires, des Xhessaliens et des Macédoniens, et fait filer à la gauche, vers Parménion, les Pé« loponésiens et les autres alliés.

L'armée des Perses rangée en bataille , Darius rappelle la cavalerie qui avait passé le Pinare pour couvrir ses dispositions. Il en détache la majeure partie contre Parménion, du côté de la mer, où les chevaux pouvaient combattre avec avantage, et fait passer le reste à sa gauche vers les hauteurs : maïs jugeant que la difficulté des lieux lui rendrait ces derniers inutiles, Ml en rejette encore une grande partie sur la droite: il se place lui-même au centre de l'armée, suivant l'ancienne coutume des rois de Perse , dont Xénophon ^ rapporte les motifs.

Alexandre , voyant presque toute la cavalerie des Perses portée du côté de la mer sur Parménion , qui n'était soutenu que des Péloponésienset des aiKés, détache aussitôt vers l'alIc gauche les chevaux thessaliens, et les fait filer sur les derrières pour nôtre point aperçus de Tennemi. En avant de la cavalerie de l'aile droite, Protomaque et Ariston condui* sent, l'un les voltigeurs, l'autre les Péones; Antiochns, à la tête des archers, coavre Tin-

^FiisdeGryllos.

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