LA PESTE EN A S S Y R , AU LAZARET DE CAMARAN
cependant remonter à une époque antérieure, car en consultant le tableau YI on s'aperçoit que la mortalité générale de Djeddah était déjà — en janvier et février — supérieure à la normale.
Les premiers cas se manifestèrent chez des Hadramoutes, habitant la ville; 3.000 pèlerins indiens étaient à ce moment présents à Djeddah ; la moitié d'entre eux étaient des indigents logeant en plein air ; aucun de ces derniers ne fut atteint, seuls quelquesuns de ceux qui habitaient dans les mêmes maisons que les Hadramoutes furent contaminés. A la fin de juillet l'épidémie était terminée : 66 décès par peste avaient été constatés, presque tous portant sur des gens domiciliés à Djeddah; le nombre exact des décès était cependant plus élevé, mais il avait été impossible — à cause de l'opposition des habitants — de les diagnostiquer tous.
Yers le milieu de février de l'année suivante — 1898 — on remarque à nouveau la mortalité sur les souris, chats, chiens et chèvres1, et le 8 mars on reconnaît les premiers cas humains, surtout parmi les Hadramoutes2.
Les pèlerins commencent alors à affluer vers Djeddah : par mesure de précaution on les fit débarquer en dehors de la ville, à environ 10 kilomètres. Sur 32.058 pèlerins arrivés cette année-là, 14.469 ne traversèrent pas Djeddah à l'aller. Mais les habitants voyant leur seul moyen d'existence leur échapper causèrent des troubles et l'on fut obligé de céder devant leurs menaces : les 17.589 autres pèlerins débarquèrent dans le port et prirent la route de la Mecque sans avoir subi ni quarantaine, ni désinfection.