‹ Choses d'autrefoisChapitre 14 sur 39 · POÉSIE D’OUTRE-TOMBE · texte numérisé non relu

POÉSIE D’OUTRE-TOMBE

Vers inédits de feu le juçe T.-J.-J. Loranger (Février 1901)

CEST avec une réelle émotion que plus d’un de nos lecteurs lira cette pièce exquise, due à une plume plus connue comme celle d’un savant et d’un juriste que comme celle d’un poète.

Tout chez le regretté juge Thomas-Jean- Jacques Loranger était gracieux : démarche, manières, conversation, et jusqu’à ces épigramrnes étincelantes que l’on cite souvent encore dans la bonne société de Québec et de Montréal ; mais, jusqu’à ces jours derniers, j’ignorais que le distingué magistrat eût jamais revêtu sa pensée de la forme poétique.

Comme George-Etienne Cartier, Auguste-

Norbert Morin, Chauveau, père, Marchand et d'autres disparus dont quelques-uns furent ses émules en politique et en jurisprudence, il savait donc rimer à ses heures. Il possédait aussi plusieurs langues, et traduisit de l’italien en français un ouvrage de quelque dimension sur le droit canonique, sciece qu’il considérait comme indispensable à tout homme de loi accompli.

Les strophes qui suivent furent composées peu de temps avant le décès de leur auteur, arrivé subitement, à l’île d’Orléans, le 18 août

Si soudaine qu’ait été l’apparition de la mort, on peut dire qu’elle ne fut pas une visiteuse inattendue pour cette âme d’élite. Les derniers vers de la pièce que l’on va lire indiquent, en termes artistement voilés et pleins de charme mélancolique, que la pensée de l’inévitable lui était habituellement présente.

Je viens de parler de strophes : c’est couplets que j’aurais dû dire. La (( Blanche Maison )) est une simple chanson, écrite pour un ami (l’honorable M. Taillon) sur le rythme des

« Bœufs lianes » de Pierre Dupont, le type par excellence de la chanson champêtre.

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