SCENE m
AUGUSTE
Ciel ! à qm vonlez-Tons déstMrmais qae je Ile Les secrets de mon Ame et le soin de ma vie?' Reprenez le pouToir que vons m'avez commis, Si, donnant dessnjets, il ôCe les amis ; Si tel est le destin des grandeurs sonTcraines, Qnelenrs pins grands bienfiûts n'attirent que desbaines; Et si votie rigneur les condamne à ebérir Ceux qae Tons animez à les fiûre périr.
Pour elles lieii n'est sûr ; qm pevt tout, doit tout craindre.
Rentre en toi-Biême, Octare, et oesse de te plaindre; Quoi ! ta veux qu'on f épargne, et n'as rien épargné! Songe aux ieuves de sang où ton bras s'est baigné. De combien ont rougi les champs de Macédoine, Combien en a rersé la dé&ite d'Antoine,
Ô2 CINNA
Combien celle de Sexte ; et revois toat d'un temps
Pérouse au sien noyée, et tous ses habitpuits :
Remets dans ton e^rit, après tant de eamageS)
De tes proscriptions les sanglantes images,
Ob. toi-même, des tiens devenu le bourreau.
Au sein de ton tuteur enfonças le couteau:
Et puis ose accuser le destin d'injustice
Quand tu vois que les tiens s'arment pour ton suppliée,
Et que, par ton exemple, à ta perte guidés.
Ils violent des droits que tu n*as pas gardés!
Leur trahison est juste, çt le ciel l'autorise:
Quitte ta dignité comme tu Pas acquise ;
Rends un sang infidèle à l'infidélité,
Et souffire des ingrats après l'avoir été.
Mais que mon jugement au besoin ip'abandonne ! Quelle fureur, Cinna, m'accuse et te pardonne; Toi, dont la trahison me force à retenir Ce pouvoii' souverain dont tu me veux punir.
Me traite en criminel, et fait seule mon crime, Relève, pour l'abattre, un trône illégitime.
Et, d'un zèle effironté couvrant son attentat, S'oppose, pour me perdre, au bonheur de l'état? Donc jusqu'à l'oublier je pourrais me contraindre! Tu vivrois en repos après m'avoir fiût craindre \ Non, non ; je me trahis moi-même d'y penser : Qui pardonne aisément invite à l'offenser : Punissons l'assassin, proscrivons les complices.
Mais quoi ! toujours du sang, et toujours des supplices !
Ma cruauté se lasse, et ne peut s'arrêter;