ACTE IV, SCENE IV. ôô
t ceux que vos rigueurs ne font qu^effiiroucher eut-être à vos bontés se laisseront toucher.
AUGUSTE
agnons-les tout-à^fait en quittant cet empire ni nous rend odieux, contre qui Pon conspire. ai trop par vos avis consulté là-dessus ; e m'en parlez jamais^ je ne consulte plus.
Cesse de soupirer, Rome, pour ta franchise; je t'ai mise aux fers, moi-même je les brise, t te rends ton état, après Pavoir conquis, lus paisible et plus grand que je ne te Pai pris. tu me veux haïr, hais-moi sans plus rien feindre ; . tu me veux aimer, aime-moi sans me craindre: e tout ce qu'eut Sylla, de puissance et d^honneur, sissé comme il en fut, j'aspire à son bonheur.
LIVIB.
usez et trop long-temps son exemple vous flatte ; [ais gardez que sur vous le contraire n'éclate. e bonheur sans pareil qui conserva ses jours é seroit pas bonheur, s'il arrivoit toiyours.
AUGUSTE
h bien ! s*il est trop grand, si j'ai tort d'y prétendre, abandonne mon sang à qui voudra Pépandre.
près un long orage il faut trouver un port ; t je n'en vois que deux, le repos, ou la mort
LIVIE
uoi ! vous voulez quitter le fruit de tant de peines?
AUGUSTE
uoi ! vous voulez garder l'objet de tant de haines ?
LIVIE
iigneur, vous emporter à cette extrémité,
CIKNA.
C'est plutôt désespoir que générosité.
Régner et caresser une mftin à traîtresse.
Au lieu de sa vertu c'est montrer sa finblesK.
LITIB.
C*est régner sur vous-ménie» et, par un noble t^ Pratiquer la vertu la plus digne des rois.
AVGVSTB.
Vous m'aviez bien promis des conseils d'une fenu Vous me tenez parole, et c'en sont là, madame.
Après tant d'ennemis à mes pieds abattus.
Depuis vingt ans je règne, et j'en sais les vertus; Je sais leur divers ordre, et de quelle nature Sont les devoirs d'un prince en cette coiyoncture. Tout son peuple est blessé par un tel attentat, £t la seule pensée est un crime d'état, Une offense qu'on fait à toute sa province, Dont il &,ut qu'il la venge ou cesse d'être prince.
UVIB.
Donnez moins de croyance à votre passion.
AIFGUSTE.
Ayez moins de foiblesse, ou moins d'ambition.
LITIE.
Ne traitez pas si mal un conseil salutaire.
AUGUSTE
Le ciel m'inspirera ce qu'ici je dois faire :