‹ Choix des historiens grecsChapitre 27 sur 286 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

heureusement. Ainsi donc, si vous voulez m'en croire, vous ferez contre voire bonne fortune ce que je vais vous conseiller. Examinez quelle est la chose dont vous faites le plus de cas et dont la perte vous serait le plus sensible : lorsque vous l'aurez trouvée, jeiez-la loin de vous, et de manière qu'on ne puisse jamais la revoir. Que si, après cela, la fortune continue à vous favoriser en tout sans mêler quelque disgrâce à ses faveurs, ne manquez pas d'y apporter le remède que je vous propose, i XLI. Polycrates, ayant lu cette lettre, fit de sérieuses réflexions sur le conseil d'Amasis, et le trouvant prudent, il résolut de le suivre. Il chercha, parmi toutes ses raretés, quelque chose dont la perte pût lui être le plus sensible : il s'arrêta à une émeraude montée en or qu'il avoit coutume de porter au doigt , et qui lui servait de cachet. Elle était gravée par Théodore de Samos, filsdeTélécIès. Résolu de s'en défaire, il fit équiper un vaisseau, et, étant monté dessus, il se fit conduire en pleine mer. Lorsqu'il fut loin de l'Ile , il tira son anneau et le jeta dans la mer à la vue de tous ceux qu'il avait menés avec lui. Cela fait, il retourna à terre.

XLII. Dès qu'il fut rentré dans son paIais,MI parut affligé de sa perte. Cinq ou six jours après , un pêcheur ayant pris un très-gros poisson , le crut digne de Polycrates. Il le porta au palais, demanda à parler au prince, et l'ayant obtenu : c Seigneur , dit -il en le lui présentant, voici un poisson que j'ai pris. Quoique je gagne ma vie du travail de mes mains, je n'ai pas cru devoir le porter au marché : il ne peut convenir qu'à vous, qu'à un puissant prince , et je vous prie de le recevoir. •

Ce discours plut beaucoup à Polycrates. c Je te sais gré, mon ami, lui dit-il, de m'avoir apporté ta pêche. Ton présent me fait plaisir, et ton compliment ne m'en fait pas moins. Je t'invite à souper. > Le pêcheur retourna chez lui, flatté d'un si bon accueil. Cependant les offiders de cuisine ouvrent le poisson, et, lui trouvant dans le ventre Tanneau de Polycrates, ils allèrent pleins de joie le lui porter en diligence , et lui contèrent la manière dont ils l'avaient trouvé. Polycrates

HISTOIRE D'HÉRODOTE

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imagina qu'il y avait en cela quelque chose de divin. Il écrivit à Amasis toutes les circonstances de eette aventure, et remit sur-le-champ sa lettre à un exprès pour être portée en Egypte.

XLIII. Ce prince, en ayant fait lecture , reconnut qu*il était impossible d*arracher un homme au sort qui le menaçait, etquePotycrates ne pourrait finir ses jours heureusement, puisque la fortune lui était si favorable en tout qu'il retrouvait même ce qu'il avait jeté loin de lui. II lui envoya un héraut à Samos pour renoncer à son alliance. Il rompit parce qu'il craignait.que, si la fortune de Polycrates venait à clianger et qu'il lui arrivât quelque grand malheur , il ne fût contraint de le partager en qualité d'allié et d'ami.

XLI V. Ce fut donc contre ce prince si favorisé de la fortune que marchèrent les Lacédémoniens, à la prière de ceux d'entre les Samiens qui fondèrent depuis en Crète la ville de Cydonie. Cambyses levait alors une armée pour porter la guerre en Egypte. Polycrates le fit prier de lui envoyer demander des troupes. Là-dessus, Cambyses fit volontiers prier Polycrates de faire partir une armée navale pour raccompagner dans son expédition contre l'Egypte. Ce prince choisit ceux d'entre les citoyens qu il soupçonnait le plus d'avoir du penchant à la révolte, les embarqua sur quarante trirèmes, et recommanda à Cambyses de ne jamais les renvoyer à Samos.

