‹ Choix des tragédies de Corneille, suivi d notes, précédé d'un essaiChapitre 101 sur 252 · LE TIBU. HORACE · texte numérisé non relu

LE TIBU. HORACE

Et nos soldats trahis ne l'ont point achevé ! Dans leurs rang à ce lâche ils ont donné retraite !

JULIE

Je n'ai rien voulu voir après cette défiûte.

CAMILLE

O mes frères! *(

Tout beau, ne les pleurez pas tous ; Deux jouissent d'un sort dont leur père est jaloux. Que des plus nobles fleurs leur tombe soit couverte ; La gloire de leur mort m'a payé de leur perte : Ce bonheur a suivi leur coun^ invaincu, Qu'ils ont vu Rome libre autant qu'ils ont vécu, Et ne l'auront point vue obéir qu'à son prince, Ni d'un état voisin devenir la province.

Pleurez l'autre, pleurez l'irréparable affront Que sa fuite honteuse imprime à notre front ; Pleurez le déshonneur de toute notre race, Et l'opprobre étemel qu'il laisse au nom d'Horace.

JULIE

Que youliez-vous qu'il fSt contre trois ?

LE VIEIL HORACE

Qu'il mourût !

Ou qu'an bcmn désespoir alon le secourût :

NVùt-il quo d^in moment leenlé sa dé&ite, Rome eût été du moins un peu plus tard sujette; Il eût avec boanenr laissé mes cheveux gris; Et c^êtoit de sa TÎe un assez digne prix.

11 est de tout son sang comptable à sa patrie;

Chaque goutte épargnée a sa gloire flétrie ;

Chaque instant de sa rie, après ce lâche tour,

Met d*autint plus ma honte avec la sienne au jour.

J*en i»mprai bien le cours; et ma juste colère,

Contiv un indigne fils usant des droits d'un père,

Saura bien £ûiv Toir dans sa punition

L*èclatuit désaveu dHine telle action.

SÂBIVE.

Econtex un peu moins ces ardeurs généreuses, F.t no nous rendez point tout-à-fitit malheureuses.

LE VIBTL HORACE.

Sabim\ ^\>ure cœur se console ais^oit; No$ malheurs jusqu^ci vous touchent foiblement: Vous u awz point encor de part à nos misères; Le ciel vous a $au%-ê votre époux et vos frères : Si nous $<^mmes sujets, e*est de votre pays : Vivs frère« s«Hat vainqueurs quand nous sommes trahis; Kt, ^vyaui le haut point où leur gloire se monte, ^ *»us rvjnuxJez fort peu ce qui nous vient de honte. Mais votre ti»p d*amour pour cet infâme époux ^ ous donnera bientôt a plaindre comme à nous: ViKs pleura en sa iavcur sont de foibles défenses; J atlesie des grands dieux les suprêmes puissances

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