‹ Choix des tragédies de Corneille, suivi d notes, précédé d'un essaiChapitre 130 sur 252 · GRANDEUR D£ SENTIMENT DE CORNELIE · texte numérisé non relu

GRANDEUR D£ SENTIMENT DE CORNELIE

La célèbre Cornélien veuve de Pvmpéey après avoir été prise par Ptolomée, demande audience à César et lui parle ainsi :

CORNELIE, CÉSAR.

CORNËLIE.

César, car le destin, que dans tes fers je brave. Me fait ta prisonnière, et non pas ton esclave. Et tu ne prétends pas qu*ii m'abatte le cœur Jusqu'à te rendre hommage et te nommer seigneur; De quelque rude trait qu'il m'ose avoir frappée, Veuve du jeune Citissc, et veuve de Pompée, Fille de Scipion, et, pour dire encor plus.

Romaine, mon courage est encore au-dessus ; Et de tous les assauts que sa rigueur me livre Rien ne me fait rougir que la honte de vivre. J'ai vu mourir Rompée, et ne l'ai pas suivi ; Et bien que le moyen m'en ait été ravi.

Qu'une pitié cruelle à mes douleurs profondes M'ait ôté le secours et du fer et des ondes, Je dois rougir pourtant, après un tel malheur. De n'avoir pu mourir d'un excès de douleur :

Ma jnort étoit ma gloire, et le destin m'en prive.

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Oa biùu aoK Pisrawma>a0ce ^le Easctoe •% DmSunru i;^p««te MU t^pre i Cbxso^cx* qsi se peneade que Itodr^ae nt m^ifft, et F<x»rte <Uas aae scprisr beaaemp tn»f pt ol— g< c , et fo&t «n sesl tB9t peorait !a tifcr. L*9mami ée Cif ixnrs Airit 3Mez coa&o, taas que TaBlrcr cBTferit ce maott éomt tiaUMtloB «e laÎMc trop apeffceroir.

Euûa, l«t critiqui*» se plaignent de h BOMOtoaie qiii se fidt sentir dabi prevjac fentes le« scènes entre Chisexb et RoimicuB, o>i ee «fr.niier oflTrr coatinnellenent de rnoorir. Il êtadt peut-^tn difficile d*en agir antrement; mais, quoiqu'il fiUtie convenir qoe Corneille a mis beancoap d'eflfirit et d*)dbreee à raricr, autant qu'il le pouvait, cette conformité de fond. Voltaire ajoute avee raison que Kodugce, offnuit toajoois ta vie 4 %a maltresse, a une tournure un peu trop romanesque.

NOTES

Lu trois Horaces comUattcut pour llouie, les trois Curiacfs pou Albe; deaz Horaces sont tnés» et le troisième, qnoiqne resté seal, trouve moyeu de vaincre les trois Coriaces; voil^ ce qjK l'histoire fimrnit à Corneille. Que l'on examine, dit Fonte- Den<^ quels omemeus, et combien d'ornemens le poMo y a cloutés; plus ou l'examinera, plus on en sera surpris. En eiTet c'est, de tons les ouvrages de Corneille, celui où il a dft le plus à son génie. Le poète n'a rien négligé de ce qui pouv^t ajouter à llntérêt qu'inspirent ses principaux personnages. Les trois premiers actes, pris séparément, sont peut-être, malgré les défauts qui s'y mêlent, ce qu'il a foit de pins sublime. Le r61e étonnant et original do Vieil. Horacb, le beau contraste de ceux d'HosACB et de Cobiace produisent tout l'effet de ces tnrïs pramierB actes.

Comble convient cependant lui-même, avec cette noble candeur qati^oote à la gloire du talent, que cette pièce est loin d'être sans déftnts. Tout ce qni intéressait les différens personnages finit an troisième acte. Il s'agissait de savoir qui l'emporterait de Rome on d'Âlbe; au troisième acte les Coriaces sont morts. Horace est vainqueur, tout est consommé; on le sait an commencement du quatrième, et dès-lors la pièce est, oudevroit être finie. Tout ce qui suit, non-seulement forme deux autres pièces, mids nuit 1>eauconp h la première, en rendant odieux le personnage d'Horace, qui d'abord avait inspiré on si grand intérêt. Addison, dans son Spectateur, reraariine avec raison que le meurtre de Camille est d'autant plus révoltant, qu'il semble être commis desang.froid, et qu'HoRACE, traversant tout le théâtre pour aller poignarder sa sœur, avait tout le temps de la réflexion. Dès le commencement même de cette scène fia V. dt IV. Aete) Horace commence à perdrt de l'estime que le •peetatenrini aecordait, lorsqu'il vient ,avec non moins d'orrneil

NOTES

qoe de eroanté, se vanter deraot sa sorar d'avoir tué too amant. Quant ao cinqnième acte. Corneille arooe lai-méme "qnil est one des canaes dn pen de satlsâiction qae laine eette tragédie; n est toQtcnplaidoyef»» fce.** Le eonaMnttfie de JoMBsar leaent de l'oraee qui tenniae la fihte, et qoi Mft éfidoMMBt imité de lafinda PasiorJUù, a été retiandié danaJa plaput des éditions.

Malgré tons ses défimts, cette pièce n'en sera oepe«daaC paa moins l'admiration de tout homme de goût. Elle oftpedcabenatéf da premier ordre. L'adien qne fidt le Vibil H<mACB iana fila et à CuRiACB à la fin da second acte est one des plu bellessltoatioas de notre théâtre, et un modèle de grandenr d*ime et de douleur. Mais c*est surtout la Sc^ne VI,, da 1 1. jltie, qui a valu à GomeUle les plus grands éloges. Le Vieil Hornee q»prend que deux de ses fils ont été tués par les Curlaces, et que le troisième, resté seul, a présenré ses Jours par la fuite ; transporté de colère, lorsqu'on lui observe;

" Que voulies-Tous qu'il fit contre troi» ?" Il répond;

" Çm'iV mourût /"

Ce mot offre un trait du plus grand sublime, «t anquel, dit Voltaire, il n'est rien de comparable dans toute l'antiquité.

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