XLY. Les uns disent que ces Samiens envoyés par Polycrates n allèrent pas jusqu'en Egypte, mais que lorsqu'ils furent daps la mer carpathiène, ils tinrent conseil entre eux et résolurent de ne pas naviguer plus avant ; d'au très prétendent qu'ils arrivèrent en Egypte , mais que , se voyant observés , ils prirent la fuite et firent voile vers Samos : que Polycrates, étant allé à leur rencontre avec ses vaisseaux , leur Uvra bataille et la perdit : qu'étant descendus dans l'ile après leur victoire , ils furent défaits dans un combat sur terre ce qui les obligea de rentrer dans leurs vaisseaux et de se retirer à Lacédémone.

Il y en a qui assurent que ces mécontents remportèrent , à leur retour d'Egypte , la victoire sur Potycrates ; mais à mon avis leur opinioa e^t mal fondée : car s'ils eussent été assea forts eux seuU pour le réduire, ils n'auraient

pas eu besoin d'appeler à leur secours les La« cédémoniens; d'ailleurs il n'est pas vraisemblable qu'un prmce,qui avait à sa solde uml de troupes auxiliaires et tant de gens de trait de sa nation, ait été défait par un petit nombre de Samiens qui revenaient dans leur patrie. Ajoutez à cela que Polycrates avait en sa puissance les femmes et les enfants des citoyens de Samos ses sujets. Il les avait renfermés dans les havres, à dessein de les brûler avec les havres mêmes en cas de trahison de la part des Samiens, et qu'ils se joignissent à ceux qui rêve» naient dans l'île.

XLVI , Les Samiens chassés par Polycrates , étant arrivés à Sparte , allèrent trouver les ma* gistrats, leur firent un long discours, et tel que des suppliants ont coutume d'en faire. A la première audience, les Lacédémoniens leur répondirent qu'ils avaient oublié le commencement de la harangue et qu'ils n'en entendaient pas la fin. A la seconde , les Samiens apportèrent un sac de cuir, et leur dirent seulement que ce sac manquait de fiàrine. Les Lacédémoniens répliquèrent que ces paroles étaient superflues : cependant ils résolurent de leur donner du secours.

XLYII. Lorsqu'ils furent prêts ils allèrent à Samos. Les Samiens prétendent qu'ils les secoururent, en cette occasion , par reconnais* sance de ce qu'eux-mêmes les avaient auparavant aidés de leurs vaisseaux contre les Messéniens; mais» s'il faut en croire les Lacédémoniens, ils entreprirent celte expédition , moins pour accorder aux exilés les secours qu'ils demandaient, que pour se venger des Samiens qui avaient enlevé le cratère qu'ils portaient u Crésus, et, un an auparavant, le corselet qu'Amasis, roi dEgypte, leur envoyait en présent.

Ce corselet était de lin , mais orné d'un grand nombre de figures d'animaux tissues en or et en coton. Chaque fil de ce corselet mérite en particulier notre admiration. Quoique très-menus, ces fils sont cependant composés chacun de trois cent soixante autres fils tous très-distincts. Tel est aussi cet autre corselet d<mt Amasis fit présent à Minerve de Linde.

XLYIII. Les Corinthiens contribuèrent aussi avec beaucoup d'ardeur à l'expédition des Spartiates contre Samos. Les Samiens les avaient

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THAUE. ~ LIVRE IIL

Mitragés mie* géiiâiitiaii avant cetie guerre, et sans dôme vers le temps de Fenlèvemeot du vatère.

