‹ Choix des historiens grecsChapitre 177 sur 286 · LIVRE V, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE IV

la tête de trente mille hommes (f infiiDterie et de toute sa cavalerie, composée de quatre miHe chevaux, de trois cents-chars, et de deuxeents éléphants. Arrivé- dans une plaine ferme et propre au développement de sa cavalerie, il range ainsi son armée. £n avant tes éléphants, à cent piedsde distance Tun deTaulre, doivent épouvanter la cavalerie - d'Alexandre ; ils couvrent l'inianterie indienne, rangée sur une seconde ligne, dont quelques points s'avancent dans les vides [de la ligne des éléphants. Porus avait pensé que jamais la cavalerie de Fenncmi n'oserait s'engager dans les ouvertures du premier rang, où les éléphants devaient effrayer leurs chevaux; rinfanterié' Toserait encore moins, menacée à la fois par ces animaux terribles et par les soldats de la seconde ligne. Cette dernière s'étendait jusqu'aux ailes, for« mées de la cavalerie appuyée sur Tinfonterie ; au-devant étaient les chars.

Alexandre, arrivé en présence, fait halte pour donner à la phalange des Macédoniens , qui arrive à grands pas , le temps de le rejoindre. Et pour ne point les mener essoufflés au combat , il fait caracoler sa cavalerie en face de l'ennemi. Après en avoir reconnu les dispositions, et pénétrant l'intention de Porus, il se décide à l'attaquer, non point par le centre , défendu ainsi que nousvenons de le voir, mais en flanc. Supérieur en cavalerie, il en prend avec lui les plus forts détachements , et pousse à l'aile gauche de Porus. Ccenus, à la tête de son corps et de celui de Déméirius, doit tourner l'aile droite et saisir le moment où Alexandre, de son côté , serait aux prises avec la cavalerie des barbares, pour les investir par deri'ière. Séleucus, Anti|{èite ei Tauroa, commandent la phalange ; elle ne doit s'ébranler que lorsque la cavalerie aura déjà porte le désordre dans les troupes de l'emiemi.

Arrivé à la portée du trait , Alexandre fait avancer sur l'aile gauche des Indiens mille archers à cheval, dont les escarmouches et les traits doivent commencer à la rompre. Luimême, à la tète des hétaïres^ court la prendre en flanc pour l'empêcher de se rétablir et de se porter sur la phalange.

Cependant la*<^v'aierie des Indiens rassemblait et pressait tous ses rangs pour soutenir ie choc d'Alexandre , lorsque Cœnus paraît tout

I à coup sur leurs derrières. L'ennemi, de ce côté , fut alors obligé de partager sa cavalerie en deux corps , dont l'un composé des escadrons les plus binves et les plus nombreux devait faire face à Alexandre , et l'autre se retourner contre Coenus.

Alexandre, profilant du désordre inséparable de ce mouvemeni, les charge rapidement; ils se rompent et vont se rallier sous les éléphants comme derrière un rempart. Leurs conducteurs les poussent contre Alexandre ; alors la phalange macédunienne s'avauce et fait pleuvoir sur les uns et les autres une grêle de traits. La mêlée ne ressemble alors à aucune de celles où les Grecs 6'étaieni trouvés.

En effet, les éléphants lancés dans les rangs rompaj^iU de^tous côtés les plus épais de la phalange macédonienne. A cet aspect la cavalerie indienne tombe de nouveau sur celle d'Alexandre, qui, plus forte et par le nombre et la facUque^ la repousse encore ' jusqu'aux éléphants. Toute la cavalerie des Grecs se troiRNs alors , non par suite des ordres du général , mais par celle dtt combat, ne plus former qu'un seul corps qui, de quelque côté. qu'il se meuve, porte le carnage dans tous les rangs des Indiens.

