‹ Choix des tragédies de Corneille, suivi d notes, précédé d'un essaiChapitre 206 sur 252 · ACTE II, SCENE IV. Ul · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IV. Ul

Je suis dans Mélitèae ; et, quelqup soit Sévère, Votre père y commande, et Pon m*y considère ; £t je ne pense pas qu'on puisse avec raison D'un cœur tel que le sien craindre une trahison. On m'avoit assuré qu'il vous faisoit visite, Et je venois lui rendre un honneur qu'il mérite.

PAULINE

Il vient dé me quitter assez triste et confus : Mais j'ai gagné sur lui qu'il ne me verra plus.

POLYBUCTE.

Quoi ! vous me soupçonnez déjà de quelque ombrage ?

PAULINE

Je ferois à tous trois un trop sensible outrage. J'assure mon repos que troublent ses regards : La vertu la plus ferme évite les hasards; Qui s'expose au péril veut bien trouver sa perte ; Et, pour vous en parler avec une âme ouverte, Depuis qu'un vrai mérité a su nous enflammer, Sa présence toujours a droit de nous charmer. Outre qu'on doit rougir de s'en laisser surprendre. On souffre à résister, on souffire à s'en défendre ; Et, bien que la vertu triomphe de ses feux, La victoire est pénible, et le combat honteux.

POLYBUCTE.

O vertu trop parÊdte, et devoir trop sincère. Que vous devez coûter de regrets à Sévère !

Qu'aux dépens d'un beau feu vous me rendez heureux! Et que vous êtes doux à mon cœur amoureux !

Plus je vois mes défauts, et plus je vous contemple, Plus j'admire...

POLYEUCTE

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