Pérîandre« fils de Cypselus» envoyait à Al; attes, à Sardes, trois ceau eofauts des meilleures maisons de Corcyre, pour en faire des eunuques. Les Cerinthiens» qui les conduisaient» étant abordés à Samos, les Samiens furent hientftt insiruits du dessein dans leq^I on conduisait ces enfants à Sardes. Us leur apprirent d abord à ensbrasser le temple de Diane en qualité de suppliants; après quoi ils ne voulurent jamais permettre qu'on les eu arrachât* Mais, comme les Corinthiens empéchaieiit qu'on ne leur portât à manger, les Samiens instituèrent une fête qu'ils célèbrent enoore aujourd'hui de la même manière. Dès que la nuit était venue, et tout le temps que les jeunes Gorcyréeas restèient dans ce temple en qualité de sup^ pliants, ils y établirent des chœurs de jeunes fiUes tenant à la main des gâteaux de sésame et de miel. Ils avaient institué cette cérémonie afin qne ces jeunes gens enlevassent ces gâteaux 9 et eussent de quoi se nourrir. Ils continnèrent ces choeurs jusqu'au départ des Go* rinthiena chargés de ces enfants ; après quoi les Samîens les remenèrent à Corcyre»

XUX. Si, après la mort de Périandre, il y avait eu de l'amitié entre les Corcyréens et les Corinthiens, ce motif aurait empêché oenn-ci d'aider les Lacédémoniens dans leur expédi-* tion contre Samos ; mais, depuis la fondation de Coreyre par Us CorinihienSf il y a toujours ai de l'inimitié entre ces deux peuples, qooh» qn'iis eussent la même origine.

Les Corinthiens se rappelaient, par cette yaisoD , rinsuUe que leur avaient faite les Samiens. Quant à Périandre> il envoyait à Sardes ces trois cents jeunes garçoits, choisis parmi les meilleures famiUes de Gorcyre,paur y être faics eunuques, afin de se venger des Gorcy* rëess qui lavaient les premiers outrage

L». Périandre' ayant tné Mélisse sa fsnuae , ce malheur fut suivi d'un autre» II avait d'aile desDL fils, l'un àffi de dix*sept ans et l'autre de dix-huit. Prociès, leur s^ieû) s^larnel, ty-

• I^e teste BMpafiltsKért.

* Tojes snr Périandre et ton origiae , et sur Méliase , Irr.T.SiOl. I

ran d'Épidaure » les avait fiait venir chez hd^ et les traitait avec l'amitié qu'il est naturel à un père de témoigner aux enfants de sa fille. Lorsqu'il les renvoya, il leur dit en les accompagnant : c Mes enfants, savez-vous quel est celui « qui a tué votre mère?. >

L'atoé ne fit aucune attention à oes paroles , mais te plus jeune, nonuné Lycophron, en conçut une telle doulear <)ue, lorsqu'il fut de retour à Gorinthe , il ne voulut jamais saluer son père, parce qu'il le regardait comme le meurtrier de sa mère, ni s'entretenir avec lui, ni lui répondre quand il l'interrogeait. Enfin Périandre indigné le chassa de chez lui.

LI. Après cet acte de sévérité , il demanda à l'ainé quel discours leur avait tenu leur grandpère maternel. Celui-ci lui raconta le bon accueil qu'il leur avait fait, mais ne lui dit rien des dernières paroles de Preclès en les renvoyant; il y avait fait si peu d'attention qu'il ne s'en souvenait plus. Périandre lui témoigna qu'il n'était pas possible que leur aïeul ne leur eût donne quelque conseil j et , comme il le pressait par ses questions , le jeune prince se rappela les dernières paroles de Proclès et en fit part ^ son père. Périandre y ayant réfléchi, résolut de ne plus user d'indulgence envers son fils, et envoya défendre à ceux chez qui il se retirait de te recevoir chez eux. Lycophron , chassé d'un endroit, cherchait un asile dans un autre ; nuiis bientôt , mv les menaces et les ordres de Périandre, on l'obligeait aussi d'en sortir. Ge jeune homme passait ainsi de la maison d'un anû dans celle d'un autre; et, qjuoiqu'on redoutât Périandre , cependant, comme ce prince était son fils , on ne laissait pas de te recevoir.

