‹ Choix des lettres historiques de la vénérable mère Marie de l'IncarnationChapitre 3 sur 8 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

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Dans les vastes contrées de l'Amérique du Nord , il est un nom vénéré et béni comme l'est en France et en Espagne celui de l'héroïque réformatrice du Garmel. C'est le nom de Marie de l'Incarnation, première supérieure des Ursulines à Québec, surnommée la Thérèse de la Nouvelle-France, et la digne rivale de cette illustre carmélite par ses talents, sa sainteté et son zèle généreux.

• On voit encore au couvent de Québec un frêne sous lequel , pendant trente ans et plus , cette femme missionnaire annonça aux jeunes sauvages la parole du salut. Cet arbre, plus de deux fois séculaire, semblait entièrement desséché, lorsqu'on iH56, il a reverdi au grand contentement de toute la communauté, pour laquelle il est une image sensible de la perpétuité accordée par le ciel à l'œuvre dont Marie de l'Incarnation fut la fondatrice.

Cette bienheureuse Mère naquit sous un des plus beaux ciel de la France , en 1599. Tours , sa ville natale , fut témoin des vertus admirables qu'elle pratiqua dès l'enfance et dans l'état du mariage.

Après la mort de son mari , l'amour de Dieu triomphant dans son cœur de la tendresse maternelle, elle confia son unique fils aux soins des Pères Jésuites , et entra chez les Ursulines. Dieu récompensa ce sacrifice héroïque en donnant à cet enfant la vocation monastique : ses vertus et ses talents le rendirent remarquable chez les bénédictins.

Instruite par l'Esprit-Saint lui-même, Marie de l'Incarnation atteignit la perfection religieuse dès son noviciat. Elle fit plusieurs ouvrages justement estimés ; sa grande capacité pour

rinstrucUon de la jeunesse et pour toules sortes d'affaires , fixèrent sur elle le choix de ses supérieurs lorsqu'on voulut fonder le premier couvent des Ursuliites au Canada. Afin de donner tout à la fois une juste idée de son zèle , de sa facilité et de son assiduité au travail , il suffira de dire que dans trois mois seulement , elle composa un catéchisme huron , trois catéchismes algonquins , traduisit toutes tes prières chrétiennes en cette langue , ainsi qu'un gros dictionnaire , et cela pour faciliter à ses jeunes sœurs l'exercice de l'enseignement auprès de ces différcnles tribus.

Québec fut plus de trente années le théâtre du dévouement de la mère Marie de l'incarnation ; elle y mourut pleine de mérites en 1672. Le récit de ses travaux et de ses souffrances, de ses succès et de sesconsohtioâs , a élé tracé ps^r elle-mêmed'une manière aussi intéressante qu'aimable dans ses lettres à son fils , à ses supérieures et à ses amies.

Elèves des Ursalines, c'est à vous spéctaflement qu'une sollicitude maternelle dédie le recueil des plus Instructives et des plus attrayantes de ces lettres. En oppositioD aux ouvrages frivoles du siècle, permettez que l'on vous offre une lecture capable à la fois de satisfaire la curiosité naturelle à votre âge , d'étendre vos connaissances , d'élever votre âme et surtout de , former votre cœur , par le spectacle d'une vertu simple /solide et aimable, d'un dévouement vrai et généreux : tels sont les avantages réunis dans les lettres de la mère de l'Incarnation.

Récit détaillé des progrès de l'Evangile au Canada , elles présentent mille petits traits d'une piété aussi conrageuâe que naïve et charmante ; elles sont le miroir fidèle où viennent se réfléchir les aperçus d'un jugement droit , d'une intelligence supérieure et les sentiments d'une âme parvenue à la sainteté.

Tons les écrits de la mère de F tncar nation , dit Feller , respirent cette onction sublime que l'on ne trouve que dans les saints. Ses lettres sont aussi marquées au coin de ce naturel,

de eette grAce , de ee tact délical que Ton admire dans les belles eomposi&ions épistoiaires da dix-septième siècle. Afin de ne rien enlever de leur simplieité et de leur charme, on les a iranscrites textueHemeni , n'en faisant disparaître que les expressions et les tours tout à fait surannés.

Jeanfô personnes pieuses , vous aimez à vous associer aux combats et aux triomphes de la religion catholique dans les missions lointaines , vous lisez avec le plus vif intérièt les Annales ti9 la Propagc^Uon de la Foi ; vous aimerez doUiC aussi à parcourir ces lettres , qui en sont comme le frontispice ; qui «etteat sous vos yeux la lutte héroïque et glorieuse des premiers ambassadeurs du Christ au Canada.

Elèves des Ursulines , vous accueillerez cet ouvrage comme an précieux héritage de famille , que vos secondes mères veulent partager avec vous. Puissiez-vous, en lisant ces pages tontes parfumées du céleste arôme de Ja vertu, sentir , comme 4fift cœurs bien nés au récit des nobles actions de leurs ancêtres 9 l'admiration et l'ardeur pour le bien , le désir d'exercer autour de vous l'influence salutaire de la femme vertueuse , quelle que soit la position dans laquelle vous place la Providence.

Les lettres de la mère de l'Incarnation ont été lues et louées par plusieurs docteurs de Sorbonne ; nous nous bornons à citer l'approbation suivante :

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