‹ Choix des tragédies de Corneille, suivi d notes, précédé d'un essaiChapitre 61 sur 252 · LÉON OR · texte numérisé non relu

LÉON OR

Que pouvez- vous prétendre ?

l'infante.

Mais plutôt quel espoir me pourrois-tu défendre ? Si Rodrigue combat sous ces conditions^ Pour en rompre l'effet j'ai trop d'inventions; L'amour, ce doux auteur de mes cruels supi^ces, Aux esprits des amants apprend trop d'artifices.

LiONOR.

Fourrez-vous quelque chose après -qu'un père mort N'a pu dans leurs esprits allumer de discord ? Car Chimène aisément montre par sa conduite Que la haine aujourd'hui ne (ait pas sa poursuite. Elle obtient un combat, et pour son combattajit C'est le premier ofiert qu'elle accepte à l'instant Elle n'a point recours à ces mains généreuses Que tant d'exploits fameux rendent si glorieuses ;

Don Sanche lui suffît, et mérite son choix Parecqu'il va s*armer pour- la première fois: Elle aime en ce duel son peu d'expérience ; Comme il est sans renom, elle est sans défiance : Un tel choix, et si prompt, vous doit bien (kire voir Qu'elle cherche un combat qui force son devoir. Qui livre à son Rodrigue une victoire aisée, Et l'autorise enfin à paroitre appaisée.

l'infante.

Je le remarque assez ; et toutefois mon cœur, A l'envi de Chimène, adore ce vainqueur.

A quoi me résoudrai-je, amante infortunée ?

Page 1