LU* Enfin Périandre fit publier que quiconque l'admettrait dans^sa maison , ou lui parlerait, eacourrait une amende applicable au tempte d'Ap^on. Gette amende étoit spécifiée dans l'édit. Personne n'osa plus alors Je recenoir ekes soi n* lui parler. Lycophron luimême , ne jugeant pas à propos de rien tenter contre la défense de son père , se retirait assidumemt siMS les portiques. Le quauième jour, Périandre te vayaat négUgé dans* tout son e\térteur et mourant de faim « en eut compassten« Il s'adoucit, et s'étant appi^oclié de lui, il lui park^ ainsi ; c Eh bien l mon fils , lequel

vaut mieux , ù votre avis , ou de votre état actuel, ou de la souveraine puissance et des biens dont je jouis, et que vous pouvez partager avec moi en me témoignant de Tobéissance ? Quoique vous soyez mon fils , et roi de la riche Corinibe , vous préférez une vie errante et vagabonde , en irritant par voire résistance et par votre colère celui que vous auriez dû le moins offenser ! S'il est arrivé dans cette affaire quelque malbeur qui vous ait inspiré des soupçons sur ma conduite , ce malbeur est retombé sur moi, et je le ressens d'autant plus vivement que j'en ai été moi-même l'auteur. Pour vous, qui savez par expérience combien il vaut mieux faire envie que pitié , et à quoi mène la colère -contre un père, et surtout contre un père qui a la force en main , revenez au palais >.

Périandre tâcbait ainsi de foire rentrer son fils en lui-même; mais celui-ci se contenta de lui dire qu'en lui parlant il avait encouru l'amende. Périandre, comprenant par cette réponse que le mal de son fils étoit extrême et que rien ne pouvait le vaincre, l'éloigna de sa présence , et le fit embarquer pour Gorcyre qui était aussi de sa dépendance. Périandre l'ayant relégué loin de lui, marcha contre son beau-père Proclès, parce qu'il était le principal auteur des malheurs de sa maison. Il se rendit maître de la ville d'Épidaure et fit prisonnier Proclès , à qui cependant il conserva la vie.

LUI. Dans la suite des temps Périandre étant âgé, et ne se sentant plus en état de veiller aux affaires et de gouverner par luimême, envoya chercher Lycophron à Gorcyre, pour lui confier les rênes de l'État , car son fils aîné était stupide et il ne voyait en loi aucune ressource. Lycophron ne daigna pas même répondre au message de son père ; mais Périandre , qui l'aimait tendrement , lui envoya ensuite sa sœur qui était sa propre fille, dans l'espérance qu'elle aurait plus de crédit sur son esprit.

Quand elle fut arrivée à Corcyre : c Aimez- » vous donc mieux , mon frère, lui dit-elle, • voir la puissance souveraine passer en des » mains étrangères et les biens de votre père » dissipés, que de revenir eu prendre posses- > sion ? Revenez dans la maison patevneNe ;

cessez de vous nuire à vous-même : le zèle * est un bien fâcheux : ne cherchez point à guérir un mal par un autre. Bien des gens préfèrent les voies de la douceur à celles de la justice ; et plusieurs , en poursuivant les droits d'une mère , ont perdu ceux qu'ils pouvaient espérer de leur père. La tyrannie est de sa nature chancelante et mal assurée; mille amants aspirent à sa conquête. Périandre est déjà vieux et avancé en âge : n'abandonnez pas à d'autres un bien qui vous appartient. > Instruite par son père, elle tint à Lycophron le langage le plus propre à le persuader ; mais il lui répondit qu'il n'irait jamais à Gorinthe tant qu'il saurait Périandre en vie. La princesse fit, à son retour , part à son père de la réponse de Lycophron. Périandre lui envoya la troisième fois un héraut, avec ordre de lui dire qu'il avait dessein de se retirer en Corcyre, et qu'il pouvait reveqir à Gorinthe prendre possession de la couronne.