Les éléphants , resserrés de toutes parts, ne sont pas moins terribles-aux leurs qu'ù l'ennemi; ils écrasent tout autour d'eux : on fait un massacre horrible de la cavalerie acculée dans cet endroit ; les conducteurs des éléphants sont percés detraits ; ces animaux hurrassés ,' couverts de blessures et sans guides, ne gardent plus smçun ordre; exaspérés sous les coups , la doul^r les rend furieihc , Ht s'emportent et foulent aiix pieds tout ce qu'ils rencontrent. Les malheureux Indiens ne pouvaient échapper à leur furie. Les Macédoniens, ayant un plus grand espace pour se développer, ouvraient- ]aiju*s rangs à l'approche des éléphants qu'ils perçaient ensuite de traits : on voyait alors ces animaux énormes se ti*ainer langui^samment comme une galèi e fracassc6 ; ils poussaient de longs gémissements.

Les chevaux d'Alexandre ayant envdoppé l'ennemi, il ftiîi donner la phalange; toute la cavalerie indienne est massaei*ée sur le champ de bataille : la pluaigninde partie de l'inf^iHc*

rie y demeure» l'autre a'eafttit par un vkle que laisse la cavalerie d'Alexandre.

Craiérus et les autres géDéraux , sur la rite de THydaspe , voyant le succès d'Alexandre , passent le fleuve et achèvent le massacre des Indiens, qu'ils poursuivent a\ec des troupes fraîches.

On perdit du côté des Indiens près de vingt mille hommes de pied , trois mille chevaux , deux fils de Psorus, Spitaoès, gouverneur du poys , tous les chefs de l'arniée, tous les conducteurs des chars et des éléphants, et même tous les chars : on prit les éléphants qui échap- {)èrent au carnage.

Du côté d'Alexandre, il périt en tout trois cent dii liomnms, dont qiiatre-vingts sur les six mille hommes d'infiinterie , dix des vchers à cheval qui commencèrent Taetion, «ngt hétaïres, et deux cents du reste de la cavalerie.

Forasse distingua par ses exploits, et fit, dans cette bataille, non-sealement office de capitaine , mais cnoore de soldat. Lorsqu'il vit le carnage de sa cavalerie, la mort ou le désordre de ses éléphants et la perte presque totale de sdh infanterie , Il li'ifnita point la lâcheté du grand roi qui prit le premier la fuite, aux journé('s d'Issus eC d'Arbelles, il combattit tant qu'il vit donner quelques^-uns des siens. L'ex* eellence et la force de sa cuirasse avaient constamment résisté aux coups, mais £nfin blessé d'un trait ù l'épuule droite qu'il avait une ^ il se retirait sur son éléphant.

Alexandre» désirant sauver ce héros , lui députe 1 Indien Taxile. Celuiiy aérant |3ou^sé80n i'hoval sans trop s'approcher de l'éléphant de Poms, lui crie d'arrêter et d'accneillir l'offre d'Alexandre, auquel il ne peut plus échapper* Mais Porus, à h vue de l'axile, son ancien en* nemt, saisissant uù trait , allait la percer , si celui-ci ne l'eût évité par la vitesse de sa fuite.

Alexundre , loin d'en être plus irrité contre Porus, lui détache de nouveaux envoyés, par* mi lesquels se trouvait Tlndion Héroëi ancien ami de Porus. Ce dernier Técouie; pi*e6sé par une soif ardente , il descend de son éléphant , et après s être rafh^i , consent à se rendre pi'ès d'Alexandre;

Ce prince, à son approche, sort des rabgs et vient à sa reotontré aecooipagné de quelques hétaii^eb. U s'arrête , contemple la noblesse de

D'ALEXANDRE

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ses tiaits» la hauteur de sa taille qui s'élevait à plus de cinq coudées. Porus s'approche avec une contenance assurée; aa physionomie n'esi point abattue par sa disgrâce; héros» il vient trouver un héros; prince, il a défendu oontre un autre ses étals. Alors Alexandre : r Com-

> ment prétendez«vous que je vous traite? —

> En roi. — Je le ferai pour moi-même; à pré*

* sent que puis^'e faire pour vous? parlez. —

• J'ai tout dit. — Je vous rends le pouvoir el

> votre royaume, et j'y ajouterai encore^ • C'est ainsi qu'il traita en roi un prince généreux» qui fut dans la suite son ami le plus fidèle»

Ces événements eurent lieu au mois de mu* nichion , Hégémon étant archonte à Athè* nés ^

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