‹ Choix des tragédies de Corneille, suivi d notes, précédé d'un essaiChapitre 43 sur 252 · D. DIEGUE, D. RODRIGUE · texte numérisé non relu

D. DIEGUE, D. RODRIGUE

D. DIEGCE.

Rodrigue, enfin le ciel pennet que je te voie !

D. KODKIGUE.

Hélas!

D. DIEGUE

Ne mêle point de soupirs à ma joie; Laisse-moi prendre haleine, afin de te louer. Ma valeur n'a point lieu de te désavouer.

Tu Tas bien imitée ; et ton illustre audace Fait bien revivre en toi les héros de ma race. C'est d'eux que tu descends, c'est de moi que tu vi Ton premier coup d'épée égale tous les miens ; £t d'une belle ardeur ta jeunesse animée Par cette grande épreuve atteint ma renommée. Appui de ma vieillesse, et comble de mon heur, Touche ces cheveux blancs à qui tu rends l'honnev Viens baiser cette joue, et reconnois la place Où fut empreint l'affiront que ton courage effiuie.

D. RODRIGUE

L'honneur vous en est dû ; je ne pouvois pas moins Etant sorti de vous, et nourri par vos soins : Je me tiens trop heureux, et mon âme est ravie Que mon coup d'essai plaise à qui je dois la vie. Mais parmi vos plaisirs ne soyez point jaloux. Si j'ose satisÊûrc à moi-même après vous.

Soufl&ez qu'en liberté mon désespoir éclate ; Assez et trop long-temps votre discours le fiatte.

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