TOM. H
Dorante, paimi mille mengotiges qu*U raconte dans le cours de la pièces a fait accroire à son père, GÉRONTE, que pendant son séjour à Poitiers il a épousé une jeune personne dont le père se nomme Pyraiidre ou Armédon, Gérotite, qui vient de reidcontrer Philiste, ami de son fds, s^est ii\formé de lui du rang de ce prétendu Pyrandre-Annédoti, et, ayant découvert le mensonge de Dob-a^te, il lui en fait des reproches.
GÉRONTE, DORANTE, CLITON, Valet de
Dorante.
GÉRONTE
Etes- vous gentilhomme ?
DORANTE, à part les premiers mots.
Ah ! rencontre fâcheuse !
Etant sorti de vous, la chose est peu douteuse.
GÉRONTE
Croyez-vous qu'il suffit d'être sorti de moi ?
DORANTE
Avec toute la France aisément je le croi.
OBRONTE.
Et ne savez- vous pas, avec toute la France,
D'où ce titre d'honneur a tiré sa naissance,
Et que la vertu seule a mis en ce haut rang
Ceux qui l'ont jusqu'à moi fait passer dans leur sang ?
DORANTE
J'ignorerois un point que n'ignore personne.
Que la vertu l'acquiert, comme le sang le donne.
GÈRONTE.
Où le sang a manqué si la vertu l'acquiert,
Où le sang Ta donné, le vice aussi le perd.
Ce qui naît d'un moyen périt par son contraire ;
Tout ce que l'un a fait, l'autre peut le défaire;
Et, dans la lâcheté du vice où je te voi.
Tu n'es plus gentilhomme, étant sorti de moi .
DORANTE
Moi?
GÈRONTE.
Laisse-moi parler, toi, de qui l'imposture Souille honteusement ce don de la nature :
Qui se dit gentilhomme, et ment comme tu fais, Il ment quand il le dit, et ne le fut jamais. Est-il vice plus bas ? est-il tâche plus noire. Plus indigne d'un homme élevé pour la gloire ? Est-il quelque foiblessç, est-il quelque action Dont un cœur vraiment noble ait plus d'aversion. Puisqu'un seul démenti lui porte une infamie Qu'il ne peut effacer s'il n*expose sa vie.