Le jeune prince accepta la proposition. Le père se disposait à partir pour Gorcyre et le fils pour Gorinthe; mais les Gorcyréens, informés de ce qui se passait , et appréhendant devoir Périandre dans leur île, assassinèrent son fils. Ge fut cette raison qui porta ce prince à se venger des Gorcyréens.

LI V. Lorsque les Lacédémoniens furent arrivés à Samos avec une puissante flotte, ils assiégèrent la ville et s'approchèrent des murailles , laissant derrière eux la tour qui est sur le bord delà mer, près du faubourg. Mais ensuite Polycrates en personne étant tombé sur eux avec des forces considérables , ils furent contraints de reculer. Dans le même moment les auxiliaires, acompagnés d'un grand nombre de Samiens, sortirent de la tour supérieure qui était sur la croupe de la montagne, et fondu*ent sur les Lacédémoniens. Geux-ci, après avoir soutenu quelque temps leurs efforts, prirent la fuite, et les vainqueurs les ayant poursuivis , en firent un grand carnage.

LY. Si les Lacédémoniens qui se trouvèrent à cette action se fussent conduits comme Archias et Lycopas , Samos aurait été prise , car ces deux braves guerriers étant tombés sur les

• Gelai qu'il montrait pour la némoire de sa mère*

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Samieos et le$ ayaot mis en fuite , ils entréreot dans la ville péle-méle avec les fuyards , quoiqu'ils ne fussent accompagnés de nul autre. Mais comme on leur coupa le chemin et qu'ils 86 purent en sortir » ils y périrent.

Je me trouvai un jour avec un autre Ardiias, fils deSamius et petit-fils de cet Archias dont nous parlons. C'était à Pitane, bourgade où il avait pris naissance. Il faisait plus de cas dtô Samiens que de tous les autres étrangers y etiim*apprit qu*on avait donné à son père le Bom de Samius , parce qu'il était fils de cet Ardiias tué dans Samos en combattant vailiamnent. II ajouta qu'il avait une estime particulière pour les Samiens, parce qu'ils avaient fait à son aïeul de magnifiques funérailles aux dépens du public.

LYI. Les Lacédémoniens , voyant que le siège traînait en longueur et qu'après quannte jours il n'était nullement avancé, s'en retournèrent dans le Péloponnèse. On dit » mais sans fondement ,que Polycrates leur donna une grande quantité de monnaie de plomb doré ftappëe au coin du pays, et que, gagnés par ces présents, ils se retirèrent dans leur patrie. Ce hit la première expédition des Lacédémo- Diens-Doriens en Asie.

LYII. Ceux d'entre les Samiens qui avaient estrepris cette guerre contre Polycrates . se Toyant sur le point d'être abandonnés des Lacédémoniens, s'embarquèrent aussi et firent Toile à Siphnos , parce que l'argent leur manquait. Les Siphniens étaient alors dans un état u^florissant, et les plus riches des insulaires. Leur ile abondait tellement en mines d*or et «Targeat que , de la dlme du revenu qui en provenait , ils offrirent à Delphes un trésor qu'on peut comparer aux plus riches qui soient en ce temple. Ils partageaient tous les ans entre eux le produit de ces mines. Taudis qu'ils travaillaient à ce trésor ils consultèrent l'oracle , et lui demandèrent s'ils pourraient conserver long-temps les biens présents. La Pythie leur répondit : c Quand le prytanée de Siphnos

> sera blanc et que la place publique aura le

> même aspect , vous aurez alors grand besoin

> d'un homme prudent et sage , pour vous ga- * rantir d'une embûche de bois et d'un héraut

> rongée. •

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