‹ Chomedey de Maisonneuve: drame chrétien en trois actes; Samuel de ChaplainChapitre 22 sur 31 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

AsTiscouA, — Robert.

AsTiscouA — (les regards tournés vers la chapelle), — Le menteur, trop lâcTie encore pour avouer son ouvrage ! Il veut s'en décharger sur le Père Vimont. Ah ! je ferai sortir de son cœur faux le mensonge et la vie cômine uiie couleuvre de sa peau écaillée. '

66 GHOMEBEY DE MAISONNEUYE

BoBERT. — Le cafard 1 II mMnsulte I II voudrait me perdre I II va périr lui-même ; ma patience est à bout.... Astiseoua que vas-tu faire ?

AsTiscouA. — As-tu compris son discours ?

EoBERT. — Oui, certes, et je Tai ressenti.

. AsTiscoUA. — ^Hé bien ! prête-moi ton poignard et je venge Finjure commune.

BoBERT — {avec humeur), — ^Mon poignard !.... Frappe-le du tomahawk.

AsTiscouA. — Non, je n'en ferai rien.

BoBEBT — {après un silence). — ^Est-ce là ton dernier mot ?

AsTiscouA. — ^Astiseoua ne fera rien si de Maupertal ne lui prête son poignard.

BoBERT — {après un silence), — Sauvage, tu abuses de Furgence où nous sonmies. Voici mon poignard. — {Le présenta/nt à Astiseoua) — Tu ne trembles pas ; tu n'appréhendes rien ?

AsTiscouA — {à deux genoux^ renverse une pierre, aspire la louche contre terre, puis se relevant), — J'ai renversé la pierre que le Père Vimont avait posée sur les os de nos Pères ; j'ai aspiré leur esprit vaillant et farouche. Astiseoua ne faiblira pas.

BoBERT. — ^Voici le poignard. Frappe.... fort.... au cœur. — {Il sort),

AsTiscouA — {seul). — Qui t'a faite, arme homicide ? Quel destin inespéré est le tien I Ton fer brille ; ta pointe est aiguisée ; ta lame, aflEilée et

l)ttAÀIE CHB^TISN 6t

pénétrante. Le manitou de Tinjure vengée habite en toi. C'est lui qui me sourit dans les reflets d'argent que tu me jettes. Tout à Theure tu t'abreuveras d'un sang noble.

{On entend venir le couvre-feu ; Astiscotui se dissimule au coin de la chapelle).

Page 1