ACTE IV, SCENE V
leur sang répandu la justice étouffée ^ks crime du vainqueur sert d'un nouveau trophée ; iIÇoiiB en croissons la pompe, et le mépris des lois iN<m8 fiût suivre son char au milieu de deux rois.
D. FERNAND
Ma lillei, ces transports ont trop de violence : Quand on rend la justice, on met tout en balance. te a tué ton père ; il é toit Tagresseur ; Bt la même équité m'ordonne la douceur. AvAnt que d'accuser ce que j*en fais paroitre, Consulte bien ton cœur ; Rodrigue en est le maître ; Bt ta flamme, en secret, rend gi-aces à ton roi, Ikmt la faveur conserve un tel amant pour toi.
CHIMENE
Pour moi, mon ennemi ! Tobjet de ma colère !
L'auteur de mes malheurs ! l'assassin de mon père! De ma juste poursuite ou fait si peu de cas.
Qu'on me croit obliger en ne m*écoutant pas !
Puisque vous refusez la justice à mes larmes, £ttre, permettez-moi de recourir aux armes ; C'est par là seulement qu'il a su m'outrager. Et c'est aussi par là que je me dois venger.
A tous vos chevaliers je demande sa tête ; Oui, qu'un d'eux me l'apporte, et je suis sa conquête; Qu'ils le combattent, sire ; et, le combat fini. J'épouse le vainqueur, si Rodrigue est puni.
Soos votre autorité souffirez qu'on le publie.
D. FERNAND
Cette vieille coutume en ces lieux établie, Sous conleur de punir un injuste attentat,
D. FEBNAMO.
Tu veux qu'en ta faveur noufl croyions l'impossible^: . Chimènc, ta douleur a paru trop visible.
CHIMENE
Hé bien ! sire, ajoutez ce comble à mon malheur.
Nommez ma pâmoison Peffet de ma douleur.
Un juste déplaisir à ce point m'a réduite ;
Son trépas déroboit sa tête à ma poursuite.
S'il meurt des coups reçus pour le bien du pays.
Ma vengeance est perdue, et mes desseins trahis ;
Une si belle fin m'est trop injurieuse ;
Je demande sa mort, mais ncn pas glorieuse,
Non pas dans un éclat qui l'élève si haut,
Non pas au li- d'honneur, mais sur un échafaud.
Qu'il meure pour mon père, et non pour la patrie ;
Que sou nom soit taché, la mémoire flétrie ;
Mourir pour le pays n*est pas un triste sort ;
C'est s'inomortaliser par une belle mort.
J'aime doncsa victoire, et je le puis sans crime;
Elle assure l'état, et me rend ma: victime.
Mais noble, mais fameuse entre tous les guerriers,
Le chef, au lieu de fleurs, couronné de lauriers.
Et, pour dire en uii mot ce que j'en considère,
Digne d'être immolée aux mânes de mon père.
Hélas ! à quel espoir me laissé-je emporter ?
Rodrigue de ma part n'a rien à redouter.
Que pourroient contre lui des larmes qu'on mépris ?
Pour lui tout votre empire est un lieu de franchise ;
Là, sous votre pouvoir, tout lui devient permis ;
Il triomphe de moi comme des ennemis ;