‹ Choix des historiens grecsChapitre 140 sur 286 · LIVRE fl, CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE fl, CHAPITRE V

de peur qu'une marche trop rapide ne jetfe du désordre dans sa phalange ; mais parvenu à la portée du trait, les premiers qui l'entourent, et lui-même à la tête de l'aife droite , courent à toutes brides vers le fleuve pour effrayer les Perses par l'impétuosité du choc , en venir plus tôt aux mains , et se garantir ainsi de leurs flèches. Alexandre n'est point trompé dans son attente. Au premier choc, la gauche de l'ennemi cède, etlaissieaux Macédoniens une victoire aussi éclatante qu'assurée.

Dans le mouvement précipité et décisif d'Alexandre^ la pointe de la phalange avait suivi l'aile droite, tandis que le centre n'avait pu mîircher avec la même promptitude ni mainte- ^nir son front et ses rangs, arrêté parla barrière que présentaient les bords escarpés du fleuve : les Grecs, à la solde de Darius, saisissent le moment et tombent avec impétuosité sur la phalange macédonienne ouverte. Le combat devient opiniâtre ; les Perses s'efforcent de rejeter les Macédoniens dans le fleuve, et de reprendre l'avantage pour ceux qui fuyaient, et les Macédoniens s'obstinent à maintenir celui d'Alexandre, et l'honneur de b phalange jusque-là réputée iûvincible. La rivalité des Grecs et des Macédoniens redouble l'acharnement. Ptolém'ée * , après des prodiges de valeur, et cent vingt Macédoniens de distinction , sont tués.

Cependant l'aile droite d'Alexandre , après avoir renversé tout ce qui était devant elle, tourne sur les Grecs à la solde de Darius, les écarte du bord , et , enveloppant leurs rangs découverts et ébranlés, les attaque en flanc » et en fait un horrible carnage.

Les chevaux perses en regard des Thessalierts, sans les attendre au-delà du fleuve, le passent bride abattue » et tombent sur la cavalerie opposée : ils combattirent avec acharnement, et ne cédèrent que lorsqu'ils virent les Perses mis en fuite, et les Grecs taillés, en pièces. Alors la déroute fut complète.

La cavalerie des Perses souffrit beaucoup dans cette fuite , et de l'embarras de son armure pesante, et du désordre qui se mit dans les rangs; tous, dans leur épouvante, se près* saient en foule les uns sur les autres dans les défilés , de manière que les leurs en écrasèrent

. ^ Fik de Séleocus.

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dafastage que. l'ennemi n'en détruisîl. Les Tbessalkns presseni mement les fuyards; le carnage de la cavalerie ^ale celui de TînÊuiterie.

Dès qu'Alexandre eut enfoncé Faîle gauche des Perses , Darius se sauva avec les premiers sur un char qu*îl ne quitta point tant qu'il courut à travers plaine ; mais arrivé dans des gorges difficiles 9 il abandonne son char, son bouclier, sa pourpre, son arc même, et fuit à cheval, Lanuît,fuisarvintbientôt, ledërobeaui ponrsniies d'Alexandre , qui ne cessent qu'avec le jûor . Le vainqueur retourne vers son armée, et s'empare dn char et des dépouilles de Darius. Alexandre l'eût pris lui-même, ai, poui'le potuvuivre, il n'êlkt attendu le rétablissement de sa phalange ébranlée , la défaite des Grecs et la déroute de la cavalerie des Perses. Ils perdirent Arsame, Rhéomitrès, Aliz7ès,run de ceux qui, au Granique, avaient comnumdé la cavalerie; Sabacès,^ satrape d'Egypte, et Bubacès , un des Perses les plus distingués. On évalue à cent mille le nombre général des morts , dont dix mille chevaux ; de sorte que , au rapport de Ptolémée ^ , qui accompagnait Alexandre dans cette poursuite, on traversa des ravins comblés de cadavres.

An premier abord on se rendit maître du camp de Darius; on y trouva la mère, la femme 9 la sœur, et un fils jeimé encore du monarque de l'Asie , avec deux de ses filles et quelques femmes des principaux de son armée ; toutes les autres tvai^t été conduites avec les bagages à Damas , où Darius avait fait porter la plus grande partie de ses trésors, et tons les objets de magnificence que traînent à l'armée les rois de Perse.

On n« trouva dans le camp que trois miHe talents; mais Parménion, envoyé à Damas par Alexandre , y recueillit tontes les richesses dn vaincu.

Telle fut l'issue de cette journée , qui eut lieu dans le mois roaimactérion, Nicostraie étant archonte à Athènes \

Le lendemain, Alexandre, quoique souffrant

• Ftff de lAgas.

> La quatrième aonée de la cent onzième olympiade, 353 ans avant l'ère yiilgaire, sons le conaolat romain deCapso Vaierins et L. Papinu , 2125 ans avant la fondation de la république française. '

D'ALBXAWDRE. «,,,.^

encore d'une blessure qu'il avait reçue à la

cuisse , visite lea blessés, fiiit inhumer les morts avec pompe, en présence de son armée rangée en bataille, danslepliK grand appardl. II fait f éloge des actions héroïques dont il avait été témoin , ou que la voix générale de toute l'armée publiait, et honora chacun d'entre eux de largesses selon leur mérite et leur rang. Balacre *, l'un des gardes de sa personue, est nommé satrape deCilicie, et remplacé par Menés * ; Polysperchon ' succède au commandement de Ptolémée * , qui avait péri dans le combat. On remet aux habitants de Soles les cinquante talents qui leur restaient à payer ; on leur rend leurs ôtage^.

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